Coupe Rogers 2020

Coupe Rogers: Abanda impuissante face à Stephens

Publié | Mis à jour

Françoise Abanda affrontait une joueuse dans le top 10 mondial pour la première fois de sa carrière, mercredi après-midi, sur le court central du Stade IGA. La Québécoise s’est rendu compte qu’elle avait encore des croûtes à manger avant d’atteindre ce niveau.

Il faut dire qu’elle avait tout un défi devant elle : l’Américaine Sloane Stephens. Malgré un effort intéressant dans les derniers jeux de la deuxième manche, Abanda s’est inclinée contre Stephens, troisième raquette mondiale, en deux manches de 6-0 et 6-2.

Ce n’est pas une défaite déshonorante pour Abanda, mais plutôt un match baromètre. Elle a pu analyser le niveau de son développement et obtenir des réponses sur les aspects du jeu qu’elle aura à améliorer dans les prochaines semaines.

Il faut souligner sa combativité lors de certains points. Lors de la cinquième partie de la première manche, elle a sauvé six balles de bris avant de voir Stephens avoir le dernier mot. On peut classer cela dans la colonne des victoires morales.

Sur les talons

Stephens était simplement trop forte et surtout plus expérimentée. L’Américaine de 25 ans ne lui a jamais donné la chance de prendre son envol avec des frappes précises dans les moments opportuns.

Stephens a pris le contrôle du court central dès le premier échange et elle y a fait ce qu’elle voulait ou presque.

«J’aurais voulu mieux faire, mais elle a très bien joué, a expliqué Françoise Abanda après sa défaite en double avec sa partenaire Tatjana Maria. Elle a joué à la hauteur d’une fille classée quatrième au monde.

«Je n’avais pas la bonne approche. Si j’avais à rejouer le match, j’essayerais d’imposer mon jeu davantage dès le début. J’ai joué un peu trop sur la défensive et je me suis fait bousculer.

«C’était un bon match pour prendre de l’expérience.»

Stephens et les insectes !

Pour sa part, Stephens s’est dite satisfaite de sa journée de travail. Elle a salué le potentiel de son adversaire.

«Françoise est une bonne joueuse. Elle est jeune. Elle a besoin de gagner de l’expérience pour pouvoir jouer à ce niveau, a souligné l’Américaine lors de son point de presse. Ça viendra avec le temps. C’est le cas pour tout le monde et ce n’est pas préoccupant.

«Elle va continuer de s’améliorer tant qu’elle écoutera ses entraîneurs et faire ce que tout le monde doit faire : travailler fort et avoir du plaisir. Elle est sur la bonne voie.»

Elle a aussi parlé de la pluie et... des insectes !

«Après la pluie fine, j’ai vu apparaître plusieurs nuages d’insectes, a-t-elle souligné. C’est arrivé de nulle part. C’était comme une sorte de blizzard d’insectes.

«C’est possiblement la chose la plus dégoûtante avec laquelle j’ai dû composer. J’ai eu l’impression que chaque chose qui me tombait dessus, c’était un insecte. Ce n’était pas plaisant.»

Stephens poursuivra sa route en affrontant l’Espagnole Carla Suarez Navarro au troisième tour.

Direction Cincinnati ou Vancouver

Françoise Abanda ne sait pas encore à quel endroit elle poursuivra sa saison. À l’heure actuelle, elle jongle avec l’idée de participer au tournoi de Cincinnati ou à celui de Vancouver.

L’an dernier, en Ohio, la joueuse québécoise avait été en mesure de se rendre au deuxième tour de cet événement.

«Je pourrais défendre mon résultat de 2017, a-t-elle raconté. Je dois cependant y rentrer par les qualifications. D’ailleurs, j’y suis déjà inscrite.

«Ma deuxième option est le tournoi 1000 de Vancouver. J’aurais besoin d’un laissez-passer pour y participer.»

Une vague d’amour

Il y a quelques mois, Abanda a enflammé les réseaux sociaux avec un tweet selon lequel elle sera toujours traitée différemment parce qu’elle est noire. Les gens qui ont assisté à ses matchs à la Coupe Rogers l’ont encouragée comme n’importe quelle joueuse québécoise.

On a vu des pancartes à son effigie et des encouragements nourris à son endroit.

«J’ai senti une vague d’amour, a souligné Abanda. Les gens ont été derrière moi tout au long de mon parcours.

«Ça m’a donné une bonne dose d’énergie. J’aurais voulu mieux faire, mais j’ai tout donné. Ça fait toujours plaisir de jouer à Montréal.»

Elle dresse un bilan positif de sa Coupe Rogers,

«Ce fut deux bons matchs pour moi, a-t-elle affirmé. J’ai affronté deux joueuses du top 50 et c’était la première fois de l’année. Je crois que ça va me donner de l’énergie pour la suite de ma saison.»