Photo : Marc Ramsay. Crédit : Sébastien St-Jean / Agence QMI

Boxe

À la défense des entraîneurs québécois

À la défense des entraîneurs québécois

Bernard Barré

Publié 21 août 2018
Mis à jour 21 août 2018

La qualité de nos boxeurs professionnels passe sans aucun doute par la compétence de nos entraîneurs. Loin d’être un adepte des médias sociaux, il m’arrive parfois de lire les commentaires associés à mon sport.

Je sens une certaine colère monter en moi quand je lis des critiques dures et injustes concernant nos entraîneurs. Je trouve ça tellement gratuit de la part de personnes qui jugent sans savoir...

Sachez que la majorité de nos coachs ont suivi les étapes du très exigeant «Programme de certification des entraîneurs canadiens». Sachez aussi que plusieurs d’entre eux ont eu l’opportunité d’œuvrer sur nos équipes nationales, de voyager et de côtoyer les collègues de différents pays, d’observer leurs méthodes de travail et de participer à des colloques ou des séminaires pointus.

Ces mêmes personnes s’investissent dans leurs gymnases, produisent des programmes d’entraînement hautement scientifiques, enseignent, puis corrigent la technique de leurs athlètes, imaginent des plans stratégiques comme Marc Ramsay nous en a fait une belle preuve lors de la conquête du championnat mondial des mi-lourds d’Eleider Alvarez.

Ces passionnés se couchent le soir et se réveillent le matin en pensant à la boxe.

Yvon Michel a eu des succès extraordinaires à la tête de l’équipe nationale du Canada au début des années 1990 et tous ceux qui l’ont suivi nous ont fait honneur. La boxe professionnelle locale est devenue une pépinière de champions internationaux.

D’ailleurs, c’est une des raisons pourquoi plusieurs boxeurs amateurs d’envergure souhaitent immigrer au Québec. Le passé étant garant de l’avenir, ils voient dans leur éventuelle terre d’accueil une carrière et bien souvent une vie remplie de succès.

Nos entraîneurs n’ont rien à envier à leurs voisins américains. Notre expertise est aussi bonne que la leur. Et j’espère que les gens seront reconnaître leurs compétences et leurs réalisations.

Je terminerai en vous donnant un exemple de ce que voyager avec l’équipe nationale peut apporter. Lors des Internationaux de France à St-Nazaire (club d’origine de Christian MBilli) en 1986, une compétition regroupant plusieurs pays, j’avais observé les entraîneurs russes travailler avec plusieurs athlètes à la fois dans une harmonie impressionnante sur les mitaines d’entraîneurs. Jeu de pieds, précision des coups et intensité. Cet élément avait fait partie de mon rapport écrit et verbal, à une réunion semi-annuelle de l’Association canadienne à Toronto. J’ai toujours une petite pensée quand je rentre dans un gymnase et que je vois cette façon de travailler. Un petit velours. Non, je ne l’ai pas inventé, je l’ai importé. Il n’y a pas grand-chose qui se fait dans le monde actuellement qu’un de nos entraîneurs québécois n’a pas vu.

S.V.P., tapeux de clavier, rendez à César ce qui revient à César et évitez d’être méchant sur ce que vous connaissez à peine.

Nous avons chez nous parmi les meilleurs entraîneurs au monde. Les preuves sont là.

(Oui, écrire ce texte m’a fait du bien!)