Jonathan Marchessault

Photo : Jonathan Marchessault Crédit : AFP

Séries 2018

L'ascension fulgurante de Jonathan Marchessault

Publié | Mis à jour

À une époque pas si lointaine, Jonathan Marchessault sautait dans sa Hyundai Elantra pour se rendre au Colisée Pepsi, les soirs de matchs avec les Remparts.

Aujourd’hui, celui qui est devenu l’un des attaquants vedettes des Golden Knights vit le rêve d’une finale de la coupe Stanley en se pointant aux matchs à Vegas à bord d’une rutilante Lamborghini. Une ascension fulgurante à l’image de sa carrière.

Avec la tournure que prend la série finale, avec les Capitals en avance 3-1, Marchessault et les Knights voudront sans doute se tourner demain soir vers le bolide qui leur a jusqu’à maintenant servi de porte-bonheur à quelques reprises en séries. À un match près de voir leur parcours magique prendre fin, chaque superstition sera la bienvenue!

Cette Lamborghini Aventador Roadster décapotable qui fait jaser et qui se vend autour de 545 000 $ américains n’est pas la propriété de Marchessault, précisons-le! Un concessionnaire local a plutôt exposé la bête décorée à l’effigie des Golden Knights au site d’entraînement de l’équipe et Marchessault a demandé s’il pourrait la conduire, les jours de matchs. Venant d’un auteur de 75 points en saison régulière et de 20 en séries, le souhait était exaucé sur-le-champ.

«Depuis ce temps, nous avons gagné chacun de nos matchs [à Las Vegas], sauf le dernier. Je ne sais pas si je vais encore la conduire! J’y penserai et je parlerai au gars de Lamborghini», a mentionné au Journal de Québec le meilleur pointeur de l’équipe.

Sans prétention

Évidemment, l’histoire a fait jaser sur les réseaux sociaux. Les Golden Knights ont eux-mêmes joyeusement ébruité le tout en diffusant une vidéo de Marchessault au volant du véhicule.

Avant le troisième match de la série à Washington, des partisans des Capitals ont pris un malin plaisir à se moquer du côté glamour accolé à Las Vegas, en soulignant que deux de leurs joueurs, T.J. Oshie et Matt Niskanen, avaient plutôt emprunté le métro pour se rendre à l’aréna.

Mais ce serait bien mal connaître Marchessault que de lui prêter des intentions hautaines.

Choix de 12e ronde par les Remparts, il a été boudé au repêchage de la LNH et a dû faire ses classes à la dure avec les Blue Jackets, le Lightning et les Panthers. C’est sans compter 306 matchs dans la Ligue américaine avant de savourer une reconnaissance amplement méritée.

«Ce n’est pas tous les joueurs de hockey qui ont la chance de participer à une finale de la coupe Stanley. Je cherche à en profiter et à avoir du plaisir le plus possible. Je n’ai pas eu un chemin facile. Le plus important est de vivre dans le moment présent et de penser au futur. Mais, c’est vrai que les nombreux obstacles m’ont servi de motivation. Je suis un meilleur joueur aujourd’hui grâce à ça», a-t-il signalé.

Toujours modeste

Jointe à Washington, où elle a assisté aux deux derniers matchs, la mère du joueur de Québec, Lesly Marchessault, s’est amusée à se remémorer une vieille anecdote prémonitoire sur le destin de fiston.

«En allant à une pratique de baseball, un papa avait demandé à Jon quand il avait 11 ans ce qu’il planifiait comme travail dans la vie et il lui avait répondu qu’il serait joueur de hockey professionnel. Quand le papa lui avait dit que ça prendrait quand même un plan B, Jon lui avait répondu : “OK, je pourrais toujours être une rock star!”», a-t-elle raconté.

Mais malgré le succès sur la glace, la voiture de rêve qui lui est prêtée et le contrat de 30 millions qu’il a signé en janvier, maman n’en démord pas. Celle qui est la mieux placée en ce bas monde pour déchiffrer l’âme de son populaire fils sait qu’au travers des embûches et de la gloire, Jonathan Marchessault est demeuré le même.

«Il a toujours aimé s’amuser, il a une belle façon et il a fière allure, mais il ne se pète pas les bretelles avec tout ça. Ce n’est pas son style. Ça fait tellement longtemps qu’il travaille, c’est à peu près temps qu’il obtienne la reconnaissance», se réjouit-elle.

Toujours le même bon Jon

Si Marchessault suscite l’admiration à titre de joueur, la même marque de respect lui est vouée par ses proches, qui considèrent que le bon Jon qu’ils connaissent depuis des années n’a pas changé d’un iota.

L’ancien Rempart Mikaël Tam a d’abord affronté Marchessault au niveau pee-wee. Ils ont ensuite étudié cinq années ensemble au Séminaire Saint-François avant de faire le saut ensemble chez les Remparts, en 2007.

Ils ont été inséparables pendant quatre saisons à Québec et demeurent aujourd’hui de fidèles amis.

«Rien n’a changé chez lui. Il a toujours été un leader à sa façon, en gardant une ambiance relax dans le vestiaire. Quand tu es en finale de la Coupe, il va y avoir de la tension. Tu as besoin de gars comiques comme lui pour chasser la nervosité.»

«Oui, tous les matchs sont importants, mais tu veux avoir du plaisir à les jouer et Jon est bon pour ça. C’est un morceau extrêmement gros pour les Golden Knights», estime le défenseur.

Un quatuor tissé serré

La bande de l’époque formée de Marchessault, Tam, Alex Chiasson (des Capitals) et Frédérick Roy demeure toujours intacte. Les trois étaient d’ailleurs garçons d’honneur au mariage de Marchessault.

Roy, qui l’a connu à ses années avec les Remparts, n’est pas étonné le moins du monde qu’il soit devenu une figure de proue de l’équipe à Las Vegas.

«Quand tu le connais bien, c’est un petit comique. C’est un charmeur qui veut faire plaisir à tout le monde et il te donne le goût d’être avec lui parce qu’il est toujours souriant, positif et humble. On est des hyperactifs malcommodes et on sera amis jusqu’à la mort», a-t-il assuré.

(Avec la collaboration de Jean-François Chaumont)