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Des Wranglers aux Golden Knights

Publié | Mis à jour

Deryk Engelland a fait ses premiers pas chez les professionnels dans la ville du vice en 2003-2004. Il portait un logo et un chandail bien différent de celui d’aujourd’hui. À 21 ans, le robuste défenseur était un membre des défunts Wranglers de Las Vegas de la ECHL.

Engelland a joué deux ans pour les Wranglers, partageant son temps à ce moment entre Vegas et les Lock Monsters de Lowell de la Ligue américaine. Lointain choix de 6e tour des Devils du New Jersey au repêchage de 2000, il découvrait la réalité chez les pros après quatre saisons avec les Warriors de Moose Jaw dans la Ligue junior de l’Ouest.

«À cette époque, j’étais juste heureux de vivre mon rêve, soit de gagner ma vie avec le hockey, s’est remémoré Engelland lors de la journée consacrée aux médias. Quand tu sors du junior, tu angoisses toujours à savoir si tu auras la chance de passer à l’étape suivante.»

L’Albertain a plus que passé à l’étape suivante. Quatorze ans après ses débuts avec les Wranglers, il se retrouve maintenant sur la plus grande scène possible, une finale de la coupe Stanley.

«Si tu m’avais prédit ça quand je jouais dans la ECHL, je me serais moqué de toi, a répliqué le sympathique défenseur de 36 ans. Je suis tellement heureux. Les Golden Knights m’ont fait confiance en me réclamant au repêchage d’expansion. C’était une belle histoire pour moi puisque je vis dans cette ville depuis longtemps. J’ai rencontré ma femme à Las Vegas et nous restons ici tous les étés.»

Une bonne base

Engelland a tenté de décrire les deux mondes entre les Wranglers et les Golden Knights.

«Je ne peux pas faire une comparaison entre les deux, a-t-il répliqué. Pour un marché de la ECHL, nous nous débrouillions assez bien. Nous avions des foules d’environ 5500 partisans, nous étions dans le top cinq du circuit. C’était assez bon. Nous savions qu’il y avait une base de partisans de hockey.»

Le numéro 5 des Golden Knights a une bonne mémoire et il n’a pas exagéré les chiffres. Selon le site de la ECHL, les Wranglers attiraient des foules moyennes de 4981 spectateurs en 2003-2004 et de 5193 en 2004-2005.

Même s’il y avait un intérêt pour le hockey, la LNH restait un projet impensable.

«À cette époque, je n’ai jamais cru qu’un jour il y aurait une équipe de la LNH à Vegas, a mentionné Engelland. Je n’y pensais pas. Et quand tu considères les paris et les casinos dans cette ville, tu crois que c’était impossible de voir une équipe de la LNH s’y établir. Il n’y avait aucune équipe d’un sport majeur à Vegas avant la LNH. Quand Bill Foley a fait les premiers pas pour la vente des abonnements saisonniers, nous avons rapidement compris que ça devenait du sérieux et qu’il y avait un désir fort d’attirer une équipe.»

Soudés par la tragédie

Engelland, l’un des six cocapitaines de l’équipe, porte fièrement les couleurs des Knights. S’il est un membre clé de l’unité de défenseurs de Gerard Gallant avec un temps de jeu moyen supérieur à 22 minutes, il représente aussi un bon ambassadeur pour cette équipe d’expansion.

Au premier match de l’année à Vegas, Engelland a pris le micro pour livrer un discours émotif dans la foulée de la tragédie du 1er octobre à l’hôtel Mandalay Bay.

«J’étais tellement nerveux de parler devant une grosse foule, mais je l’ai fait avec mon cœur, a-t-il dit. La tragédie a soudé l’équipe et la communauté. Je parle encore à des personnes qui ont travaillé dans les heures après la fusillade, des policiers, ambulanciers ou médecins. Le Vegas Strong n’est pas juste un slogan, c’est une façon de nous relever et de nous tenir debout contre des atrocités.»