Cyclisme

Pour la survie du cyclisme

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Avec l’arrivée à Québec des athlètes pour la neuvième édition des Grands Prix cyclistes, l’organisateur Serge Arsenault a confirmé qu’il accueillera dans quelques jours à Montréal le président de l’UCI pour discuter d’une réforme complète du calendrier mondial afin d’assurer la survie du sport à long terme.

À la tête de l’Union cycliste internationale depuis le 21 septembre 2017, David Lappartient fera un voyage éclair de 24 heures en Amérique. Le Français de 45 ans arrivera à Montréal samedi en prévision de la seconde épreuve World Tour prévue dans la métropole le lendemain.

«Il peut se passer prochainement des bouleversements positifs dans le cyclisme majeur au niveau des classiques d’une journée dans le monde. Ce n’est pas par hasard que le président sera ici dimanche. C’est pour préparer l’avenir. Il donne de l’importance à ce que nous faisons et aussi à nos discussions», explique le président des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal, Serge Arsenault.

Un modèle à changer

Selon lui, le cyclisme et ses principaux attraits n’occupent pas le rang qu’il devrait dans le palmarès des sports majeurs. En excluant les grands tours prestigieux de trois semaines en Italie, en France et en Espagne, le projet en préparation depuis quelques années pourrait offrir un calendrier de 16 courses d’une journée, incluant les monuments, avec une couverture télévisée et médiatique à la fine pointe, mais aussi un important partage des revenus.

Le promoteur aimerait également que les conversations des cyclistes avec les dirigeants des équipes se retrouvent en ondes, tout comme l’ensemble des données biométriques, par exemple la puissance (watts), la cadence et les pulsations.

«Il n’y a qu’à regarder la Formule 1. Ça ne change pas le sport que les gens puissent entendre les conversations entre pilotes et leurs chefs. Ça ne change pas celui qui a de bonnes jambes en fin de course. Le cyclisme est un sport de tactique et d’échecs. Ce n’est pas juste de pédaler. On est prêt à faire ce grand saut et à offrir un produit plus moderne. Il faut collaborer plus intimement entre les organisateurs et les équipes. On est tous ensemble», ajoute M. Arsenault, qui perçoit le nouveau président de l’UCI comme un visionnaire et un fonceur.

Des solutions

«Il est temps d’arrêter de parler de mondialisation et de le faire. Il faut être présent sur tous les continents au plus haut niveau avec un accord professionnel entre les coureurs, les organisateurs, et appuyé par l’UCI. Il faut arrêter de penser que tout doit se passer en Europe, c’est le contraire. Le cyclisme est un peu mal en point, mais le remède, on l’a trouvé», a précisé M. Arsenault dans une envolée de près d’une trentaine de minutes.

Dans cette future structure, l’organisateur a spécifié qu’il n’avait aucune inquiétude pour l’avenir des deux Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal.

Hugo Houle et Astana s’amènent au Québec pour gagner

Avec plusieurs partenariats d’affaires en sol québécois, l’équipe Astana, avec Hugo Houle en tête, s’amène au pays avec une puissante formation et l’ambition claire de gagner l’une ou l’autre des deux courses.

Auteur d’un excellent top 15 lors de la Bretagne Classic le 26 août dernier à Plouay, Houle pourrait répéter son exploit devant les siens, mais comme un athlète professionnel modèle, il suivra les consignes de ses patrons.

Dans la capitale et la métropole, l’athlète olympique de 27 ans sera notamment entouré du champion Jakob Fuglsang, 12e du dernier Tour de France, de Michael Valgren, 2e à Plouay derrière le vainqueur Oliver Naesen, et de Magnus Cort Nielsen, gagnant de la 15e étape du Tour de France 2018. Le Russe Sergei Chernetski a également gagné en Norvège pour Astana tout récemment. Les cartes à jouer seront nombreuses dans l’alignement de l’équipe du Kazakhstan.

La meilleure équipe possible

«On a la plus grosse équipe qu’on pouvait aligner ici considérant le Tour d’Espagne en même temps. C’est important d’en faire une priorité parce que nous avons deux gros partenaires québécois. L’objectif c’est de gagner», affirme Houle.

Au Québec, Astana peut compter sur l’appui de l’entreprise Premier Tech, dont le siège mondial est situé à Rivière-du-Loup. La société en croissance se spécialise en horticulture et agriculture, dans les équipements industriels et les technologies environnementales. Pour au moins une autre saison, Astana est aussi associée avec le fabricant de vélos haut de gamme Argon 18, conçu à Montréal par l’ex-olympien Gervais Rioux.

Sur le plan personnel, Hugo Houle affiche une superbe forme malgré la déception d’avoir raté de peu le Tour de France en juillet. «Dès le retour en Europe, en août, j’avais de bonnes sensations et le niveau a monté en crescendo. Je devrais être à mon meilleur, mais il faudra respecter la stratégie de l’équipe.»