Crédit : Greg Bartram-USA TODAY Sports

MLS

Expansion: la MLS sous pression

Expansion: la MLS sous pression

Fréderic Lord

Publié 16 novembre 2017
Mis à jour 16 novembre 2017

Pas certain que j’aimerais être dans les bureaux de la MLS par les temps qui courent.

D’ici la mi-décembre, le commissaire Don Garber devrait faire connaître les deux prochaines villes qui intégreront les rangs de la ligue. D’après ce que Grant Wahl - le journaliste de Sports Illustrated – rapporte, Sacramento, Nashville et Cincinnati seraient les trois dernières candidatures considérées pour les équipes #25 et #26.

En pleine période de croissance, les enjeux sont grands pour la ligue et devraient avoir une incidence sur l’avenir du championnat.

Est-ce que la MLS grossit trop rapidement? A-t-elle la structure, les moyens pour gérer cette montée? Choisit-elle seulement les bonnes candidatures parmi les 12 qui lui ont été soumises?

En somme, à ce stade-ci de sa progression, l’objectif de la MLS est multiple. D’abord, on a l’ambition d’enraciner le sport solidement aux États-Unis et d’en faire un des marchés les plus attrayants de la planète soccer.

Ensuite, les cyniques le souligneront, les propriétaires engagés dans cette entreprise veulent passer à la banque, s’assurer que leur investissement continue de croître. En gros, faire du cash...

Comment?

  1. Élargir le bassin de spectateurs aux États-Unis pour s’assurer d’un contrat télé plus lucratif en 2022
  2. Engranger directement de l’argent dans les coffres de la Ligue grâce à un processus – convoité – d’expansion
  3. Attirer des propriétaires encore plus fortunés qui permettront à la MLS de s’établir confortablement dans le Top 4 des ligues sportives américaines (voir, à titre de référence, Arthur Blank du Atlanta FC)

Mais les choses ne sont jamais aussi simples qu’il y paraît. Depuis la mise en place du processus d’expansion, plusieurs plaques tectoniques de la MLS ont bougé.

Dans un premier temps, on attend toujours une confirmation solide à propos de la 24e équipe à Miami. Comme le lien entre la MLS et le groupe mené par David Beckham semble indestructible et que l’on considère cette partie comme un « marché essentiel », la patience (ou la persévérance?) semble être le seul remède prescrit pour le moment... même si la pilule est parfois difficile à avaler.

Mais sans contredit, la plus grosse secousse s’est fait ressentir à Columbus, une histoire qui semble être née dans l’angle mort de la ligue.

Quelle influence aura cette dispute sur la suite des choses? Quelle image projetterait la ligue si le Crew venait à gagner la Coupe MLS en 2017? Nul ne sait vraiment.

Et je ne vous parle pas ici du tumulte causé par l’élimination de la sélection américaine en vue de la Coupe du monde en Russie l’an prochain. Le grenouillage et les jeux de coulisses seront au menu et ce sera particulièrement patent dans les bureaux de la ligue.

Bref, dans tout ce brouhaha, le commissaire Garber doit jouer au funambule.

Mais voici que des voix s’élèvent pour proposer une solution mitoyenne : pourquoi ne pas accepter trois nouvelles équipes?

Sacramento, Nashville et Cincinnati semblent toutes trois prêtes à lancer leur équipe d’ici peu et insuffler une autre vague d’enthousiasme comme nous a apporté les concessions d’Orlando et d’Atlanta depuis quelques années.

De mon point de vue, cette solution offrirait quatre avantages :

  1. Acheter du temps pour le groupe de Beckham à Miami. Une arrivée retardée pourrait peut-être permettre à cette concession de lancée ses activités en grande pompe dans un nouveau stade.
  2. Injecter des fonds supplémentaires (3 x 150 millions) immédiatement dans la MLS dont la croissance ne peut souffrir d’un recul.
  3. Pallier un éventuel départ du Crew vers Austin au Texas. La région délaissée serait en partie couverte par l’arrivée de Nashville et particulièrement Cincinnati (ok, j’ai la géographie une peu « lousse » ici...).
  4. Dans cette configuration, Miami devient l’équipe #27... ne laissant plus qu’une place d’expansion. De fait, la MLS crée un effet de rareté, voire une surenchère, parmi un bassin de prétendants qui, de toute façon, est de plus en plus ténu.

La partie ne s’annonce donc pas facile. L’enjeu est élevé et le niveau de stress dans les officines MLSiennes à un point record.

D’ici la mi-décembre, les employés de la MLS ne vivront peut-être pas les semaines les plus faciles de leur carrière. Mais, des lignes de côtés, difficile de trouver manège plus excitant.