Canadiens de Montréal

Canadiens: «J'ai mal au coeur»

Canadiens: «J'ai mal au coeur»

José Théodore

Publié 20 février 2018
Mis à jour 20 février 2018

La pire chose à voir au hockey, c’est une équipe qui accepte la défaite. C’est triste à dire, mais les Canadiens en sont rendus là et ça me fait mal au cœur.

J’ai rarement vu une équipe abandonner de cette façon et c’est la preuve que ça prend un coup de théâtre, un changement de mentalité et pourquoi pas un grand ménage.

Lorsque j’analyse les décisions prises dernièrement, ce sont celles d’une équipe qui a jeté l’éponge.

Il n’y a que trois joueurs dans cette formation qui ont été des points positifs cette saison. Ce sont Nicolas Deslauriers, Brendan Gallagher ainsi que le jeune Victor Mete. Tous les autres joueurs ont été des déceptions, mais on a trouvé le moyen de retrancher Deslauriers de la formation la semaine dernière. C’est quoi le message? D’autres joueurs auraient mérité d’être sur la passerelle.

Je m’attends à une transaction-choc imminente de la part de Marc Bergevin, mais ça va prendre plus que ça. Il y a des failles dans le système de recrutement et de développement. Tout est à revoir, y compris le travail de Bergevin et de ses adjoints qui le conseillent.

Claude Julien est en poste pour longtemps, mais est-ce que son groupe d’adjoints doit rester intact? L’entraîneur des gardiens, Stéphane Waite, a relancé Carey Price lorsqu’il est arrivé à Montréal, mais cette saison, il n’a pas trouvé le bon bouton. Je suis certain qu’il a discuté avec Price, qu’il a essayé divers exercices, mais ça n’a pas fonctionné. Il a ramené Antti Niemi sur les rails, mais son mandat principal, c’est Price.

Le leadership de Price

Il y a un gros problème de leadership chez les Canadiens et en l’absence de Shea Weber, cette tâche incombait surtout à Price et au capitaine, Max Pacioretty. Or, ce que l’on voit ces temps-ci, c’est de l’indifférence. Est-ce ça le leadership de Price?

Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi Niemi était le gardien partant à Las Vegas ? Je sais que 80 % du temps, Julien se fie à son entraîneur de gardiens pour déterminer qui sera devant le filet.

C’est Price qui aurait dû être devant le filet à Vegas, mais sa famille était avec lui et peut-être qu’il préférait avoir congé. J’espère juste que ce n’est pas Price qui a décidé de prendre congé.

Non seulement Price n’est que l’ombre de lui-même, mais on se demande s’il se sent responsable de la situation actuelle de l’équipe.

On peut blâmer Marc Bergevin pour certaines décisions, mais le joueur de concession, c’est Price. Non seulement connaît-il une saison horrible, mais on se demande si ça le dérange.

Ça prend un Halak

En 2002-2003, je n’ai pas été à la hauteur après avoir gagné le trophée Vézina et le trophée Hart, mais je me sentais coupable et je ne crois pas avoir été aussi mauvais que Price cette année.

J’avais rebondi la saison suivante et j’espère que Price fera de même en 2018-2019. Mais quand je dis que ça prend une nouvelle mentalité à Montréal, ça concerne d’abord Price, qui entamera son nouveau contrat de huit ans.

Price est trop sûr de son poste. Ça lui prendrait un Jaroslav Halak pour le pousser. Avec Al Montoya ou Antti Niemi, la vie est trop facile. Je veux le voir avec un gardien qui peut lui faire compétition. Trop de gens ont une passe gratuite chez les Canadiens, incluant Price et Bergevin.

La guigne du 551e match

Quelle drôle de coïncidence ! En jouant en relève à Antti Niemi, samedi à Las Vegas, Carey Price a rejoint Patrick Roy au deuxième rang pour le plus grand nombre de matchs joués par un gardien des Canadiens avec 551. Il lui en manque cinq pour rejoindre le meneur, Jacques Plante (556). Soyons honnêtes, Price a accompli des choses remarquables à Montréal, mais l’ultime reconnaissance vient avec les performances en séries éliminatoires et les coupes Stanley. Disons que les 551es matchs de Roy et de Price avec le Canadien n’ont pas été leurs meilleurs.