SPO-NHL BOSTON VS MONTREAL

Crédit : Greg M. Cooper/Agence QMI

Canadiens de Montréal

Le problème, ce n'est pas l'entraîneur

Le problème, ce n'est pas l'entraîneur

Louis Jean

Publié 18 janvier 2018
Mis à jour 18 janvier 2018

Il n’y a qu’un mot qui me vient en tête pour décrire la défaite d’hier soir contre les Bruins à Boston : désolant.

Oublions le fait que le Canadien ne pouvait se permettre d’échapper ce match s’il voulait s’accrocher à l’espoir d’une participation en séries. Au-delà du classement, tout le monde connaissait l’importance de ce match pour l’entraîneur-chef Claude Julien.

Ce qui est encore plus troublant est la performance offerte par l’équipe. Il est vrai qu’au cours des matchs précédents le CH s’était bien battu, mais hier soir la majorité des joueurs ne se sont tout simplement pas présentés. Ils sont les premiers à le reconnaître.

Après la défaite, on a demandé à Julien si les joueurs avaient abandonné. Pas évident pour un entraîneur de répondre, mais voici ce que le pilote a répliqué : «c’est une question pour les joueurs. Je ne peux y répondre. Il est important de poser la question aux bonnes personnes.»

Il y a plusieurs façons d’interpréter ses commentaires. Julien visait-il quelqu’un en particulier? Le pilote de l’équipe montréalaise a l’habitude de protéger ses joueurs. Ces messages, il les livre derrière des portes-clauses. Il ne changera pas sa façon de faire.

Mettez-vous à sa place un instant. Pendant 10 ans, Julien a dirigé Zdeno Chara et Patrice Bergeron, deux joueurs parmi les plus respectés de la LNH. Les deux vétérans des Bruins auraient-ils assurément donné la victoire à leur entraîneur dans pareilles circonstances hier? Pas certain. Mais je suis convaincu qu’ils se seraient battus, qu’ils auraient joué avec conviction et détermination. Ce qui n’a malheureusement pas été le cas de plusieurs joueurs du Tricolore.

Non, les joueurs n’ont pas abandonné leur entraîneur, mais ils ont manqué une belle chance de démontrer que cette équipe se tient, qu’on croit encore pouvoir faire les séries, et que fasse à l’adversité, on se lève au lieu de s’écraser.

Il est clair que la perte de Shea Weber fait très mal, mais il y a deux ans en l’absence de Carey Price, plusieurs de ces mêmes joueurs s’étaient effondrés.

Il y a moins de deux semaines, le directeur général Marc Bergevin réitérait sa confiance en son équipe. Depuis ce vote de confiance, le Canadien n’a gagné qu’une seule fois en quatre matchs.

Le problème me semble évident. Ce n’est pas le système déployé ni les stratégies employées qui clochent. Il y a des carences importantes en termes de personnel, mais le plus gros problème semble résider dans le noyau de joueurs autour duquel on tente de tout bâtir.

Max Pacioretty ne joue plus avec la même fougue que jadis. Les Alex Galchenyuk et Jonathan Drouin sont jeunes, mais ils n’ont pas joué avec beaucoup de conviction mercredi soir. Pour que le CH ait du succès, ils doivent faire la différence régulièrement et pas qu’occasionnellement.

On a l’impression que trop de joueurs jouent avec indifférence. Le plus dangereux dans tout ça, c’est que les partisans semblent également habités par ce même sentiment d’apathie.