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Europe

Euro 2020: pour vivre un autre «moment Poborsky»

Euro 2020: pour vivre un autre «moment Poborsky»

Vincent Destouches

Publié 04 mai 2018
Mis à jour 04 mai 2018

TVA Sports vient de frapper un grand coup en nous offrant la possibilité de vivre ensemble l’Euro 2020. Le soccer, c’est de l’émotion à partager, et je suis extatique de le faire en votre compagnie.

À titre personnel, ce sera ma première compétition internationale en tant qu’analyste. Et très sincèrement, je n’aurais pu demander mieux que ce tournoi qui rassemble les 24 meilleures sélections du continent qui m’a vu naître.

De Laurent Blanc à Gennaro Gattuso, nombre d’athlètes d’exception ont affirmé par le passé qu’il était plus difficile de gagner un Euro qu’une Coupe du monde, tant la compétition est dense, et ce, dès la phase de groupes. Un Euro, c’est toujours la promesse de grands matchs!

Cet Euro-là est particulièrement intéressant de par sa nature : pour la première fois, il n’y aura pas de pays hôte. Les 51 matchs de ce tournoi seront disputés dans 12 villes différentes à travers l’Europe. Du 12 juin au 12 juillet 2020, c’est tout un continent qui vibrera au rythme du ballon rond.

Des héros à la pelle

Dans la routine d’une saison de championnat, il y a un tas d’histoires, de buts qui se perdent, car il n’y a pas le couperet de l’élimination. Le verdict ne tombe qu’en fin d’année, au moment de faire les comptes au classement.

C’est pour cela que les matchs de coupe ont une magie particulière. L’urgence de gagner donne de la valeur, autant sportive qu’émotionnelle, à chaque réalisation.

Le meilleur exemple montréalais est le but de Cameron Porter dans le temps additionnel, en quart de finale de la Ligue des champions de la Concacaf, en 2015. Le geste juste dans un moment de haute tension, et soudainement, la délivrance. Un moment en dehors du temps.

Imaginez maintenant réaliser un geste de cette importance sur une scène de la dimension d’un Euro...

Au sommet du soccer européen, où le niveau est si élevé et l’écart parfois si mince, chaque nation a besoin d’un héros. Et l’Euro a su créer des héros comme aucune autre compétition.

Si vous parlez à des Allemands, ils vous raconteront le but en or d’Oliver Bierhoff, lors de la finale de l’Euro 1996. Les Français, eux, vous rabattront les oreilles avec celui de David Trezeguet en 2000. Les Espagnols vous chanteront le but vainqueur de Fernando Torres en 2008. Et les Portugais pleureront encore de joie en se souvenant du but d’Eder, synonyme de trophée en 2016.

Mon «moment Poborsky»

Maintenant, si vous me demandez, c’est de Karel Poborsky dont j’aurais envie de vous parler. En 1996, ce Tchèque s’est assuré de l’immortalité footballistique en venant marquer un but qui restera dans les annales.

Nous sommes en quart de finale, et la République tchèque affronte le Portugal. Les Tchèques souffrent devant les assauts de Joao Pinto, Luis Figo et Fernando Couto. Et, en début de deuxième mi-temps, après un contre favorable, Poborsky pénètre dans la surface de réparation de Vitor Baia.

Un joueur lambda aurait tiré, tout simplement. Mais pas un joueur de la trempe de Poborsky. Lui a préféré passer ses crampons sous le ballon, caressant le cuir pour venir le lever au-dessus du gardien qui venait à sa rencontre. Dans le jargon, on appelle ça une «louche». Résultat : but. Le seul du match.

Comme des millions de gens, j’ai pris une énorme claque ce jour-là. C’était plus que du foot. C’était voir un génie à l’œuvre, un artiste en plein travail. Réaliser ce geste dans une telle échéance, c’était simplement exceptionnel.

Cet été-là, Poborsky a signé à Manchester United. Et des enfants partout dans le monde ont travaillé leur «louche».

L’été 2020 est encore loin, mais je nous souhaite de vivre d’autres «moments Poborsky», qui nous font encore vibrer 22 ans après, et qui inspirent des générations de jeunes joueurs.