Canadiens de Montréal

Canadiens: rien de rassurant

Canadiens: rien de rassurant

José Théodore

Publié 10 avril 2018
Mis à jour 10 avril 2018

Attitude et transparence. Voilà les deux mots que nous avons entendus le plus souvent lors du point de presse de Marc Bergevin et de Geoff Molson. Je n’ai toutefois rien entendu de rassurant.

Apparemment, même l’arrivée de nouveaux joueurs ne changera rien la saison prochaine si l’attitude ne change pas dans le vestiaire. On veut bien croire que l’attitude sera meilleure et que l’équipe sera plus transparente, mais êtes-vous rassurés? Moi, non.

Je ne m’attendais pas à de grandes révélations dans ce point de presse qui fut une opération charme, autant de la part de Molson que de Bergevin. Apparemment, ce sera plus agréable d’aller au Centre Bell, la saison prochaine, le coût des billets n’augmentera pas et il y aura plus de plats au menu dans les concessions. Bravo!

Je suis bien d’accord à savoir qu’il y a eu un problème d’attitude, cette saison, mais tout part d’en haut. Bergevin est en grande partie responsable de ce problème et la solution devra venir de lui. Le fait qu’il ait échappé Alexander Radulov et Andreï Markov, l’été dernier, a scié les jambes de quelques vétérans, et on connaît la suite. L’équipe n’a jamais pris son erre d’aller.

C’est à Bergevin de régler ce problème d’attitude et apporter un nouveau souffle à l’équipe, soit par le biais des transactions, soit avec la mise sous contrat de joueurs autonomes d’impact.

Bergevin ne voulait pas trop parler parce que, disait-il, il était en compétition avec d’autres équipes. On a tous compris qu’il parlait de John Tavares. C’est le genre d’acquisition qui fouette une équipe, mais ne pariez pas votre chemise que Tavares choisira Montréal.

Je m’attends à ce que Max Pacioretty soit échangé et j’espère que le retour plaira à Carey Price, Shea Webe , Brendan Gallagher et compagnie.

Il y a deux bonnes nouvelles qui n’ont pas été annoncées, mais qui vont de soi. D’abord, l’équipe ne pourra être pire et puis, plusieurs joueurs auront des choses à prouver, dont Price et Weber.

Erreurs d’évaluation

C’est justement la différence entre une équipe comme les Golden Knights et celle des Canadiens. Tous les joueurs et dirigeants de Vegas ont été rejetés, à commencer par le directeur général et l’entraîneur, Gerard Gallant. Ils ont connu une saison du tonnerre parce qu’ils étaient en mission. Ils avaient quelque chose à prouver.

Les erreurs d’évaluation du passé doivent aussi servir de leçon. Carey Price a déjà faussé les données, mais Bergevin ne peut plus se contenter de dire que tant qu’il a Price, «il est en affaires». En fait, la relance du Tricolore passe par Price qui doit revenir à son niveau de jeu, ainsi qu’à Bergevin qui doit trouver les bons éléments.

Le caractère de Price

Bergevin nous a avoué que Price lui rappelait son grand ami, Mario Lemieux, et qu’il était plus émotif qu’il ne le laissait paraître. Le gardien des Canadiens a d’ailleurs démontré une certaine sensibilité lors du dernier match local, mardi, alors que les partisans l’ont chaleureusement applaudi à son 557e match dans l’uniforme du Bleu-Blanc-Rouge, battant ainsi le record de Jacques Plante.

C’était bien de voir Price réagir ainsi, mais il m’a grandement déçu à sa dernière rencontre avec la presse. J’aurais aimé qu’il me rassure et qu’il dise qu’il avait hâte de se racheter, la saison prochaine, qu’il reviendrait avec le couteau entre les dents, déterminé à emmener le Tricolore en séries éliminatoires. C’est ce que j’avais fait après ma saison décevante de 2002-2003. Price a plutôt dit qu’il était heureux que la saison soit terminée. Je sais bien que, tout comme Mario Lemieux, il n’est pas un grand parleur, mais quand même. J’aurais voulu sentir plus de caractère de sa part. J’aurais voulu qu’il lance un message. Non, il n’y a vraiment rien qui m’a rassuré, hier.

Les séries dans l’Ouest

Les séries éliminatoires promettent d’être excitantes, autant dans l’Ouest que dans l’Est. J’aime bien l’Avalanche du Colorado, mais la profondeur et l’expérience des Predators de Nashville leur donneront la victoire en six parties. J’aime bien Pekka Rinne.

Les Jets de Winnipeg seront l’équipe Cendrillon dans l’Ouest et ils auront raison du Wild du Minnesota en cinq parties. Ils sont jeunes, ils ont des choses à prouver et ils ont un bon leadership, à commencer par Blake Wheeler. J’aime beaucoup leur jeune gardien Connor Hellebuyck.

Les Golden Knights de Vegas ont surpris tout le monde cette saison et il n’y a aucune raison de croire qu’ils vont lever le pied dans les séries. Les Kings de Los Angeles seront toutefois coriaces et ça ne sera pas du gâteau. Je choisis les Golden Knights en sept parties. Marc-André Fleury connaît ça les séries.

Les Sharks de San Jose disposeront des Ducks d’Anaheim en cinq parties en raison de Martin Jones et de leur expérience des séries. Ils ont atteint la finale en 2016.

Prédictions dans l’Est

Les Maple Leafs de Toronto battront les Bruins de Boston en six parties. Le gardien des Leafs, Frederik Andersen, veut prouver qu’il appartient à l’élite. La force de frappe des Leafs est impressionnante et l’expérience de Patrick Marleau les servira.

Impossible de parier contre les Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Matt Murray et les Penguins de Pittsburgh qui l’emporteront en cinq parties sur les Flyers de Philadelphie, qui peuvent toutefois surprendre.

Je n’ai pas le choix de favoriser les Capitals de Washington et mon ami Alexander Ovechkin en sept parties contre les Blue Jackets de Columbus même s’il y a un point d’interrogation devant le filet. Sergei Bobrovsky n’a rien prouvé en séries.

Je prédis une victoire en sept parties du Lightning de Tampa Bay sur les Devils du New Jersey en raison de leur force de frappe.

Une finale canadienne?

Pour la grande finale, j’ose prédire un duel canadien entre les Jets et les Maple Leafs ! Qu’en dites-vous ? Ce serait fantastique.

Les trophées

Taylor Hall gagnera le trophée Hart; Pekka Rinne le Vézina; Victor Hedman, le Norris; Mathew Barzal, le Calder. Le directeur général et le coach de l’année seront George McPhee et Gerard Gallant, des Golden Knights.