Impact

Il faut d’autres Piette à l'Impact

Il faut d’autres Piette à l'Impact

Vincent Destouches

Publié 16 octobre 2017
Mis à jour 16 octobre 2017

Avoir de l’argent, ça aide forcément. Mais encore faut-il bien le dépenser.

Le Toronto FC a dans son effectif trois des meilleurs joueurs de la MLS, et ils sont payés en conséquence. Je parle bien entendu des joueurs désignés Sebastian Giovinco, Michael Bradley et Jozy Altidore.

Mais la véritable force du TFC, et ce qui a fait son succès historique cette saison, a été sa capacité à bien entourer ses vedettes. Il n’y a qu’à penser à Victor Vazquez, celui qui tire aujourd’hui les ficelles dans le jeu torontois – à sa première saison en MLS, il a délivré 16 passes décisives.

Nicolas Hasler a été une autre belle trouvaille – très peu coûteuse, de surcroît. Et Chris Mavinga a rendu la défense plus athlétique et plus efficace en relance.

Ces joueurs sont venus consolider un effectif déjà très fort, dans lequel la concurrence joue à plein régime. Il faut le dire : la cellule de recrutement a bien travaillé à Toronto.

On ne peut pas en dire autant à Montréal. Il y a eu des ratés, qui ont eu des répercussions. L’arrivée d’Adrian Arregui, bloquant de fait l’émergence de Louis Béland-Goyette, en est un bon exemple.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu des bons coups. La prolongation d’Ignacio Piatti en est une. Mais, comme à Toronto, l’important est de savoir bien épauler ses meilleurs joueurs pour que le collectif prenne le pas sur les individualités.

De ce point de vue, la signature la plus emblématique du «nouvel IMFC», et ce qui doit servir d’étalon pour la suite, c’est celle de Samuel Piette. Ce gars-là est une bénédiction pour l’Impact.

Un joueur d’ici, qui vient combler un besoin, qui apporte beaucoup de fraîcheur, qui dispose déjà d’une belle expérience (internationale, en plus), qui a une attitude remarquable, et qui en plus parle aussi bien le français que l’anglais et l’espagnol.

Si, en plus, il avait été un spécialiste des coups francs, il se serait mérité une demande en mariage d’Adam Braz!

Il faut plus de Samuel Piette à l’Impact. Dimanche, encore une fois, il a été impeccable à Toronto : 4 tacles, 14 ballons récupérés, 96,2% de passes réussies (et 100% dans le camp adverse...). Il défend bien et relance proprement, et c’est exactement ce dont le club avait besoin.

Et Blerim Dzemaili, dans tout ça? Bien sûr, son arrivée va dans le bon sens, car elle bonifie sensiblement l’équipe. Mais en matière de recrutement, elle n’a fait que reporter le problème existant dans la construction du jeu.

Je m’explique : avant, c’est Piatti qui manquait de soutien. Aujourd’hui, il a Dzemaili, et ce dernier le fait mieux jouer. C’est indéniable : leur association sur le terrain fait des étincelles. Sauf que maintenant, et c’est assez criant, c’est nul autre que Dzemaili qui a besoin de plus d’aide!

Les manques dans cet effectif ont fait en sorte que Dzemaili a actuellement plus de responsabilités dans le jeu qu’il n’est probablement capable d’assumer.

Donc, le problème reste le même : pour franchir dans le jeu, l’Impact doit étoffer son effectif autour de ce noyau de joueurs (auquel il faut ajouter Laurent Ciman) et des jeunes. L’allure de la saison 2017, et le fait que cet effectif vieillissant arrive en fin de cycle, appelaient de toute façon ce renouvellement.

Ce n’est pas une surprise, mais je vous le dis quand même : plusieurs sources m’ont confirmé que le Bleu-Blanc-Noir avait l’intention d’effectuer de profonds changements dans son XI partant, en 2018.

Si l’Impact fait bien les choses, on pourra dire avec le recul que le changement a commencé avec l’arrivée de Piette.