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Trophée Hart: le cas Nathan MacKinnon

Trophée Hart: le cas Nathan MacKinnon

Michel Godbout

Publié 18 janvier 2018
Mis à jour 18 janvier 2018

Il s’est écoulé quatre saisons depuis que Nathan MacKinnon a fait son entrée par la grande porte de la LNH. Sa première campagne lui a permis de marquer 24 buts et obtenir 39 mentions d’aide, suffisamment de points pour obtenir le trophée Calder remis à la meilleure recrue. Honnêtement, il n’y avait aucune surprise qu’il en soit le récipiendaire. Certes, il y avait d’autres candidats comme Ondrej Palat et Tyler Johnson.

Mais à sa première année, MacKinnon (le tout premier choix du repêchage de 2013) était le dauphin de son entraîneur Patrick Roy qui l’utilisait à bon escient et le talent du joueur a fait le reste.

La logique avait été respectée et l’avenir semblait plus que prometteur. Le digne successeur du Sidney Crosby allait talonner son compatriote néo-écossais pour des années à venir. Mais c’est là que la route vers la gloire a pris un détour imprévu.

Après sa première campagne, MacKinnon s’est perdu. Sa deuxième saison a peut-être été marquée par la guigne de la deuxième année; sa production ayant chuté à 38 points en 64 matchs, la pire de sa carrière. Ses deux campagnes suivantes se sont mieux déroulées avec des récoltes de 52 (21 buts) et 53 (16 buts) points, mais certains se questionnaient à savoir si le grand talent de MacKinnon arriverait à éclosion dans la LNH.

Plusieurs raisons ont été évoquées pour expliquer sa chute: la perte de son «entraîneur/ange-gardien» Patrick Roy, un manque de vétérans pour bien l’encadrer, une tendance à vouloir faire la fête, des conflits internes avec Matt Duchene, etc. Qu’importe, l’attaquant jouait au sein d’une piètre équipe qui lui donnait beaucoup de temps de jeu. Toutefois, les performances demeuraient en deçà des attentes. Des attentes, admettons-le, un peu irréalistes pour un joueur qui n’avait pas «brûlé» la LHJMQ avec ses 153 points dont 63 buts en 102 matchs. N’empêche le potentiel y était.

Enfin!

2017 marque une volte-face marquant. MacKinnon est devenu un pilier à l’attaque de l’Avalanche. À moins d’une blessure majeure, il éclipsera facilement le plus haut total de buts de sa carrière (20 en 43 matchs) et aussi son nombre de points (54 en 43 matchs). De fait, si on joue au jeu de la projection, le centre de 22 ans pourrait franchir le cap des 100 points! Il participe à plus de 38 % des buts marqués par l’Avalanche, c’est un peu mieux que le meilleur marqueur du circuit Nikita Kucherov! Voilà donc l’éclosion tant attendue!

Elle semble avoir coïncidé avec le départ de Matt Duchene, mais MacKinnon a toujours maintenu que sa progression a commencé l’an dernier alors que Duchene était toujours un membre de l’Avalanche. Quoi qu’il en soit, en raison des performances offensives de MacKinnon, l'Avalanche est clairement dans la course pour accéder aux séries éliminatoires. L’Avalanche n’est qu’a quatre points des Stars avec trois matchs en main. Mais le plus impressionnant dans tout ça: cette séquence de sept victoires consécutives ... de quoi faire rêver les partisans du CH!

Au final, le trophée Hart est remis au joueur ayant le plus contribué à l’essor de son équipe. Si l’on considère que l’Avalanche, au rythme actuel, pourrait clore la saison avec près de 97 points (plus du double de l’an dernier) et donc accéder aux séries éliminatoires, la candidature de MacKinnon au trophée Hart sera, à mon avis, incontournable.