Crédit : Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE

Séries 2018

Finale de 1998: souvenir douloureux pour Juneau

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Contrairement à celle des Golden Knights de Vegas, l’ascension des Capitals de Washington vers les sommets de la Ligue nationale de hockey (LNH) fut longue et laborieuse.

Ils ont mis 24 saisons à atteindre leur première finale de la Coupe Stanley. Cette finale expéditive de 1998, Joé Juneau se rappelle avoir à peine eu le temps de la savourer.

Face à la grosse machine des Red Wings de Detroit, le Québécois et ses coéquipiers s’étaient inclinés en quatre rencontres. C’était alors la quatrième fois de suite que la ronde ultime était le théâtre d’un balayage. L’année précédente, ces mêmes Red Wings avaient fait le coup aux Flyers de Philadelphie.

«On avait fondé beaucoup d’espoir sur l’un de nos trios pour contrer celui de Sergei Fedorov. On avait établi un plan de match avec Esa Tikkanen et quelques défenseurs. Ça a complètement dérapé», s’est souvenu Juneau, en entrevue téléphonique avec «Le Journal de Montréal».

En fait, même si les Capitals étaient parvenus à museler l’attaquant russe, les Red Wings avaient les mains pleines avec les Steve Yzerman, Nicklas Lidstrom, Igor Larionov, Larry Murphy, Brendan Shanahan ainsi qu’avec les jeunes Martin Lapointe et Tomas Holmstrom.

Deux revers difficiles à avaler

D’ailleurs, les Capitals ont été à même de constater la force de frappe de leurs adversaires lors du deuxième match.

Détenant des avances de 3-1 et de 4-2 au cours du troisième vingt, les champions de l’Est ont vu leurs rivaux renverser la vapeur pour finalement l’emporter 5-4 en prolongation.

Une défaite signifiant ni plus ni moins que le début de la fin.

«Nous avions joué deux superbes parties à Detroit, que nous aurions pu gagner, mais nous étions revenus à Washington en arrière 0-2 dans la série. Déjà là, l’ambiance était étrange. Ce n’était plus la même chose, a raconté le joueur le plus prolifique des Capitals lors de ce printemps. Puis, dès le début du troisième match [à la 35e seconde], les Wings ont marqué. À partir de ce moment-là, c’était fini.»

Trois jours plus tard, les Red Wings soulevaient la coupe Stanley pour une deuxième année de suite.

«Un printemps incroyable»

Si Juneau ne garde pas un bon souvenir de cette finale (il n’a jamais revisionné les matchs), il est tout de même fier du parcours de son équipe. Un peu à l’image du Canadien de Montréal de 1986, les Capitals avaient vu le chemin jusqu’à la grande finale s’ouvrir devant eux.

Quatrièmes de l’Association de l’Est, les Capitals s’étaient retrouvés favoris après les éliminations des Devils du New Jersey (premiers), des Penguins de Pittsburgh (deuxièmes) et des Flyers (troisièmes) dès le premier tour. Pour atteindre la finale, les Capitals s’étaient défaits des Bruins de Boston, des Sénateurs d'Ottawa et des Sabres de Buffalo qui, à l’époque, comptaient sur les acrobaties de Dominik Hasek.

« Ce fut un printemps incroyable, a assuré Juneau, qui allait retourner en finale l’année suivante avec les Sabres [le fameux but de Brett Hull avec le patin]. À un certain moment, on ne comptait plus les victoires qu’on accumulait, mais bien celles qui nous séparaient de la coupe Stanley.»

Le décompte s’est finalement arrêté à quatre.

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«L’équipe la plus complète avec laquelle j’ai joué» - Juneau

Si les Red Wings de 1998 misaient sur une force de frappe impressionnante, les Capitals présentaient une formation lourde et expérimentée, typique des années 1990.

«C’est probablement l’équipe la plus complète avec laquelle j’ai joué dans ma vie», a soutenu Joé Juneau qui, en 12 saisons complètes dans la LNH, a évolué pour six formations, dont le Canadien.

Le travail de David Poile au cours des années précédentes avait permis de mettre la main sur des joueurs comme Adam Oates et Bill Ranford. Puis, George McPhee, embauché au terme de la saison 1996-1997, avait complété le travail en ajoutant des joueurs qui avaient déjà gagné la coupe Stanley, tels Esa Tikkanen et Brian Bellows.

« En attaque, [Peter] Bondra et [Michal] Pivonka, jamais reconnus comme des joueurs de séries, avaient connu un bon printemps. Notre troisième trio, qui faisait un boulot extraordinaire contre les attaquants adverses, était formé, entre autres, de Tikkanen.»

Et que dire du quatrième trio, avec Dale Hunter au centre, flanqué de Craig Berube et de Chris Simon ?

«Il n’y a pas beaucoup de monde qui voulait être sur la glace en même temps qu’eux», a lancé Juneau.

On peut les comprendre.

Marquer au bon moment

Pour sa part, l’attaquant de Pont-Rouge jouait en compagnie d’Oates et de Bellows.

«Ça avait très bien été pour nous. L’important, ce n’est pas d’avoir marqué beaucoup de buts. C’est plutôt de les avoir inscrits dans des moments importants.»

Là-dessus, Juneau peut dire «mission accomplie». Sur les sept buts qu’il avait inscrits au cours de ce parcours de 21 rencontres, quatre s’étaient avérés des buts gagnants, dont deux marqués en prolongation.

D’ailleurs, Juneau avait propulsé les Capitals en finale, en déjouant Dominik Hasek dans la prolongation du sixième match. Un but qu’il avait lui-même prédit quelques instants auparavant.

« En défense, on n’avait pas trop, trop de lacune. On avait [Mark] Tinordi, Côté [Sylvain, échangé à Toronto à la date limite des transactions], [Calle] Johansson et Phil Housley.»

Une formation habilement complétée par Olaf Kolzig. Le gardien allemand allait remporter, deux ans plus tard, le trophée Vézina.