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Crédit : Ben Pelosse / JdeM

Canadiens de Montréal

Un mauvais match au mauvais moment

Un mauvais match au mauvais moment

Patrick Lalime

Publié 17 janvier 2018
Mis à jour 17 janvier 2018

Le gardien des Canadiens, Carey Price, a donné cinq buts sur 24 tirs dans la défaite de lundi contre les Islanders alors que son vis-à-vis, Thomas Greiss, en a accordé moins tout en étant bombardé de plus de 50 tirs.

Souvent, on va un peu se laisser hypnotiser par le nombre de lancers quand on analyse ce genre de situation. Price n'a pas fait les arrêts importants, ça c'est sûr et certain. Il serait le premier à vous le dire. C’est dommage, parce qu’il a perdu des matchs, cette saison, où il avait très bien joué, sauf que l’équipe ne marquait pas, ce qui a fait tomber sa bonne performance dans l’oubli. Là, il y a un match où le Canadien marque et tu as besoin d'une performance de la sorte... et ça n'arrive pas.

On est habitués de voir Price tout arrêter. Malheureusement, ça va arriver, des soirs comme ça. Ça peut être très frustrant en tant que gardien de but.

J'ai vécu le même genre de match contre les Islanders quand j'étais avec les Sénateurs. On avait perdu 2-1. Je pense qu'on avait eu une cinquantaine de tirs. Je me souviens que Stephen Valiquette était devant le filet des Islanders. On avait marqué un but et moi, j'avais reçu douze lancers, et j'avais donné deux buts.

Quand ça arrive, tu ne ressens pas le match en tant que gardien. Tu n'as pas de lancer. Le match se passe et tu espères tellement qu'on va marquer un autre but. Tout est contre toi, peu importe ce qui arrive.

L’un des meilleurs dans cette facette du jeu était Martin Brodeur. Souvent, lui n'avait pas beaucoup de lancers et les bombardements se passaient à l'autre bout de la patinoire. Il recevait 25 lancers, mais il parvenait à faire les gros arrêts aux moments importants. C'est ça l'histoire de la carrière de Martin Brodeur. Il n'a pas eu besoin d'être spectaculaire, il a juste eu besoin d'être efficace quand on avait besoin de lui.

À l’inverse, j’étais confortable quand je me faisais bombarder. C'était un genre de situation qui ne me causait pas de problème. J'aimais quand une équipe lançait à répétition, tu n'as pas le temps de penser, tu es  dans ton match. Tu réagis à ce qui s'en vient et de l'autre côté, c'est toujours un peu plus difficile. Tu n'as pas de tirs, puis ils ont une chance de marquer et ils marquent.

De la Rose, le pari intéressant

L’idée de placer Jacob De La Rose au centre de Jonathan Drouin et Alex Galchenyuk, comme Claude Julien l’a fait lors de l’entraînement de mardi, n’est pas aussi saugrenue que certains pourraient le croire.

Je trouve que le Suédois jouait bien, dernièrement. Et s’il finit bel et bien par jouer avec eux durant un match, je crois qu’il n’aura pas de meilleure chance de se faire valoir avec les Canadiens.

S'il a été repêché au deuxième tour, ce n'est pas seulement parce qu'il était un joueur défensif. Quelque part, il a quand même un sens du hockey, c'est un joueur responsable, capable d'en amener un peu sur le plan offensif. L'opportunité est là, c'est à lui de la saisir.

Ce n'est pas une mauvaise situation pour les Canadiens parce que Drouin et Galchenyuk, ce ne sont pas les meilleurs sur le plan défensif, ce n'est pas un secret. En partant, ça prend un joueur responsable pour jouer avec eux. Je suis convaincu que le Canadien a même hâte de voir ce qu'il pourra amener. Peut-être que ça va fonctionner, qu'il y aura un mélange avec De La Rose qui va récupérer des rondelles et les deux autres qui peuvent s'amuser un peu plus. J'ai bien hâte de voir ce qu'il est capable d'amener.

On sait ce qu'il peut faire sur un quatrième trio. Maintenant, avec des attentes un peu plus élevées, je lui souhaite que ça fonctionne. Pourquoi pas. Il faut, de la part du Canadien, essayer des choses. On n'a pas trouvé la recette parfaite depuis le début de l'année, ça peut être une opportunité.

Finalement, les Canadiens doivent disputer ce mercredi soir le deuxième de trois matchs en huit jours contre les Bruins. Je trouve que c’est trop.

Je n'ai pas de problème à en avoir deux. Ça peut créer une mini-série. À trois, je trouve que c'est un peu exagéré. Ça peut tromper la donne dans une saison. Comme dans le cas d'une équipe qui a plusieurs blessés. L'adversaire peut en profiter et remporter les trois matchs dans ces conditions, mais ça ne donne pas le vrai portrait des forces en présence. C'est un peu tiré par les cheveux.