SPO-ARMADA-LHJMQ-FOREURS

Crédit : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Canadiens de Montréal

Le CH ne peut échapper Alexandre Alain

Publié | Mis à jour

Après avoir échappé Alex Barré-Boulet, le Canadien ne peut se permettre de laisser filer l’attaquant québécois Alexandre Alain. L’organisation est bien au fait de cette opportunité qui évolue à une quarantaine de kilomètres du Centre Bell.

Le vétéran et capitaine de l’Armada de Blainville-Boisbriand avait participé au camp des recrues du CH à Toronto l’automne dernier avant d’être rétrogradé chez les juniors sans avoir eu la chance de se faire valoir parmi les grands. Par la suite, il n’avait reçu aucune offre de l’organisation même s’il avait fait bonne figure.

À sa dernière saison dans la LHJMQ, le patineur de 20 ans a connu sa meilleure récolte. Disant vouloir s’amuser et savourer pleinement ses derniers moments, sa production de 44 buts et 87 points lui a permis de terminer au troisième rang des meilleurs marqueurs du circuit. C’était donc la bonne recette pour connaître du succès.

Avec son compagnon de trio, Barré-Boulet, il a fait la pluie et le beau temps durant tout l’hiver. L’un ne produisait pas sans l’autre. Alors qu’il l’a vu apposer sa griffe au bas d’un contrat professionnel avec le Lightning de Tampa Bay au début de mars, il attend toujours patiemment son tour.

Connaissant son potentiel, près d’une dizaine d’équipes de la LNH espèrent l’enrôler dans leurs rangs, selon les informations recueillies par «Le Journal de Montréal» mercredi. Le Canadien serait du lot. Reste maintenant à savoir ce que le directeur général Marc Bergevin pourrait lui offrir comme type de contrat.

«Je joue sans pression. J’espère faire ouvrir les yeux des gens. Je suis un joueur complet amenant de l’énergie. C’est certain que je souhaiterais jouer pour le Canadien, c’est l’équipe de mon enfance. Mais rendu à ce niveau, il faut prendre la meilleure opportunité.»

Son fidèle compagnon de jeu et son entraîneur-chef, Joël Bouchard, sont catégoriques. Ils voient tout son potentiel puisqu’il a toujours eu une progression constante.

«Les équipes le connaissent, elles en parlent, je ne suis pas stressé, quelque chose de bien va lui arriver», a fait savoir Bouchard, qui a reçu de nombreux appels à propos de son capitaine.

Polyvalent

Selon des dépisteurs sondés, Alain serait très utile à une formation de la Ligue américaine. Certains le voient même grimper dans la LNH un jour afin d’évoluer sur une troisième ou quatrième unité offensive.

«Je l’ai recommandé pour un contrat à deux volets, a signalé l’un d’eux. Cette année, ses performances ont fait en sorte qu’il n’a pas arrêté de me sauter en plein visage. Il est rapide et habile. Je serais prêt à investir du temps et de l’argent en lui offrant un contrat professionnel. J’en serais très heureux. J’estime qu’il a toute la volonté nécessaire pour se rendre dans la LNH. Il est intelligent, il prendra sa place dans une équipe.»

Ce même dépisteur, confiant que son organisation saura l’attirer, a même poussé la note en reconnaissant qu’il aurait davantage recommandé Alain à Barré-Boulet, si le second était toujours libre.

«Pour l’ensemble de l’œuvre, son éthique de travail et sa capacité à atteindre ses objectifs, on ne peut demander plus avec Alain», a-t-il expliqué.

Rien de fixé

Dans le clan du vétéran de 20 ans, on ne veut pas s’emballer trop rapidement. Son agent, Olivier Fortier, sent l’intérêt. Le sort de son client n’est toutefois pas encore fixé.

À l’aube de la demi-finale dans la LHJMQ, Alain ne se préoccupe pas de sa destinée même s’il figure dans les plans de plusieurs clubs. Ses performances en séries éliminatoires (17 points en 11 matchs) en plus des 87 points affichés au tableau en saison régulière l’aideront dans ses négociations.

«Quand il est question d’un joueur de 20 ans, ce n’est pas facile de signer un contrat sur un plateau d’argent. Ça ne va pas toujours au mérite, a-t-il prévenu. Il a participé à trois camps professionnels [Anaheim, Tampa Bay et Montréal]. Il n’est pas passé inaperçu puisqu’il a toujours été considéré comme un espoir professionnel.»

Fortier milite pour un contrat de la LNH. Il est d’ailleurs déjà passé par là avec Antoine Roussel et Frédérick Gaudreau, deux joueurs n’ayant jamais été repêchés par une formation du circuit Bettman.

Sur les traces de Duvernay-Tardif

Alexandre Alain a une carte intéressante dans sa poche arrière. Avec des habiletés aussi techniques sur la patinoire qu’intellectuelles sur les bancs d’école, il se dirige vers des études en médecine à l’université.

Il pourrait bien faire comme le garde québécois des Chiefs de Kansas City dans la NFL, Laurent Duvernay-Tardif : allier le sport professionnel et la médecine.

L’étudiant par excellence dans la LHJMQ a commencé à s’y intéresser en février 2013 quand on lui avait diagnostiqué une tumeur à la moelle épinière. Alors âgé de 15 ans, il avait subi une opération. Les tests avaient révélé une tumeur bénigne. Il avait néanmoins dû se soumettre à des traitements de radiothérapie. Cette épreuve difficile à l’adolescence avait ralenti sa progression sur la glace.

«J’avais réalisé que je voulais faire carrière dans le réseau de la santé. Heureusement, je ne garde aucune séquelle de cet épisode. Ça m’avait permis de me dire que je dois profiter de la vie. Ça m’a rendu plus fort.»