Cyclisme

Grand Prix cycliste de Montréal: Les Québécois font leurs preuves de différentes façons

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Comme son compatriote Simon Gerrans en 2014, l’Australien Michael Matthews de l’équipe Sunweb a réalisé un voyage très payant au Canada en remportant aussi le Grand Prix cycliste de Montréal dimanche devant une magnifique foule, autour du terrible circuit du Mont-Royal.

L’épreuve était présentée en direct à TVA Sports.

Déjà vainqueur à Québec vendredi, Matthews a puisé dans ses réserves pour surprendre à la ligne d’arrivée l’Italien Sonny Colbrelli (Bahrain-Merida) par un demi-vélo. Ce dernier a cru quelques instants en ses chances, mais son adversaire n’avait pas dit son dernier mot sur l’avenue du Parc. Après avoir savouré son premier sacre sur une course d’un jour en World Tour, Matthews n’a pas perdu de temps pour obtenir le second.

«J’ai perdu plusieurs roues dans le virage, mais j’avais confiance en mes moyens. Il est un sprinteur très rapide», a expliqué le gagnant en parlant de l’Italien. Matthews a salué au passage la fin de carrière de Gerrans.

Pour la septième fois, le pauvre Greg Van Avermaet termine à nouveau sur le podium, mais la victoire lui échappe encore après sa deuxième place dans la capitale. «Je vais essayer une autre fois», a résumé le Belge en avouant sa grande frustration.

Sous un ciel parfait et des milliers de spectateurs, le gagnant a franchi la ligne en 5 h 19 min 27 s, bouclant les 16 ascensions de la côte Camillien-Houde et les 195,2 kilomètres à une vitesse moyenne de 36,7 km/h. Malgré l’ajout d’un dénivelé supplémentaire avec l’avenue Claude-Champagne, le groupe de survivants était quand même composé d’une trentaine d’hommes dans le dernier droit.

Des Canadiens en tête

Après un début de course un peu plus animé qu’à Québec, une échappée de cinq coureurs a réussi à prendre le large au deuxième tour. Au milieu de l’épreuve, l’écart stable était d’environ cinq minutes sur le peloton et tous les favoris.

Quatre Canadiens ont pédalé quelques heures en tête au sein du groupe de fuyards. Charles-Étienne Chrétien (Canada), Adam Roberge (Canada), Nigel Ellsay (Rally) et Hugo Houle (Astana) ont animé l’épreuve avec Owain Doull (Sky). L’Israélien Guy Niv a fait l’effort de sauter dans le train, mais il a littéralement explosé.

Le huitième Grand Prix cycliste de Montréal a été disputé à un train d’enfer dans les derniers tours. Les Slovènes Jan Polanc (UAE) et le dangereux Matej Mohoric (Bahrain-Merida) ont donné des sueurs aux favoris. Le Canadien James Piccoli s’est retrouvé au sol, mais sans gravité. Vainqueur en 2015, Tim Wellens (Lotto-Soudal) a également tenté sa chance.

Des changements

Lors d’un point de presse après le départ, le président de l’UCI, David Lappartient, a évoqué dimanche la création d’un nouveau circuit mondial des courses d’un jour, peut-être en 2020, qui inclurait les deux épreuves québécoises.

«Avec Serge Arsenault, nous avons eu l’occasion de passer deux ou trois heures à échanger nos vues sur la réforme du cyclisme. Le projet sera à nouveau débattu mercredi prochain à Madrid avec les organisateurs, les équipes, les coureurs et l’UCI», a affirmé David Lappartient.

Avant ce voyage éclair de 24 heures dans la métropole, le président de l’UCI était déjà venu au Québec en 2010 à l’occasion des championnats du monde de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne. Il n’avait toutefois encore jamais assisté aux deux Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal.

Cette grande réorganisation du calendrier pourrait être en vigueur à court terme, soit en 2020. La réforme touchera particulièrement les courses d’un jour, alors que les trois grands tours resteront inchangés, tout comme les courses à étapes de quelques jours.

Avec le Québec

«Sur les courses d’un jour, on peut avoir une vision plus internationale de notre sport. Il y a des courses qui historiquement ont fait le cyclisme, comme Paris-Roubaix et le Tour des Flandres. Et il y a des courses qui historiquement sont aussi devenues des monuments en dehors de l’Europe. Montréal et Québec en font partie», a ajouté M. Lappartient.

«La France, l’Italie et la Belgique auront plus d’épreuves que les autres par nature. On y sera ici aussi au Québec avec les deux courses que vous avez», a-t-il terminé pour rassurer les plus inquiets.