SPO-HKO-HKN-EDMONTON-OILERS-V-NEW-JERSEY-DEVILS

Crédit : AFP

LNH

Le gros lot de Lou Lamoriello

Publié | Mis à jour

On dit que le repêchage n’est pas une science exacte. Avec raison. Il a plutôt parfois des allures de loterie. Et quand le destin s’en mêle, qui sait ce qui peut arriver ?

Lorsque Lou Lamoriello a appelé Martin Brodeur avec le 20e choix de la séance de sélection de la Ligue nationale de hockey (LNH) 1990, un autre gardien avait déjà trouvé preneur. Au 11e rang, les Flames de Calgary avaient jeté leur dévolu sur Trevor Kidd.

Puisque le Manitobain avait été le premier gardien choisi, est-ce que son nom se trouvait également au sommet du tableau des Devils du New Jersey?

« Martin était le premier sur notre liste, a assuré Lamoriello à l’auteur de ces lignes. Nous savions que nous n’aurions pas l’opportunité de repêcher Kidd, car nous avions échangé ce choix.»

Dans les premiers moments de cet encan, les Flames et les Devils avaient conclu une transaction impliquant plusieurs choix à venir, dont une inversion des 11e et 20e sélections.

Jamais, à ce moment, l’ancien directeur général des Devils n’aurait pu prédire un tel dénouement.

«Cette transaction a tourné pas mal mieux que ce à quoi nous aurions pu nous attendre», a lancé l’actuel DG des Islanders, lors d’un entretien téléphonique.

Valeur sûre

Et comment! Avec Brodeur devant le filet, les Devils ont été l’une des formations dominantes des années 1990 et du début des années 2000, mettant au passage la main sur trois coupes Stanley.

«Ce n’est qu’à son arrivée avec nous, pendant la saison 1993-1994 que nous avons réellement pris conscience du potentiel de Martin. Après quelques matchs, on a remarqué son calme et sa confiance.»

Avec Brodeur devant le filet, Lamoriello a pu mettre ses efforts dans la recherche de morceaux pour compléter son casse-tête.

«Vous savez à quel point un gardien est important dans les succès d’une équipe. Avec la constance démontrée par Martin devant le filet, nous savions que nous n’avions pas besoin de nous inquiéter pour cette position. On a pu concentrer nos efforts ailleurs», a ajouté le réputé homme de hockey.

Hypothèse farfelue

Au fil des ans, plusieurs ont indiqué que Brodeur avait pu inscrire 691 victoires et enregistrer 125 jeux blancs en grande partie en raison du style hermétique des Devils.

Bien qu’il reconnaisse que le jeu défensif implanté par Jacques Lemaire a contribué aux succès de son équipe, il refuse l’hypothèse avancée sur ceux de son gardien.

«Ça me fait toujours sourire lorsque j’entends cela. Je m’inscris en faux à 100 %. Oui, nous préconisions un style défensif, mais il y a certaines saisons, au cours de cette période, durant lesquelles nous avons dominé la colonne des buts marqués», a souligné Lamoriello.

Le meilleur de l’histoire

Le dirigeant d’expérience n’a pas tort. De 1997-1998 à 2001-2002, les Devils ont inscrit 1224 buts. Au cours de cette période, les Red Wings sont les seuls à avoir été plus productifs avec 1277 filets.

«Nous misions sur l’un des meilleurs, sinon le meilleur gardien de l’histoire du hockey. Ils ont même inventé un règlement à cause de lui tellement il était habile en maniement de rondelle!

«Il n’y a personne qui mérite cet honneur plus que lui. Non seulement en raison de sa carrière, mais également en raison du type de personne qu’il est», a conclu Lamoriello.