2015 NHL Stanley Cup Final - Media Day

Crédit : AFP

LNH

Le Québécois derrière Andrei Vasilevskiy

Le Québécois derrière Andrei Vasilevskiy

Michel Godbout

Publié 25 janvier 2018
Mis à jour 25 janvier 2018

Oui, il y a Carey Price, Jonathan Quick, Marc-André Fleury, tous des gardiens de premier ordre dans la LNH lorsqu’ils sont au sommet de leur forme.

Mais considérez qu’Andrei Vasilevskiy n’est âgé que de 23 ans et regardez ses statistiques. Il est clair que nous sommes à l’aube d’un changement de garde chez les gardiens étoiles du circuit, et derrière le cerbère du Lightning se trouve l’entraîneur des gardiens Frantz Jean.

Le Québécois (et Acadien d’adoption vous dira-t-il) est l’un des meilleurs de sa profession. Il a notamment eu sous sa tutelle un gardien dominant en Ben Bishop et un autre en devenir en Andrei Vasilevskiy. C’est déjà un palmarès fort éloquent et il est loin d’avoir fini de le garnir.

Mais il y a eu beaucoup de travail pour en arriver là. À son arrivée d’Ottawa, Bishop possédait un énorme potentiel et Frantz Jean l’a aidé à le peaufiner et l’a guidé vers le sommet et de multiples nominations au trophée Vézina. Le voir partir pour Dallas n’a pas été facile. «C’est certain que lorsque tu échanges un gardien qui t’a mené à un championnat de section et à une finale de la coupe Stanley, tu sais que c’est un gros morceau».

L'après Bishop

Mais l’avenir semblait encore plus prometteur. Jean voyait en Andrei Vasilevskiy un potentiel énorme, le gardien le plus doué qu’il ait vu en 30 ans de carrière. Un grand gardien mobile et motivé. Mais échanger Bishop et «donner les clés» au jeune russe représentait quand même un pari garni de pression. «Oui, il y en avait un peu je ne m’en cacherai pas, mais en même temps, on savait ce qu’on avait sous la main. On savait qu’il était prêt à assumer le rôle de premier gardien dans la LNH. Andrei carbure sur ce genre de défi. Tout ce qu’il fait, du moment qu’il se lève le matin, c’est pour être le meilleur gardien du circuit. Ce qu’il mange, de la façon qu’il s’entraîne, tout, mais absolument tout est en fonction de devenir le meilleur! Il est très concentré sur ce qu’il veut accomplir, il est sérieux dans sa démarche. C’est le rêve de tout entraîneur».

Un autre défi... Louis Domingue

Et voilà maintenant un tout nouveau projet qui lui tombe entre les mains: Louis Domingue. Un gardien que Jean a connu alors qu’il était entraîneur des gardiens avec les Wildcats de Moncton de la LHJMQ et que Domingue y entamait sa carrière junior. «Louis est un gardien avec beaucoup de talent naturel. Il peut tout faire. J’ai vu ses capacités lorsqu’il était jeune. On a remporté le championnat mondial junior U-18 ensemble et je voyais bien qu’il avait l’étoffe pour réussir. Mais ça ne veut pas dire que ta carrière sera du copier-coller une fois arrivé dans la LNH. Avec les Coyotes, la situation était difficile pour lui. L’équipe est en éternelle reconstruction et c’est très difficile pour un jeune gardien de s’établir dans ce genre d’environnement. Alors, lorsqu’il est devenu disponible, je savais que je pouvais travailler avec lui. Je le connais mentalement. Et avec la blessure qu’a subie Peter Budaj, Louis a une merveilleuse opportunité devant lui».

Et pas plus tard que mardi soir, Domingue a subi son premier véritable test avec le Lightning en affrontant Nashville. Il a donné raison à son entraîneur des gardiens. Il a été brillant, permettant ainsi à Tampa de remporter son deuxième match en autant de soirs, une rareté pour l’équipe cette saison.

Les gardiens font souvent la manchette quand l’équipe gagne. Mais lorsque les choses se gâtent et que le joueur masqué tente de retrouver ses repères perdus, c’est l’entraîneur des gardiens qui vient à la rescousse. C’est souvent lui qui permet à son poulain de prendre un pas en arrière pour évaluer ce qui ne va pas pour ensuite mieux avancer.

Alors la prochaine fois que vous verrez Vasilevskiy, Domingue ou même Bishop sauver leurs équipes, n’oubliez pas le petit québécois Frantz Jean qui travaille dans l’ombre derrière eux.

Un texte de Michel Godbout