New York Jets v Philadelphia Eagles

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Eagles : le mystère persiste

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Au cours de l’Histoire, l’humanité a été maintes fois confrontée à des mystères insolubles. À Philadelphie, l’identité du quart-arrière partant des Eagles pour le match d’ouverture de la saison de la NFL, jeudi soir face aux Falcons d’Atlanta, s’invite dans cette catégorie.

Samedi, des informateurs dignes de confiance, autant à NFL Network qu’au réseau ESPN, ont mentionné que Nick Foles serait le partant, selon leurs «sources». Sauf que l’entraîneur-chef, Doug Pederson, pour le moment, refuse de confirmer quoi que ce soit.

Wentz, le jeune premier qui a été l’auteur d’une sublime saison l’an dernier avant de se déchirer le ligament croisé antérieur en décembre, doit obtenir la permission des médecins. Foles, son réserviste de luxe a conduit les Eagles vers leur premier Super Bowl.

Dimanche, il fallait voir l’échange musclé entre Pederson et les journalistes locaux pour réaliser à quel point Philadelphie voue un culte sacré à ses Eagles. Comme si l’identité du partant relevait d’une question de vie ou de mort. «Merci à vous tous d’avoir mis des mots dans ma bouche (sur la question des quarts-arrière), je l’apprécie ! Maintenant, je n’en parle plus», a pesté l’entraîneur-chef, tandis que les reporters répliquaient en le sommant de nommer des noms.

De bonne guerre

La tension déjà lourde a pris une autre ampleur quand Pederson a expliqué ce qui semble pourtant une évidence. «Nous essayons de gagner un match de football. Pourquoi je diffuserais mon plan de match pour que tous puissent le lire et se préparer en conséquence ? Ça ne fait aucun sens, donc j’apprécie vos questions», a-t-il fulminé.

Dimanche, ni Wentz ni Foles ne se sont entretenus avec les journalistes. Et pendant la courte portion de l’entraînement ouverte aux médias, impossible de savoir qui a obtenu les répétitions avec les partants.

«Le jour où ils devront parler viendra et je suis sûr que vous leur poserez la question», a poursuivi Pederson, qui tente par tous les moyens de faire en sorte que la décision ne devienne pas publique, jusqu’au dernier moment possible, soit 90 minutes avant le botté d’envoi.

Le médecin s’en mêle

La semaine dernière, même le médecin qui a opéré Wentz au genou a pris position dans ce débat qui enflamme Philadelphie, en mentionnant qu’il serait encore trop risqué de jouer avec la santé à long terme de Wentz et que Foles serait le candidat logique pour entamer la saison.

Finalement, ce sont les médecins de l’équipe qui décréteront si Wentz est en mesure de jouer dès maintenant. Et quand cette décision sera enfin rendue ?

«Il reste encore plusieurs jours», a rappelé le patron en se massant le cuir chevelu qui semble grisonner à vue d’œil.

Les joueurs préfèrent en rire

L’information entourant l’identité du quart-arrière partant des Eagles en ce début de campagne a été classifiée secret d’État, et les joueurs prennent un malin plaisir à entretenir le secret.

Après l’entraînement au complexe de l’équipe situé à quelques coins de rue du Lincoln Financial Field, où sera donné le botté d’envoi jeudi soir, les joueurs ne se sont pas cachés pour éviter micros et caméras, au contraire.

Le bloqueur Lane Johnson, reconnu pour son sens de l’humour aiguisé et sa langue bien pendue, s’était-il « échappé » la semaine dernière quand il a indiqué qu’il ne voyait pas comment Wentz ne serait pas le partant ?

Dimanche, le sympathique colosse a rigolé de la situation. «Bien sûr que je sais», a-t-il lancé en essayant de ne pas pouffer de rire.

«Si je vous dis qui sera le partant, je vais être dans le trouble. Vous allez tous avoir une bonne histoire, mais je vais me faire botter le cul. On se fait avertir de ne pas parler. Après, c’est le jeu du chat et de la souris pour savoir qui a trop parlé. Et souvent, c’est moi ! Je n’ai pas envie d’une fessée ni d’une amende !» a-t-il badiné.

«Ça ne change rien»

Pour les joueurs rencontrés, le message de mise est que, peu importe qui de Wentz ou de Foles sera en poste, il y a un match à gagner.

«Aucun de ces deux gars-là ne va m’aider à bloquer Vic Beasley ou Brooks Reid, donc pour moi, ça ne change absolument rien», a renchéri Johnson.

Dans un casier à proximité, le volubile centre Jason Kelce a résumé la situation avec un peu plus de sérieux. «Carson a le don de réaliser de gros jeux, il a un talent incroyable. Sauf que Nick Foles a prouvé qu’il pouvait aussi faire les choses en grand dans les moments où ça compte le plus. Nous avons entièrement confiance en ces deux-là», a-t-il affirmé.

Le fin mot de l’histoire est revenu à l’ailier rapproché Zach Ertz, lorsqu’il s’est fait demander s’il en avait assez des questions concernant les quarts-arrière.

«J’en ai déjà plein les bottes à étudier les tendances des Falcons en couverture de passe avec leurs joueurs hyper athlétiques. Peut-être que c’est moi qui devrais lancer le ballon. Si au moins on me donnait cette chance, je ferais du très bon travail.»

Bon ! Voilà que cet épineux dossier se complexifie encore et encore...