Crédit : Sébastien St-Jean / Agence QMI

Ski et planche

Brittany Phelan, «l’autre» étoile de Mont-Tremblant

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Dans son sport qui se rapproche de la cascade de cinéma, Brittany Phelan a démontré avec sa médaille olympique que le ski cross sait parfois récompenser les athlètes qui prennent des risques.

L’athlète de Mont-Tremblant passerait sans doute inaperçue à l’épicerie du coin, mais sa médaille d’argent aux Jeux de Pyeongchang lui confère maintenant une certaine renommée dans le monde du ski.

Erik Guay n’est plus seul. Depuis qu’elle a délaissé le ski alpin une année après les Jeux olympiques de Sotchi, Phelan s’est construit une nouvelle carrière dans ce sport olé olé qui consiste en une course impliquant quatre à six skieurs et marquée par des virages et des sauts.

La voici maintenant vice-championne olympique. Pourtant, elle avait été contrainte de débuter au bas de l’échelle de l’équipe canadienne de ski cross en 2015, dans un statut d’athlète de développement, avec un maigre brevet de financement de 10 000 $ pour assumer des dépenses de plus de 30 000 $ en billets d’avion, frais d’adhésion à l’équipe et camps d’entraînement.

Malgré cette première saison sans le sou, aucun épisode de découragement n’aurait pu la faire dévier de son idéal durant les trois dernières années.

«Pas vraiment, parce que je savais que j’avais le potentiel pour réussir. Je savais que ça allait payer un jour. Je suis contente que ce soit arrivé durant l’année des Jeux olympiques», nous disait-elle lors d’une activité médiatique et de financement organisée par Canada Alpin, mardi dernier à Montréal.

«Ç'a valu la peine»

La Québécoise a démontré qu’elle avait assimilé drôlement vite les subtilités de son nouveau jeu. Désignée recrue de l’année en ski cross par la Fédération internationale de ski au terme de la saison 2016-2017, son envol s’est confirmé l’hiver dernier avec neuf «tops 10» et trois podiums dans les 10 épreuves.

Sa médaille d’argent aux JO en Corée du Sud, derrière sa compatriote et championne Kelsey Serwa, est venue ensuite la rassurer pour tous les efforts qu’elle a investis. «Je me souviens de l’année qu’il m’a fallu faire, des collectes de fonds comme GoFundMe pour payer mes frais d’équipe. Ça n’a pas été facile, mais j’avais une vision d’ensemble et je savais ce que je voulais faire. Ça a valu la peine», partage la skieuse qui a fêté ses 27 ans lundi dernier.

Tout dominer

«Maintenant, ça va», dit-elle à propos de sa carrière. Des commanditaires se sont associés à elle depuis son podium olympique et des engagements promotionnels lui procurent aussi de la visibilité. Un stress financier l’épargnera assurément pour le prochain cycle olympique qui s’amorcera avec la première épreuve de la Coupe du monde à Val Thorens en France, le 6 décembre.

La concurrence apprendra à ce moment que Brittany Phelan n’entend pas diminuer la cadence durant les quatre prochaines années. Elle ne se voit plus dans l’ombre de ses amies et compatriotes Kelsey Serwa et Marielle Thompson, championnes olympiques en 2018 et 2014.

«Je veux faire comme Marielle a fait durant les trois dernières années quand elle a tout gagné. Je veux arriver aux Jeux de Beijing et qu’il n’y ait pas de question à mon sujet. Je veux tout gagner.»

Il faudra commencer à la croire.

Les JO en 2026: Calgary changerait les plans

Avec la possibilité d’accueillir les Jeux olympiques d’hiver en 2006, Calgary crée non seulement des rêves chez de jeunes athlètes canadiens, mais il en prolonge d’autres aussi pour des plus âgés.

Brittany Phelan s’est déjà engagée à se présenter aux Jeux de Pékin en 2022, ce qui deviendrait ses troisièmes après ceux de Sotchi en ski alpin, où elle avait terminé 15e à l’épreuve de slalom, et de Pyeongchang, d’où elle est repartie médaillée d’argent en ski cross. Ce projet qui flotte dans l’air de l’Alberta commence à faire réfléchir la skieuse de Mont-Tremblant.

«On verra si Calgary obtient les Jeux, mais ce serait vraiment cool. Je pense bien que je poursuivrais pour quatre années de plus», projette-t-elle.

Pourquoi pas à 34 ans ?

La Française Ophélie David avait 41 ans lorsqu’elle a annoncé sa retraite en marge de la blessure majeure à un genou subie à l’entraînement à la veille des Jeux olympiques de Pyeongchang.

Le parcours de cette ex-championne du monde et titrée de la Coupe du monde devient une référence aux yeux de Phelan pour l’encourager dans ses pensées de longévité.

«J’aurais 34 ans [aux Jeux de 2026], ce qui serait encore logique. Ophélie David était encore très bonne quand elle a pris sa retraite. Ça prouve que c’est possible.»