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Coupe du Monde 2018

«Désolée» et humiliée, la Mannschaft rentre en Allemagne

Agence France-Presse

Publié | Mis à jour

Retour au bercail après seulement onze jours de compétition: c'est "désolés" et humiliés que les champions du monde en titre allemands rentrent jeudi du Mondial russe, tandis que médias et partisans ne montrent guère de mansuétude à leur égard.

Face à l'ampleur du désastre et avant même son retour prévu à Francfort, la Mannschaft s'est excusée dans une lettre aux partisans.

«Nous sommes désolés de ne pas avoir joué comme des champions du monde. C'est pourquoi nous avons été éliminés, à juste titre, même si cela nous fait mal», peut-on lire dans ce message publié sur Facebook.

Le président de la Fédération allemande de foot, Reinhard Grindel devrait s'exprimer devant les journalistes peu après l'arrivée du vol.

Et la question de l'avenir du sélectionneur Joachim Löw, en poste depuis 2006, sera sur toutes les lèvres, même si la décision définitive ne devrait pas intervenir avant «quelques jours», selon le quotidien Bild.

D'autres interrogations existent sur l'avenir de certains joueurs tels Mesut Ozil (29 ans) ou Sami Khedira (31 ans), en totale méforme.

Au lendemain de leur humiliante défaite 2-0 contre la Corée du Sud, synonyme d'élimination historique dès la phase de poule, l'équipe entière subit sans surprise la foudre de la presse.

«Sortis!» y est le titre le plus en vogue. Les médias se désolent tous de la qualité du jeu proposé par la Mannschaft et de leur «humiliation amère et pathétique».

Bild de son côté enfonce le clou, titrant «Pas de mot!». Le journal le plus lu d'Allemagne ironise ainsi, car il avait choisi le même titre quatre ans plus tôt après l'extraordinaire victoire des Allemands 7-1 sur les Brésiliens.

Dans ses pages, il parle de «Honte de Kazan». «Le cauchemar est devenu réalité: le champion du monde 2014 doit rentrer de Russie après seulement 10 jours (1er match perdu le 17 juin face au Mexique 1-0 et défaite face à la Corée du Sud le 27, NDLR). Réduit en cendres et décombres».

Journaux allemands
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L'ex-capitaine de l'équipe nationale, Michael Ballack a lui relevé «qu'on peut être éliminé tôt avec une mauvaise équipe, mais pas avec une telle équipe!».

Un autre ancien capitaine, champion du monde 1990, Lothar Matthäus a lui reproché à l'équipe «son manque d'unité», son «absence de volonté» et «pire encore: elle a fait preuve de suffisance».

Pour Kicker, il s'agit «d'une défaite collective: il n'y avait pas de véritable équipe en Russie».

«La manière, sans force, sans idée, sans solution dont l'équipe nationale a joué contre le Mexique, la Corée du Sud et malgré une victoire tardive aussi contre la Suède (victoire 2-1 à la dernière minute) était inhabituelle et effrayante», explique le magazine sportif.

Les partisans interrogés par l'AFP n'étaient guère plus indulgents: «C'est effrayant, c'est la première fois que l'Allemagne est éliminée en phase de groupe, c'est complètement inattendu», a commenté après le match Dirk Gessen, un entrepreneur à Francfort.

L'extrême droite a elle profité de cette défaite pour prendre pour cible une nouvelle fois le caractère multiethnique de cette équipe.

Pour le député du parti AfD, Jens Maier la raison de la défaite est toute trouvée en la personne du milieu d'origine turque Mesut Ozil, «sans qui nous aurions gagné!».

Car le joueur d'Arsenal et son camarade Ilkay Gündogan ont fait scandale juste avant le Mondial en allant rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan, déclenchant une polémique en Allemagne pour savoir si ses enfants d'immigrés et champions du monde titrés au Brésil étaient vraiment loyaux à l'équipe nationale.

Bien que les joueurs aient admis un faux pas, cette affaire a d'ailleurs plombé la préparation de l'équipe allemande, certains partisans sifflant les joueurs concernés. La chancelière Angela Merkel était finalement intervenue pour rappeler à l'ordre les partisans.

«Je suis certaine qu'ils ne cherchaient pas à décevoir les partisans allemands (...) ils appartiennent à l'équipe nationale, et je me réjouirais que le public les applaudisse aussi», avait lâché la chancelière quelques jours avant l'entrée en lice de la Mannschaft.