Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens de Montréal

La patience est souvent payante

La patience est souvent payante

Louis Jean

Publié 27 janvier 2018
Mis à jour 27 janvier 2018

Nous vivons dans une ère d’instantanéité avec l’accès à internet et les téléphones intelligents. La patience est un mot dans notre vocabulaire, mais quelque chose que l’on pratique de moins en moins.

C’est comme ça dans la société. C’est comme ça dans la Ligue nationale aussi.

Il y a deux types de patience dans la LNH. La patience des résultats et la patience de l’attitude. Cette dernière est souvent reliée à la maturité.

J’ai eu une discussion intéressante là-dessus avec la super vedette des Stars de Dallas, Tyler Seguin.

«Avant, je jugeais mes performances par mes buts et mes passes. Maintenant, je me pose la question suivante après un match: est-ce que j’ai donné le deuxième et troisième effort? Est-ce que j’ai été bon dans le cercle des mises en jeu? Est-ce que j’ai un différentiel positif ou négatif?»

Lorsque Seguin évoluait avec les Bruins de Boston, il avait la réputation de faire la fête. Il est le premier à reconnaître qu’il ne s’est pas toujours comporté en professionnel.

Aurait-il pu atteindre ce niveau de maturité avec les Bruins? Difficile à dire. Aujourd’hui, il est l’un des joueurs les plus dominants et productifs de la LNH. Les Bruins l’ont laissé partir en raison d’un manque de patience envers l’attitude.

Nathan MacKinnon est un autre cas interessant. Depuis quelques mois, il est le joueur le plus dominant de la ligue.

Mais par moment, on a craint que MacKinnon ne devienne jamais le joueur dominant dans la LNH qu’il était dans les rangs juniors. Il faut féliciter l’Avalanche du Colorado qui n’a jamais perdu patience en lui malgré les épreuves et les embûches. Jamais MacKinnon n’avait marqué plus de 24 buts dans une saison auparavant. Cette année , il pourrait s’approcher du plateau des 100 points.

Dans le cas de Seguin, il aura fallu plusieurs saisons avant que le jeune joueur talentueux développe une constance et une maturité. Maintenant, il est devenu un leader.

MacKinnon, semble avoir eu son déclic cette saison. «Il ne marque pas juste des buts, il marque des buts qui te jettent par terre», m’a dit Sidney Crosby. «Je suis content pour lui parce qu’il a vécu des moments très difficiles. Maintenant, il récolte ce qu’il a semé.»

À Montréal, quand un joueur du Canadien ne produit pas au bout de trois ou quatre ans, on saute vite aux conclusions. On se dit qu’il ne débloquera jamais. On passe au prochain appel. On a l’impression qu’on est rendu là dans le cas d'Alex Galchenyuk. Bon nombre de partisans et analystes ont lancé la serviette dans son cas.

Il faut dire que le Canadien a déjà fait preuve de patience en terme de résultats et d’attitude en ce qui concerne Carey Price. Seguin et MacKinnon ont eu un élément déclencheur.

J’ai bien hâte de voir ce qui propulsera Galchenyuk vers de nouveaux sommets et si on suffisamment de patience pour que ça se produise a Montréal.

Un texte de Louis Jean