UFC

La rock star et le businessman

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Michael Bisping est doué pour se battre, que ce soit dans un octogone ou dans une joute verbale, et il était en grande forme jeudi après-midi lors de la conférence de presse d’avant-combat.

L’Anglais s’est amené sur la scène du Madison Square Garden Theatre vêtu d’un jean noir, d’un blouson de cuir et de lunettes d’aviateur tout en ayant son téléphone portable à la main. Le look parfait de la rock star.

«L’avez-vous vu à l’entraînement public ? Il travaille au super ralenti. M’avez-vous vu ? C’est comme si j’étais à grande vitesse», a lancé Michael Bisping

Pendant que Bisping était à la droite de Dana White, le président de l’UFC, Georges St-Pierre, qui était à la gauche de White, s’est présenté vêtu d’un complet gris qui lui donnait un look d’homme d’affaires, ce qui a déclenché la première salve de l’Anglais et actuel détenteur de la ceinture des poids moyens.

«Avant tu avais l’air d’un prof d’histoire, et maintenant tu as l’air d’un courtier en valeurs mobilières, et les deux sont des moumounes», a lancé Bisping.

On ne peut pas dire que c’était la grande classe et le ton était donné parce que Bisping n’a pas changé de registre pendant les 30 minutes suivantes.
Burlesque

Dans la tradition des galas de lutte

Bisping a tiré sur tout ce qui bougeait pour se donner en spectacle, que ce soit St-Pierre ou les partisans qui le chahutaient.

Il faut lui donner ça, Bisping est fort en gueule et a le sens du spectacle, alors que GSP, lui, est plus calme et préfère laisser son travail dans l’octogone parler pour lui.

«C’est un très bon lutteur, mais savez-vous quelle est la meilleure façon de sortir quelqu’un ? Un crochet de la gauche. C’est comme ça que j’ai gagné cette ceinture et c’est comme ça que je vais la garder», a ajouté Bisping.

«Il peut dire ce qu’il veut, ça ne me dérange pas. Le combat est samedi soir et je garde ma concentration. Avant ça, c’est juste une diversion», a d’ailleurs lancé le combattant québécois.

L’ancien champion des mi-moyens a eu l’air tantôt amusé et tantôt découragé en écoutant Bisping le tourner en bourrique. Mais jamais il ne s’est impatienté comme ce fut le cas à Toronto, il y a deux semaines.

La classe

Bisping est un champion qui n’a plus rien à prouver et il est doué pour faire la promotion de ses combats, mais pour la classe, on repassera.

Outre un vocabulaire parfois limité, ses tentatives de faire sortir GSP de ses gonds ont été plutôt puériles.

«Est-ce que GSP est un grand des arts martiaux mixtes ? Oui. Est-ce que je me suis préparé en conséquence ? Oui. Merci à toi, Georges, de me laisser mettre ce clou dans ton cercueil. Parce que tu es bon et que je n’ai rien négligé», a poursuivi le Britannique.

Prenons l’exemple du face-à-face entre les deux combattants à la toute fin de la conférence de presse.

Pendant que Saint-Pierre souriait et se tenait un peu loin, Bisping le haranguait pour terminer en lui faisant un doigt d’honneur, ce à quoi St-Pierre a répondu par deux pouces en l’air.

Mais il y avait dans tout ça une impression de grosse mise en scène, comme si les deux hommes ne se détestaient pas autant qu’il n’y paraît. C’est l’UFC après tout.

Un jab

Comme pour discréditer tous les efforts de Bisping pour le déconcentrer, St-Pierre a rappelé que la tactique était éculée.

«Il essaie de me jouer dans la tête à chacune des entrevues», a rappelé GSP.

Le Québécois n’est pas tombé dans le jeu des insultes et s’est permis un seul réel jab à l’endroit de Bisping en mentionnant qu’il est plus fort dans la promotion que dans l’octogone.

«La seule chose que Bisping va faire de bon pour ce combat, c’est d’en faire la promotion.

Il a une grande gueule et a des prises de bec avec tout le monde parce que c’est dans sa nature. S’il veut gaspiller son énergie comme ça, c’est son choix.»

Attaque de câlins

Bisping a fini avec force en rappelant que St-Pierre avait perdu son aura de cogneur pour devenir un maître des luttes au sol.

«Georges n’est jamais agressif, ma seule crainte est de me faire cajoler à mort.»

Rappelons que sept des huit derniers combats de GSP se sont terminés par une décision, se rendant à la limite des cinq rounds.

Bisping a assuré que ça ne se passerait pas comme ça samedi soir.

«Ce combat ne se rendra pas à la limite», a-t-il martelé.