Crédit : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Impact de Montréal

Impact: une défaite qui soulève des questions

Impact: une défaite qui soulève des questions

Fréderic Lord

Publié 23 avril 2018
Mis à jour 23 avril 2018

Les partisans de l’Impact sont des gens passionnés. C’est la rançon de la gloire pour un club qui trouve sa place dans le cœur des Québécois.

À la suite de la défaite face au LAFC, l’enthousiasme a vite fait place à la colère. Et le soleil des derniers jours n’agit pas comme baume, mais plutôt comme projecteur sur les déboires du Bleu-Blanc-Noir.

Peut-on tirer des conclusions du dernier match? Pour le moment, ce sont des questions qui rythment le quotidien du club.

Est-il trop tôt pour paniquer?

La saison n’est vieille que de sept matchs. Statistiquement, je pourrais vous trouver une dizaine d’exemples et de contre-exemples qui confortent les opinions de chacun.

De ce que je peux constater, c’est que l’approche du groupe de Rémi Garde est méthodique et réfléchie. Je le constate dans son rapport à la presse, aux joueurs et aux adversaires. La moindre des choses, c’est de leur donner le temps.

À ce titre, un entraîneur comme Patrick Vieira a pris quelque temps pour apprivoiser les subtilités de la MLS. Et les partisans du NYCFC sont récompensés cette saison.

Comme le veut l’adage, la Roma ne s’est pas construite en un jour...

L’Impact est-il à ce point en bonne forme physique?

Au cours des deux dernières rencontres au New Jersey et à Montréal, l’Impact a semblé amorphe en deuxième mi-temps.

Une question de caractère, d’attitude, de forme physique? Un mélange de toutes ces réponses?

C’est un cliché, mais il est inconcevable pour une équipe de perdre si rapidement une avance de deux buts, même réduit à 10 joueurs.

En début d’année, on faisait des gorges chaudes du travail fait en présaison, lançant inévitablement le personnel précédent «sous l’autobus».

Bref, les entraîneurs changent, le problème reste.

Qu’en est-il du recrutement?

Pour nombre de raisons, le recrutement de l’entre-saison a connu du retard. Alejandro Silva et Rudy Camacho sont encore en train de s’intégrer à cette équipe... au moment où des Felipe Gutiérrez, Jesus Medina ou autre Cristian Penilla rendent déjà leur club meilleur.

En ce sens, quelle évaluation peut-on en faire?

L’échange Ciman? Jukka Raitala ne joue pas à sa position depuis le début de la saison et Raheem Edwards n’est pas utilisé dans un schéma à trois défenseurs... quand bien même il a contribué aux succès d’une des meilleures équipes de l’histoire dans cette même formation.

Jeisson Vargas? Un projet, mais à quelle position? Sûrement pas comme attaquant pour toute une saison. Il n’est pas non plus la contrepartie de Saphir Taïder au milieu. Un ailier? À la place de Nacho Piatti ou Ale Silva?

Et comment se fait-il que le club soit encore pris avec Matteo Mancosu et Dominic Oduro? Rien contre ces joueurs, mais ils semblent difficiles à intégrer dans les plans de Garde.

Mancosu qui, dans un «contexte budgétaire» comme celui de la MLS, gagne autant que des Hector Villalba, Kei Kamara ou Graham Zusi.

Je sais que pour le joueur, c’est injuste de comparer les salaires. Mais depuis le temps que l’on nous rabat que le sport est une business...

Au final, on constate que l’Impact a eu beaucoup de succès à recruter des joueurs désignés de talent. Mais est-ce que Marco Di Vaio était un joueur pour les visées de Jesse Marsch? Est-ce que les qualités de Didier Drogba ont été pleinement exploitées dans le système de Mauro Biello? Est-ce que Piatti est un joueur pour les principes de jeu de Garde?

C’est une chose que de savoir reconnaître le talent, c’en est une autre que de savoir assembler une équipe.