Repêchage LNH

L'exemple parfait

L'exemple parfait

Renaud Lavoie

Publié 18 juin 2018
Mis à jour 18 juin 2018

«Ma plus grande fierté est de toujours avoir laissé la voix libre aux entraîneurs et ce sont eux qui ont coaché mon fils.» Ces paroles sont celles de Benoît Groulx, entraîneur-chef du Crunch de Syracuse, club-école du Lightning de Tampa Bay. Dans quelques jours, il verra son fils Benoît-Olivier monter sur la scène du American Airlines Arena, alors que les chances qu’il soit choisi par une équipe en première ronde s’annoncent bonnes.

C’est un père évidemment très fier qui parle au bout du fil, alors qu’il marche de l’aréna de Syracuse en direction de sa résidence.

«C’est certain qu’il y a une certaine fébrilité présentement et je suis excité de me rendre à Dallas pour le repêchage.»

La bonne façon

Benoît Groulx aurait pu passer beaucoup de temps avec son fils pour lui montrer à jouer au hockey à sa manière et se foutre un peu des recommandations des entraîneurs. Mais s’il y a quelqu’un qui est bien placé pour savoir que les chances de réussite sont minces si un agent ou un membre de la famille contredit le message d’un entraîneur-chef à son joueur, c’est bien Benoît Groulx.

«J’ai toujours dit à Benoît-Olivier d’écouter ses entraîneurs et de faire ce qui est exigé. C’est certain que je lui donne des conseils ici et là, ce qui est normal pour tous les parents. Mais, pour moi, ce qui importait le plus dans son développement, c’est qu’il joue au hockey pour les bonnes raisons. Par exemple, lorsqu’il faisait son sport-études à Gatineau, je lui ai demandé s’il y avait trop d’entraînements. Je lui ai constamment dit que si c’était trop, il pouvait arrêter.»

Éviter les pièges

Benoît-Olivier Groulx a passé beaucoup de temps à Syracuse avec son père depuis la fin de la saison des Mooseheads de Halifax. Une saison où il a répondu aux attentes avec 55 points, dont 28 buts en 65 rencontres.

Il est heureux de s’être donné la chance de vivre un beau moment dans les prochains jours.

«Ce qui me rend fier, c’est d’avoir été en mesure de bloquer les distractions durant la dernière saison, souligne Benoît-Olivier au bout du fil.

«Je donne beaucoup de crédit à mes entraîneurs, qui nous ont aidés sur la glace, mais aussi sur tout ce qui touche l’extérieur de l’aréna. On est quatre de l’organisation qui seront probablement repêchés en fin de semaine. On a tous gardé la tête froide lorsqu’on voyait la liste des joueurs qui pourraient être repêchés et personne ne s’est enflé la tête en voyant nos noms circuler sur les médias sociaux. L’erreur aurait aussi été de prendre ça facile dans les entraînements et c’est exactement ce que je voulais éviter.»

Les attentes

Pour en arriver là, il fallait aussi avoir un plan. Et c’est là où l’expérience de son père entre en ligne de compte. « C’est vraiment avant le début de la dernière saison qu’on s’est parlé pour une première fois du repêchage, souligne Benoît Groulx. Je lui ai parlé du rang où il pouvait être repêché, des attentes, et de la gestion de la pression lorsqu’il y a des objectifs élevés. Il y a eu des hauts et des bas. Finalement, on arrive à l’objectif et c’est excitant de connaître sa prochaine destination. Je le sens très sérieux vis-à-vis du repêchage, et évidemment ce serait parfait s’il était repêché vendredi, mais si c’est samedi, ce sera parfait aussi. »

C’est vrai que Benoît-Olivier est sérieux. Pour un jeune homme de 18 ans, il n’y a pas de doute que sa maturité est une de ses forces.

«J’ai eu une belle année et que je sois repêché en première ronde [il est classé 22e] ou en troisième ne changera rien. C’est certain que ce serait un honneur d’être repêché parmi les 31 premiers, mais mon objectif est de jouer dans la Ligue nationale et ça ne se fait pas en une journée. Je vais tout donner à l’équipe qui me repêchera.»

Peu de chances... mais

On parle beaucoup de John Tavares et de son prochain contrat, mais s’il y a un autre attaquant de grande qualité qui deviendra joueur autonome sans compensation le premier juillet, c’est bien James van Riemsdyk. La prochaine semaine sera importante pour lui parce que c’est à ce moment qu’on saura s’il va demeurer avec les Maple Leafs. Les chances sont peut-être minces, mais la direction de l’équipe ne lui a pas encore clairement indiqué qu’il ne recevra pas d’offres de leur part. Il ne serait pas surprenant qu’une offre soit déposée. Reste évidemment à savoir si elle sera acceptée alors que JVR va fort probablement signer un contrat de sept saisons qui lui rapportera environ 42 millions $.

Kessel échangé cette semaine?

Phil Kessel n’est pas contre l’idée de quitter les Penguins et le directeur général de l’équipe, Jim Rutherford, tente de régler ce dossier présentement. Kessel a marqué 34 buts lors de la dernière saison et amassé 92 points, ce qui fait en sorte que les Penguins n’ont aucune intention de le perdre sans obtenir quoi que ce soit en retour. Mais sa faible production offensive en séries, un seul but en 12 parties, et son manque d’intérêt lors de certains matchs, laissent croire que Kessel et son entraîneur Mike Sullivan ne sont pas sur la même longueur d’onde. Kessel voulait jouer avec Evgeny Malkin, mais c’est plutôt sur le troisième trio qu’il s’est retrouvé pour la grande majorité des matchs. Un divorce pourrait bien se produire dans les prochains jours.

Domi va produire

Il y a un an jour pour jour, Marc Bergevin tentait d’échanger Alex Galchenyuk, mais ses chances de trouver preneur étaient tellement minces qu’il a décidé de le garder dans l’organisation au lieu de le donner à une équipe sans rien d’intéressant en retour. La raison : Alex Galchenyuk faisait peur aux autres organisations, surtout en raison de tout ce qui circulait sur ses problèmes hors glace. Un an plus tard, c’est Max Domi qui va prendre sa place et la réputation du jeune homme est excellente. Alors pourquoi les Coyotes l’ont-ils échangé? Parce que Domi a besoin de se retrouver dans un environnement de hockey pour produire et disons qu’on est à des années-lumière de ça chez les Coyotes. Et, justement, j’ai aussi l’impression que Galchenyuk a besoin de jouer dans un marché où il n’y aura aucune pression.