MLS

Quelques minutes avec Tim Howard

Quelques minutes avec Tim Howard

Fréderic Lord

Publié 06 juillet 2018
Mis à jour 06 juillet 2018

Peu de joueurs en MLS sont aussi intéressants que Tim Howard. Gardien mythique de la sélection américaine, l’ancien de Manchester United et Everton a un regard lucide sur sa profession et sur la MLS.

Il y a quelques mois, j’ai eu le privilège de m’asseoir avec le gardien des Rapids du Colorado pour parler de plusieurs sujets. À la veille de son passage à Montréal, un extrait de mon entretien avec celui qui deviendra assurément un excellent commentateur après sa carrière.

TVA Sports: Votre parcours personnel et votre expérience en MLS vous permettent d’avoir un regard singulier sur la ligue. En ce sens, j’aimerais vous parler de la position de « joueur désigné ». Quelle est, pour vous, la première qualité que devrait avoir un JD en MLS?

Tim Howard : L’engagement. Quand tu signes un JD, tu as déjà identifié ses qualités, tu sais qu’il est un joueur de grande qualité. Ce sont là les évidences.

Mais où le bât blesse, c’est quand il n’est pas engagé ou qu’il croit qu’il vient ici en vacances. Les meilleurs JD dans cette ligue sont non seulement les plus talentueux, mais les plus engagés.

TVA Sports : Avez-vous un exemple?

Tim Howard : Le joueur par excellence en titre de la MLS en est peut-être le meilleur exemple. Diego Valeri est extrêmement talentueux, mais quand tu essaies de le définir, tu te rends compte qu’il est un « Timbers ». Il exulte (bleeds) le vert et or de Portland. Les partisans s’identifient à lui et il s’identifie avec la ville.

Oublie le fait qu’il est un joueur extraordinaire, c’est ce que tu veux voir de la part d’un joueur désigné.

TVA Sports : À ce stade-ci, quelle est la prochaine étape pour la MLS?

Tim Howard : Continuer la croissance. Avec les différentes équipes d’expansion qui arrivent, je crois que la MLS pourra à moyen terme entrer dans le Top 5 mondial.

Ce sont des moments vraiment excitants. Chaque année, nous battons nos records de transferts. Il faut continuer à grandir, trouver des façons d’améliorer notre visibilité d’un point de vue télévisuel. Et les équipes doivent continuer à trouver de bons et solides joueurs qui veulent prendre part à notre projet.

TVA Sports : Avec les succès du Toronto FC l’an dernier, l’arrivée tonitruante d’Atlanta, on a l’impression que la MLS pourrait devenir une ligue « à deux vitesses ». C’est un souci pour les joueurs?

Tim Howard : Non. Si les équipes dépensent, c’est une bonne chose. De ce que je constate, c’est que les meilleures équipes dans cette ligue ont les meilleurs entraîneurs.

Je sais que ça peut paraître simpliste, mais tu peux avoir des joueurs extraordinaires et échouer. Les meilleures équipes ont les meilleurs entraîneurs : ils sont bons tactiquement et savent comment gérer leur équipe.

C’est bien d’avoir de l’argent à dépenser, mais c’est plus important pour moi d’identifier le bon coach et le bon style pour ton équipe.

TVA Sports : Comment implante-t-on ce style, cette culture dans un club? Vous êtes passé par plusieurs grands clubs, vous avez eu le temps de découvrir le secret de la bonne gestion?

Tim Howard : J’ai croisé de très bons entraîneurs dans ma vie. La recette? Il faut implanter des idéaux, des fondations et il faut le faire au jour le jour. Ça doit venir de l’entraîneur et puis des vétérans du club jusqu’au reste de l’organisation. Vous devez assurer une continuité dans la façon dont les choses sont gérées. C’est peut-être un gros défi au quotidien, mais à la longue, c’est payant. La victoire aide à implanter le tout, mais c’est le défi de chaque club.