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Coupe du Monde 2018

Griezmann, général deux étoiles

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«Je veux l'étoile, je m'en fous du jeu!», lançait-il... L'attaquant français Antoine Griezmann a rempli sa mission en étant l'homme du match contre la Croatie (4-2), grâce à son coup franc puis son but sur penalty, dans un début de finale très crispant au Mondial-2018.

Il y a vingt ans, le héros s'appelait Zinédine Zidane, avec ses deux buts de la tête contre le Brésil (3-0). En 2018, ils sont plusieurs à s'être distingués, mais Griezmann a largement contribué à envoyer la foule française exploser de joie sur les Champs-Elysées.

Et tant pis s'il a bénéficié de quelques circonstances favorables dans une première période irrespirable. Son coup franc bien frappé à la 18e minute a été marqué... contre son camp par l'attaquant croate Mario Mandzukic. Une dizaine de minutes plus tard, en tirant un nouveau corner, il a profité d'une faute de main d'Ivan Perisic dans la surface et de l'intervention de l'assistance à l'arbitrage vidéo, pour obtenir et convertir un penalty (33e).

Il s'est encore illustré en seconde période, avec une frappe dans les gants du gardien dès la 46e minute, puis un très bon travail pour adresser le ballon à Pogba, qui a marqué en deux temps (59e).

«Je ne sais pas où je suis!... Très heureux, a-t-il lancé, après la victoire. Cela a été un match très difficile, la Croatie a fait un grand match, nous on est rentré timidement, on a vu que c'était une finale de Coupe du monde, et on s'est lâché petit à petit. C'est "un kiff", on a hâte de soulever la Coupe et de la ramener en France.»

Quatre buts

Grizi, 27 ans et 61 sélections, termine ce Mondial avec quatre buts, dont trois penalties, et deux passes décisives, ce qui représente la deuxième meilleure performance d'un Français dans une Coupe du monde, après l'inaccessible record de Just Fontaine et ses 13 buts de 1958.

Avec ses six réalisations de l'Euro-2016, le natif de Mâcon compte 10 buts dans les tournois majeurs en équipe de France, comme un certain Zidane.

Mais le rôle de l'attaquant a changé depuis le championnat d'Europe, dans une équipe de France de plus en plus défensive et misant sur les contres.

Oublié l'étincelant Grizi de l'Euro, place à un joueur plus clinique, de plus en plus précis sur les coups de pied arrêtés et chargé de donner le tempo à une équipe de France très difficile à manœuvrer.

Interrogé sur sa Coupe du monde, l'attaquant de l'Atlético Madrid avait rigolé vendredi devant la presse:  à l'Euro «en étant meilleur buteur, on a perdu. Je me suis dit: "Je vais mettre moins de buts pour voir si on la gagne"»...

Il faut dire qu'il est arrivé fatigué au Mondial, émoussé durant un premier tour où il est sorti à chaque fois avant la fin des rencontres.

Mais il est doucement monté en puissance dans son rôle de chef d'orchestre, à l'image de son quart contre l'Uruguay (2-0) - avec une passe décisive pour Raphaël Varane et un but un peu chanceux - puis de sa demie contre la Belgique (1-0), marquée par son corner décisif pour la tête de Samuel Umtiti.

La plus belle de sa carrière

La France lui doit donc une bonne partie de sa deuxième étoile, dans une saison qui restera comme la plus belle de sa carrière.

Lui qui n'avait pratiquement aucun titre à son palmarès termine cet exercice 2017-2018 en trombe. Avec l'Atlético, Il a remporté l'Europa League contre Marseille (3-0 mi-mai).

Mais surtout, il s'est offert le plus beau sacre d'une carrière de footballeur, la Coupe du monde, une récompense qui "change une vie" comme le confiait le champion du monde 98 Robert Pires à l'AFP.

Jusqu'à faire rimer «Grizou» avec  «Zizou» ? Sans doute pas, car comme l'a fait remarquer le Mâconnais vendredi:«J'aime pas trop "Grizou", moi c'est plus "Grizi" !»

Les deux hommes ont toutefois un point commun. Ils ont marqué dans une finale de Coupe du monde, un jour de juillet et leurs noms resteront à jamais dans l'histoire du football français.