Canadiens de Montréal

Les Canadiens ne sont pas si mauvais, n'est-ce pas?

The Hockey News / Jared Clinton

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Les Canadiens de Montréal ont échappé leurs six derniers matchs et il semble que rien ne fonctionne pour eux présentement, mais sont-ils aussi mauvais que leur dossier?

Ceux qui étaient prêt à acclamer les Canadiens pendant la saison morte étaient peu nombreux et épars. Ce n’est pas injustifié. Certainement, le directeur general Marc Bergevin a amené Jonathan Drouin à bord et renouvelé le contrat de Carey Price, mais l’organisation a également dit au revoir à Alexander Radulov, à Andrei Markov, à Alexei Emelin et à Nathan Beaulieu, tout comme à Mikhail Sergachev, qui est parti dans l’échange de Drouin.

Mais même si les Canadiens ont eu un des étés les plus décevants, un certain positivisme entourait l’équipe. Drouin a ajouté du punch offensif, Karl Alzner a signé un contrat à titre de joueur autonome pour pallier aux pertes à l’arrière et un aspect sous-estimé de l’été fut que l’entraîneur-chef Claude Julien, vu comme une embauche incroyablement savante après son congédiement chez les Bruins de Boston la saison dernière, a eu plusieurs mois pour se préparer et préparer son équipe pour la campagne 2017-2018.

Toute bonne énergie qui existait autour de l’équipe tandis que la première mise en jeu était  effectuée lors de la présaison a semblé disparaître en toute hâte, cependant. Les Canadiens ont lutté péniblement, perdant leurs six premiers matchs préparatoires sur un pointage combiné de 25-9. Mais quand le calendrier hors-concours s’est terminé, nous en sommes venus à la conclusion que Montréal était une de ces équipes meilleures que leur fiche du camp d’entraînement. Comment penser autrement? Les Canadiens ont fini avec 103 points l’an dernier, au sommet de la section Atlantique et l’effectif, bien que différent, était sûrement encore assez bon pour décrocher une place en séries.

Si c’est le cas, cependant, cette version des Canadiens ne s’est pas encore montrée. Ce n’est pas seulement un seul aspect du jeu montréalais qui est en retard, non plus. Le CH n’a pas l’air dans son assiette, semble confus à un point presque insondable.

Crédit photo : Martin Chevalier / JdeM

Claude Julien ou le jour de la marmotte

La cause la plus évidente de la consternation à Montréal est l’attaque, sans doute. Les chiffres ternes parlent d’eux-mêmes. En sept matchs, les Canadiens ont marqué 10 fois, soit 1,43 but par match. Leur unité spéciale de supériorité numérique opère à 7,7 % de réussite. Un seul joueur, Drouin, a plus qu’un but cette saison. Drouin et Alzner – qui n’est pas exactement connu pour ses aptitudes offensives – sont les seuls joueurs avec plus de deux points.

On se sent presque mal pour Julien qui semble vivre le jour de la marmotte. Avec les Bruins la saison dernière, l’équipe de Julien était presque remarquablement incapable de convertir leurs opportunités. En fait, quand il a été congédié à Boston, les Bruins avaient le deuxième pire pourcentage de réussite sur les lancers à cinq contre cinq dans la ligue – un misérable 6,1 %. Le manque d’attaque malgré une défense plus souvent qu’autrement dominante et des performances basées sur la possession de rondelle a résulté en un amas de défaites qui, bien sûr, ont mené au licenciement de Julien.

Tiens donc, les choses sont plutôt les mêmes cette saison. Montréal est une équipe de possession de rondelle aussi impressionnante pouvant se vanter de détenir le sixième rang à ce chapitre à 54,1 % à cinq contre cinq, mais les Canadiens ne marquent que sur 3,4 % de leurs lancers à forces égales.

Ceci dit, les chiffres susmentionnés sont presque tous des raisons pourquoi l’attaque des Canadiens pour et, de façon réaliste, devrait rebondir. Généralement, un pourcentage de réussite sur les lancers aussi bas que celui des Canadiens s’équilibre plus la saison progresse – même si Julien, d’entre tous, est bien conscient que ce n’est pas toujours le cas – et de fortes statistiques avancées tendent démontrer qu’une équipe est dans la bonne direction. De surcroît, Montréal a enregistré 53,4 % des chances de marquer lors de leurs sorties jusqu’à maintenant et affiche un pourcentage Corsi de 56,6 %. Ce sont tous des signes positifs.

Où est le vrai Carey et qu'avez-vous fait de lui?

Plusieurs de ces mêmes chiffres regardent bien du côté de la défense, aussi. Plus l’attaque des Canadiens passe du temps en territoire adverse, moins la défense passe du temps dans sa zone. Néanmoins, si un aspect défensif est à réparer, c’est l’inférorité numérique. Montréal est en milieu de peloton avec ses 26 désavantages numériques, mais affichent le septième pire pourcentage de succès à 76,9 %. Seules cinq équipes ont concédé moins de tentatives de lancers que les Canadiens qui doivent bloquer davantage de tirs, sinon ils sont condamnés à rester dans le dernier tiers de la ligue à court d’un homme.

Au-delà de cela, toutefois, les statistiques sous-jacentes semblent montrer le filet du doigt. Personne n’est sur le point de proclamer que Price n’est plus bon ou qu’il ne doit plus être considéré comme l’un des meilleurs gardiens de la planète, mais il a offert les performances d’un gardien de second ordre pendant les premières semaines de la saison. Parmi les 37 gardiens qui ont joué au moins 100 minutes à cinq contre cinq, Price maintient le quatrième pire taux d’efficacité à ,880 et, s’il a été imbattable sur des tentatives de tir de loin, ses taux de ,824 à partir de zones plus rapprochées et de ,731 dans l’enclave sont parmi les 10 pires. Dire que ce n’est pas typique de Price, qui a le meilleur taux d’efficacité chez les gardiens qui ont disputé au moins 1500 minutes à cinq contre cinq ces quatre dernières saisons, est un euphémisme.

Crédit photo : AFP

Est-ce que quiconque doute vraiment de la capacité de Price à changer les choses? Qu’on soit d’accord ou non avec son contrat de huit ans et 84 millions $, il a prouvé maintes fois qu’il est parmi les gardiens d’élite sur la planète. Ses habiletés n’ont pas disparu soudainement. Il est encore la colonne vertébrale des Canadiens et, peu importe ses récents déboires, Price peut ramener son équipe sur les rails.

Est-ce que les Canadiens sont aussi mauvais qu’ils le montrent depuis deux semaines? Statistiquement, rien n’indique que leur attaque est vraiment aussi médiocre, leur défense aussi poreuse et leurs gardiens aussi instables qu’il a paru lors des sept premiers matchs. Cela n’aidera pas le partisan enragé du CH à dormir la nuit, mais penser de cette façon est une meilleure alternative que de croire que l’équipe est, sous toutes ses coutures, aussi mauvaise qu’il n’y paraît.