Coupe Rogers 2020

Nadal voit grand pour Shapovalov

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L’Espagnol Rafael Nadal a malgré lui participé à un moment fort de l’histoire du tennis canadien l’an dernier, lorsqu’il s’est avoué vaincu devant le jeune Ontarien Denis Shapovalov en huitièmes de finale de la Coupe Rogers.

«Évidemment, je m’en rappelle. Je me rappelle de pratiquement tous ces genres de trucs», a mentionné le numéro un mondial lors d’une entrevue avec TVA Sports, dimanche.

Nadal, un vétéran de 32 ans avec 17 titres du Grand Chelem au compteur, voit toutefois d’un bon œil l’ascension de la nouvelle garde. Il s’attend à ce que Shapovalov devienne l'une des têtes d'affiche de l'ATP.

«Il y avait une grande atmosphère, a-t-il raconté en faisant référence à son dernier revers à Montréal. Le résultat à la fin n’était pas idéal pour moi, mais c’est bien de voir de nouveaux jeunes joueurs et il est l’une des étoiles du tennis déjà. Il sera probablement l’un des meilleurs joueurs dans les 10 prochaines années.»

Si le Majorquin avait été étonné par les succès du blondinet en 2017, l’élément de surprise n’y est plus : il connaît le talent de «Shapo».

«L’an dernier, il a monté si rapidement au classement. Tu ne t’attendais pas à ce qu’un joueur avec son rang mondial atteigne la demi-finale à Montréal et les [huitièmes de finale] des Internationaux des États-Unis. Maintenant, ce n'est rien de nouveau. Je ne suis pas impressionné par ses récents succès. On s'attend à de grandes choses de ce joueur.»

Blessures et doutes

Nadal sait exactement ce que Novak Djokovic a vécu lorsqu’il a dû s’absenter pendant plusieurs mois en raison d’une blessure avant de revenir au jeu.

Avec une victoire à Wimbledon, on peut affirmer sans se tromper que le retour du Serbe a été concluant.

«J’ai été dans cette situation à quelques reprises dans ma carrière et je sais comment ça fonctionne. Ce dont tu as besoin, c'est du temps et de la santé. Si tu as la motivation pour revenir alors tu n’oublies pas comment jouer au tennis.»

D’ailleurs, Nadal n’a pas besoin de se nourrir des inévitables doutes et critiques : le feu sacré est bien allumé à l’intérieur de lui.

«Je n’ai pas besoin de motivation de l’extérieur pour être sur le court chaque jour avec la passion et la bonne attitude pour être de retour. C’est juste une question de motivation personnelle.

«Je comprends les doutes, j’en ai moi-même personnellement. C’est bien d’avoir des doutes. Si tu n’en as pas, c’est parce que tu es arrogant, parce que rien n’est parfaitement clair.»

Diplomate

Une nouvelle règle stipule qu'une limite de temps de 25 secondes doit être respectée pour effectuer le service à partir du moment où l’arbitre annonce le pointage.

Voilà qui pourrait demander une période d’adaptation à un joueur comme Nadal, qui aime prendre son temps pour visualiser ses prochains coups.

Le gaucher demeure toutefois diplomate : «Je n’ai jamais joué de cette façon. Je vais devoir l'essayer en premier lieu. Entre les points, j’aime penser à ce que je vais faire, mais si les décideurs veulent que le match se déroule plus vite alors on ira plus vite.»