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Photo : Antti Niemi aura du mal à garder sa place à Montréal; pour ce faire, il doit déloger Al Montoya, un gardien réserviste de carrière. Crédit : AFP

LNH

L'âge d'or du gardien auxiliaire

L'âge d'or du gardien auxiliaire

Michel Godbout

Publié 05 décembre 2017
Mis à jour 05 décembre 2017

C’est une véritable hécatombe que se produit en ce moment chez les gardiens numéro 1 de la Ligue nationale.

Et dans certains cas, notamment à Montréal et à Vegas, même les gardiens auxiliaires sont tombés au combat.

Voici qui a franchi le tourniquet de l’hôpital des gardiens depuis le début de la saison:

Carey Price (MTL)
Al Montoya (MTL)
Corey Crawford (CHI)
Matt Murray (PIT)
Roberto Luongo (FLA)
Marc-André Fleury (VGK)
Malcom Subban (VGK)
Oscar Dansk (VGK)
Antti Raanta (ARI)
Martin Jones (SJ)
Steve Mason (WPG)
Cory Schneider (NJ)

Vous avez sans doute noté que la très grande majorité de cette liste est composée de premiers gardiens.

Qu’ont en commun la plupart des premiers gardiens de cette liste? Ils ont joué beaucoup de hockey et la surcharge finit par les rattraper. C’est à se demander si les gardiens ne devraient pas imiter les lanceurs au baseball et donner plus de travail à la relève.

Dans le fond, si le premier gardien joue dans une cinquantaine de matchs, son rôle demeure incontesté et il sera plus frais en séries.

Mais pour ce faire, son équipe doit se rendre à la danse du printemps et c’est à ce moment que le rôle du gardien réserviste est d’autant plus important.

Second violon? De moins en moins

Depuis cinq ans, le rôle du gardien auxiliaire a été appelé à changer. Fini le temps où les premiers gardiens jouaient entre 60 et 70 matchs. Un des dernier à le faire, Braden Holtby, a vu son nombre de matchs diminuer car les Capitals de Washington ont bien vu qu’il manquait d’essence en séries.

Pekka Rinne en est un autre. À l’exception des années où il s’est blessé, le titulaire des Predators de Nashville a joué 62 matchs en moyenne par campagne et ses séries n’ont jamais été à la hauteur de ses saisons - sauf l’an dernier.

Donc, les gardiens auxiliaires seront de plus en plus appelés à jouer entre 20 et 30 matchs, ne serait-ce que pour donner un peu de repos au numéro 1. 

Le numéro 1 devra s'adapter, car c’est un cheval de course qui veut toujours jouer. Mais lorsque les blessures s’en mêlent, le second devient encore plus important, d’où l’importance d’en avoir un bon.

Mais ce genre de bête ne court pas les rues. Un gardien auxiliaire est un spécialiste. Il doit pouvoir s’entraîner à fond pour palier à sa charge de matchs moins lourde. En même temps, il doit se tenir prêt car, à tout moment, on peut faire appel à lui.

Et le second n’a pas grand marge de manœuvre : il doit gagner le plus possible et éviter de mettre son équipe dans le pétrin, à défaut de quoi il sera remercié. Car voyez-vous, le second gardien n’a pas toujours le luxe du numéro 1, c’est-à-dire d’avoir plusieurs matchs à se remettre d’une mauvaise performance. Pour lui, c’est : «Gagne lorsqu’on fait appel à toi, sinon BYE BYE!»

Mais les auxiliaires sont de plus en plus accomplis. Au point même où certains sont passés de second à premier violon! Pensez à Cam Talbot, à Antti Raanta, à Scott Darling, à Andrei Vasilevskiy ou à Matt Murray. Ironiquement, il sera désormais à leur tour de se fier à un second gardien pour épauler leur travail et demeurer en santé.