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Crédit : AFP

Séries 2018

Jets: des succès acquis à la dure

Jets: des succès acquis à la dure

Michel Godbout

Publié 03 mai 2018
Mis à jour 03 mai 2018

Lorsqu'on regarde le succès obtenu par les Jets dans les séries et en saison régulière, les comparaisons sont évidentes avec les Golden Knights de Vegas. Mais c’est la route pour s’y rendre qui a été complètement différente.

Si Vegas connaît un succès instantané, la formation du Nevada le doit beaucoup à la LNH et Gary Bettman qui a tout orchestré pour lui permettre de bénéficier de conditions plus que favorables pour connaître du succès. Mais Vegas a bien fait son travail en coulisses et a su soutirer de grands talents aux autres équipes de la LNH.

En comparaison avec les Jets version 2.0, c’est un monde de différence.

Il faut remonter aux origines des Jets, à Atlanta, pour comprendre à quel point la côte était abrupte pour l’équipe qui devait éventuellement aboutir au Manitoba.

À l’époque, les Thrashers faisaient partie d’un plan d’expansion conçu par Gary Bettman pour augmenter le nombre d’équipes au sud de la frontière canadienne, des marchés remplis de potentiel.

Le tout commence en 1998 avec l’arrivée des Predators de Nashville, suivrait dans l’ordre Atlanta en 1999. Columbus et Minnesota sont arrivés pour la saison 2000-01.

Un peu comme ce fut le cas avec Vegas, les équipes existantes (sauf Nashville, exempt du processus) pouvaient protéger un certain nombre de joueurs selon les formules établies par la LNH. Les Thrashers pouvaient donc composer leur équipe avec les joueurs restants. Des 26 joueurs réclamés par le directeur général Don Waddell, très peu ont connu d’illustres carrières, les noms les plus connus étaient Darryl Shannon, Kelly Buchberger et Jody Hull.

Il y a eu quelques bons moments au cours des saisons suivantes avec l’arrivée de véritables vedettes comme Dany Heatley et Ilya Kovalchuk. L’équipe s’est qualifiée pour les éliminatoires une seule fois, lors de la campagne de 2006-2007, mais le rêve s’est terminé en quatre matchs.

Le déménagement vers Winnipeg n’apportait pas une équipe très douée à la ville canadienne des vents. Mais il y avait un peu d’espoir avec des joueurs comme Bryan Little et Evander Kane. Par pure coïncidence, Rick Dudley, l’ancien bras droit de Marc Bergevin, a conclu quelques bonnes transactions à la fin de son règne comme DG des Thrashers en obtenant notamment Dustin Byfuglien et Blake Wheeler. Le reste de l’organigramme à été bâti de toutes pièces par le nouveau DG, Kevin Cheveldayoff. Sa philosophie était de bâtir son équipe par le repêchage et cela lui a permis au fil des années de dénicher des talents à faire rêver une équipe comme le Canadien. Qui ne prendrait pas Mark Scheifele, Patrik Laine, Nikolaj Ehlers, Kyle Connor ou Jacob Trouba dans son équipe?

Tout ça a pris du temps, mais surtout de la vision et à ce chapitre, Cheveldayoff peut dire qu’il a vu juste. La vision qu’il avait pour les Jets version 2.0 pourrait bien éliminer les Predators, pourtant de sérieux prétendants à la Coupe Stanley.

L’exploit du DG a aussi permis de redonner les lettres de noblesse à la ville de Winnipeg comme étant une véritable ville de hockey. Une bonne équipe avec de bons partisans, c’est attirant pour des joueurs qui cherchent une nouvelle destination. Ça aide drôlement quand on est en compétition avec des villes comme Las Vegas.

Est-ce dire que les Jets deviendront une destination de choix pour les joueurs autonomes? Peut-être pas dans l’immédiat, mais parions que s’ils poursuivent leur route vers la Coupe, la destination devient pas mal plus intéressante.

Sinon, ce n’est pas grave, les Jets ont bâti leur équipe avec des joueurs qu’ils ont choisis eux-mêmes et le résultat est fort concluant.