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Séries 2018

La bonne attitude

La bonne attitude

Renaud Lavoie

Publié 07 mai 2018
Mis à jour 07 mai 2018

Lors de son point de presse à la fin de la saison, Marc Bergevin a insisté sur l’importance d’un changement d’attitude de son équipe la saison prochaine.

C’est une remarque très juste parce que, sans la bonne attitude, les chances d’avoir du succès apparaissent quand même très minces.

Chez les Capitals de Washington, par exemple, on sent un réel vent de changement dans le vestiaire de cette équipe.

Est-ce que ce sera suffisant pour battre les Penguins en deuxième ronde, rien n’est plus sûr. Mais on sent une plus grande unité chez les joueurs et la pression est aussi bien différente.

Addition par soustraction

Braden Holtby résume le mieux le changement de culture qui s’est imposé chez les Capitals. «On est passés d’une équipe qui devait gagner à une équipe qui veut gagner», souligne le gardien de but des Capitals.

Pourquoi les attentes étaient-elles différentes au cours des dernières années?

C’est très simple. Il y avait plus de vétérans dans l’équipe et il y a eu un vent de fraîcheur qui s’est installé lorsque des joueurs comme Marcus Johansson, Justin Williams, Daniel Winnik, Nate Schmidt et Karl Alzner ont quitté l’organisation après la dernière saison.

«Ce n’est pas parce que c’était de mauvais joueurs ou de mauvaises personnes, mais ceux qui sont partis ont été remplacés par des joueurs qui n’ont pas connu ce que c’était avant ici», souligne Brooks Orpik.

«Des joueurs comme Alex Chiasson et Devante Smith-Pelly sont arrivés et ont changé l’atmosphère dans ce vestiaire. C’est simple : avant, lorsqu’on gagnait, on n’était pas nécessairement contents parce qu’on devait toujours gagner. Aujourd’hui on apprécie beaucoup plus chaque victoire. Ce n’est pas facile de gagner dans cette ligue, tu sais !»

Attentes différentes

Que ce soit Brooks Orpik ou Braden Holtby, les deux soulignent que le départ de plusieurs vétérans de l’équipe a fait en sorte que la pression est devenue différente.

Au début de la saison, bien des joueurs croyaient qu’ils allaient batailler jusqu’à la toute fin pour s’assurer une place en séries. Évidemment, ce n’est pas ce qui est survenu alors que les Capitals ont terminé au premier rang de la division Métropolitaine.

Selon T.J. Oshie, le changement d’attitude se retrouve surtout dans la façon dont les Capitals jouent, contrairement aux dernières années. «Notre attitude maintenant est la suivante : on veut gagner coûte que coûte, peu importe ce que ça prend. Ça veut dire qu’on bloque beaucoup plus de tirs et qu’on élimine au maximum les retours de tirs. Ça fait en sorte que tout le monde se sacrifie pour le bien de tous.»

Du plaisir à l’entraînement

Même si le calendrier est chargé en séries, l’entraîneur-chef des Capitals, Barry Trotz, souhaite absolument que tous ses joueurs se retrouvent sur la glace le matin de chaque match.

Pas pour travailler sur des détails à améliorer dans le match disputé en soirée, mais pour s’assurer que la journée parte du bon pied. Et depuis le troisième match en première ronde à Columbus, l’entraînement matinal ne commence pas tant et aussi longtemps que Jay Beagle ne saute pas sur la glace pour faire un tour de piste à un train d’enfer. Au grand plaisir de tous ses coéquipiers.

«Je dois maintenant passer beaucoup de temps à me réchauffer le matin pour m’assurer de ne pas me blesser à l’aine, me lance Jay Beagle avec le sourire aux lèvres. Mais depuis qu’on fait ça à l’étranger, on a perdu un seul match en cinq rencontres, donc ça fonctionne.»

Évidemment, il est beaucoup plus facile d’avoir du plaisir et une bonne atmosphère lorsque votre équipe connaît du succès.

Reste que Marc Bergevin sait de quoi il parle: il est impossible de gagner dans le hockey si chaque personne a son propre agenda ou si vous arrivez à l’aréna avec une mauvaise attitude.

Une équipe fatiguée

Personne n’en parle ouvertement chez les Penguins, mais des questions se posent sur le rendement de cette équipe. Lundi soir, elle disputera son 61e match en séries au cours des trois dernières années. C’est énorme. L’équipe qui en a disputé le plus derrière les Penguins durant cette séquence sont les Predators (47 avant le match de lundi soir) et eux aussi sont à un match de se faire éliminer. Les Penguins ont souvent eu les devants dans cette série face aux Capitals, mais ils ont eu beaucoup de difficultés à conserver une avance, contrairement à ce qu’on a connu au cours des deux dernières années à Pittsburgh. La fatigue ne se fait pas toujours sentir dans le coup de patin des joueurs, mais souvent dans la prise de décisions. Et malheureusement pour les joueurs des Penguins, le gardien Matt Murray n’a pas encore volé un seul match dans cette série.

La soupe chaude

S’il y a un sujet de conversation présentement dans la LNH, à l’exception des lichettes de Brad Marchand, c’est la qualité de l’arbitrage en séries. Celle entre les Bruins et le Lightning a été particulièrement difficile avec des décisions douteuses, soir après soir. Il faut dire que lorsqu’un géant comme Zdeno Chara tombe sur la glace après que Tyler Johnson eut placé son bâton sur sa cuisse dans le match numéro quatre, les arbitres se font prendre par quelqu’un qui a toujours été reconnu pour jouer de la bonne façon. Pas cette fois. Aujourd’hui les arbitres se font critiquer s’ils ne voient pas un bâton toucher la main de l’adversaire. Il y a quinze ans, les arbitres rangeaient leurs sifflets en séries et donnaient des pénalités uniquement sur des coups vicieux.

Dossier chaud

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