LNH

Martin Brodeur et Martin St-Louis au Temple de la renommée

Agence QMI / Jonathan Bernier 

Publié | Mis à jour

Il faut avoir connu une carrière exceptionnelle pour être admis au Temple de la renommée. Pour y faire son entrée à sa première année d’admissibilité, il faut avoir pratiquement transcendé ce sport.

C’est le témoignage qu’ont obtenu Martin Brodeur et Martin St-Louis en recevant l’appel du comité de sélection du Panthéon du hockey.

Le premier, en raison de son aisance autour du filet, a forcé la Ligue nationale de hockey (LNH) à inventer le règlement du trapézoïde.

L’efficacité du second a prouvé que les joueurs de petites statures pouvaient se démarquer dans le circuit Bettman.

Retraités depuis à peine trois saisons, les deux Québécois font partie de la nouvelle cuvée d’immortels en compagnie de Gary Bettman, Willie O’Ree, Jayna Hefford et Alexander Yakushev.

«Il n’y a pas de plus grand honneur individuel, a indiqué l’ancien attaquant des Flames de Calgary, du Lightning de Tampa Bay et des Rangers de New York. J’espère qu’un jour mes petits-fils et mes arrière-petits-fils verront que le nom de St-Louis a pu faire son chemin.»

Si St-Louis a regardé vers l’avenir pour exprimer la fierté ressentie, Brodeur, lui, a jeté un regard vers le passé en racontant l’influence qu’avait eue son père Denis, lui-même un ancien gardien de but, sur sa destinée.

«Mon père était un gardien de but gaucher. Tous les gants dans la maison étaient gauchers. J’ai appris à jouer à l’envers, mais j’ai réussi à devenir droitier, a raconté Brodeur, le sourire dans la voix. La passion de mon père pour la photographie me permet de constater tout le chemin parcouru entre la première et pratiquement la dernière fois que j’ai gardé les buts.»

Records inatteignables

Aujourd’hui âgé de 46 ans, Brodeur détient ou partage 12 records chez les gardiens de la LNH, dont le nombre de matchs joués (1266), de victoires (691) et de jeux blancs (125).

Considérant que Roberto Luongo est le gardien actif qui s’approche le plus de ces trois marques (1001 matchs joués, 471 gains et 76 jeux blancs), on peut se demander si elles finiront par être battues.

«J’aimerais voir un gardien de but essayer d’y arriver, mais ça risque d’être un peu difficile», a convenu Brodeur, vainqueur de cinq trophées Jennings, quatre Vézina, trois coupes Stanley et Calder.

«La personne qui y arrivera devra connaître une très bonne carrière. J’ai été chanceux de jouer pour une bonne équipe et de rester en santé très longtemps. J’ai décidé de jouer au-delà de mes 40 ans, alors qu’aujourd’hui, ce sont des jeunes qui jouent à ce sport. En plus, on dirait que les carrières sont un peu moins longues», a-t-il expliqué.

Au cours de sa carrière de 1134 rencontres, St-Louis a récolté 1033 points, soit une excellente moyenne de 0,91 point par match.

Ignoré par toutes les équipes lors des encans amateurs de 1993 et 1994 en raison de ses 5 pi et 8 po, il occupe aujourd’hui le sixième rang de l’histoire du circuit chez les patineurs n’ayant jamais été repêchés.

Quand l’exception devient la règle

«Tout au long du parcours [vers la LNH], des gens ont essayé de me décourager. J’ai toujours utilisé cela comme motivation. Je voulais leur prouver qu’ils avaient tort, qu’il pouvait y avoir des exceptions», a raconté le Lavallois, qui a offert une longue étreinte à son père après avoir reçu le coup de fil.

Non seulement a-t-il prouvé qu’il pouvait y avoir des exceptions, mais il a fait en sorte que l’exception devienne un peu plus la règle. Aujourd’hui, plusieurs joueurs au gabarit similaire connaissent du succès dans la LNH.

«Je ne me considère pas comme un pionnier, mais je crois que j’ai pu aider. De la même façon que ceux qui m’ont précédé. Mon idole était Mats Naslund, un petit joueur. Plus tard, rendu à l’université, je regardais des gars comme Theo Fleury et Doug Gilmour. Ce sont des joueurs qui m’ont inspiré.»

Au cours de sa carrière, St-Louis a remporté trois fois le Lady Byng, le championnat des marqueurs à deux reprises, le trophée Hart et le Lester B. Pearson à une occasion.