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Vettel et Ferrari ont montré leurs faiblesses

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Ils étaient favoris du Grand Prix d'Italie, promis à une première victoire à domicile depuis 2010, mais des erreurs de Ferrari et de son candidat au titre mondial Sebastian Vettel ont compromis leurs chances et révélé à nouveau leurs faiblesses.

«Ferrari contre son camp» titrent d'ailleurs la Gazzetta dello Sport et Tuttosport lundi. La presse italienne critique unanimement une «défaite lourde, incompréhensible», un «suicide d'équipe» et une «nouvelle erreur (du pilote allemand) à ajouter à une liste déjà trop longue».

Où est passé le sang-froid du quadruple du champion du monde 2010-2013 avec Red Bull ? Depuis qu'il a retrouvé les avant-postes l'an dernier avec la Scuderia, Vettel perd régulièrement ses nerfs et commet des erreurs de débutant.

Comme au premier tour à Monza dimanche, quand, dans la deuxième chicane, il ne laissa pas assez de place à Lewis Hamilton, qui tentait de le dépasser, heurtant le Britannique et partant en tête-à-queue rejoindre le fond du peloton à bord d'une monoplace abîmée.

Et l'Allemand, finalement 4e du GP remporté par Hamilton, de critiquer une manoeuvre «idiote» de son rival et d'assurer mordicus que c'est au contraire celui-ci qui ne lui avait pas laissé assez de place, en dépit de ce que montrent les images aériennes.

Intox et stratégie

«Je ne vais pas me laisser perturber par ce qui s'est passé», clamait le pilote Ferrari, comme après ses trois précédentes erreurs en piste cette saison (dépassement raté en Azerbaïdjan, accrochage avec Bottas en France, sortie de piste sous la pluie en Allemagne), qui lui ont tout de même coûté 66 points par rapport à son rival pour le titre !

Une attitude qui n'est pas sans rappeler celle de 2017, où ses erreurs et ses coups de sang (accrochages avec Hamilton en Azerbaïdjan, avec Räikkönen et Vestappen à Singapour) lui avaient déjà coûté cher face au même Hamilton, finalement sacré.

D'autant que le pilote Mercedes tient ses nerfs à la perfection, comme l'a démontrée sa victoire à bord d'une monoplace moins performante que la Ferrari et sous les sifflets des supporters de la Scuderia.

Avec onze podiums en quatorze courses, contre huit pour Vettel et neuf pour son coéquipier Kimi Räikkönen, l'Anglais est le pilote le plus régulier en 2018, d'où son avance de trente points au classement général.

Si les Rouges ont dépassé Mercedes en termes de performances en piste cette année, ils ont encore des progrès à faire au jeu de l'intox et de la stratégie, crucial en F1.

La Scuderia a ainsi plongé dans le piège tendu dimanche par sa rivale, précipitant l'arrêt au stand du leader Räikkönen en voyant sortir les «mécanos» de Mercedes pour un changement de roues qui n'aura finalement pas lieu.

«Réagir en équipe»

Coincé derrière la deuxième Flèche d'argent de Valtteri Bottas, le Finlandais n'a pu ensuite que constater l'usure de ses pneus, faisant de lui une proie facile pour Hamilton, en chasse dans son dos.

«Au bout du compte, chez Ferrari, ce sont les hommes qui ont perdu, puisque la voiture était de loin la meilleure», résume le Corriere della Sera.

N'en déplaise à Räikkönen, 2e à l'arrivée et pour qui «il est facile de dire ce que nous aurions dû faire dans un monde idéal. Nous avons fait ce que nous pensions être juste et je ne crois pas que nous ayons fait d'erreur», plaide-t-il.

Il n'en reste pas moins que son écurie compte désormais 25 points de retard sur les Flèches d'argent au classement des constructeurs.

«Maintenant, l'important est de réagir en équipe, de manière ordonnée et déterminée», exhorte le «team principal» Maurizio Arrivabene. Ferrari et Vettel n'ont d'autre choix que de livrer sept dernières courses irréprochables.