CF Montréal

Impact : la crise... en 3 questions

Impact : la crise... en 3 questions

Vincent Destouches

Publié 18 septembre 2017
Mis à jour 18 septembre 2017

Face au Minnesota, l’Impact de Montréal a perdu le match qu’il ne fallait pas perdre. Et s’est enfoncé dans la crise par la même occasion.

Au-delà des résultats – quatre défaites consécutives, dont trois à domicile –, l’Impact semble être en proie à une crise de confiance.

En effet, le président du club, Joey Saputo, a senti le besoin de s’adresser aux partisans dans une courte déclaration publiée dimanche soir, et dans laquelle il concède que la saison a été «éprouvante», mais qu’il n’est pas «quelqu’un qui se cache».

Alors, ne nous cachons pas non plus et abordons certains des sujets chauds de l’heure.

Quels changements s’en viennent?

Dans sa déclaration, Saputo semble faire une promesse (cryptique) aux partisans, en évoquant sa volonté d’apporter «les changements nécessaires pour atteindre [les] objectifs» de son plan quinquennal (lui aussi cryptique). Ces changements se feront-ils au niveau de l’effectif, du personnel d’entraîneurs ou de la direction? Voire des trois?

Il est trop tôt pour faire les bilans, car la saison 2017 ne nous a pas encore livré toutes ses réponses. Mais il y a eu des errements à tous les niveaux : de la manière dont l’effectif a été assemblé jusqu’aux choix de l’entraîneur, en passant par les méformes individuelles.

Qui écopera, donc? À l’heure actuelle, je ne pense pas qu’il y ait une réponse arrêtée; l’allure de la fin de saison influencera l’étendue du changement. Les premières têtes à tomber seront celles des joueurs, mais chaque défaite supplémentaire enverra un nouveau responsable vers l’échafaud. Jusqu’au roi?

Biello doit-il partir?

Exactement 30 jours après avoir mené son équipe à une quatrième victoire consécutive face au Real Salt Lake, Mauro Biello se retrouve au cœur de la grogne des partisans, dont certains réclament son départ.

À six matchs de la fin de saison, je n’en vois personnellement pas l’intérêt. L’Impact n’en retirerait pas grand-chose et risquerait l’implosion. En MLS plus qu’ailleurs, on se donne généralement le temps de la réflexion. Parlez-en à Ben Olsen ou Jay Heaps.

Biello a encore quelques semaines pour prouver qu’il est l’homme de la situation, et qu’il mérite le bénéfice du doute au terme de la seule saison où il n’aura vraisemblablement pas mené l’Impact en séries.

Malgré des choix discutables, il a des arguments pour lui : la manière dont son équipe s’est délitée après 15 premières minutes de jeu d’excellente facture, samedi, tend à souligner un problème de mental.

Il reste l’idée que cet effectif était capable d’accrocher la sixième place. Et que l’Impact n’a jamais vraiment trouvé son jeu cette saison. Si les joueurs ont leur part de responsabilité, Biello aussi.

Quels joueurs jouent leur poste?

À ce stade-ci, on peut se demander haut et fort si l’Impact ne peut pas avoir de plus grandes ambitions pour le poste de gardien.

La même question se pose en ce qui a trait aux défenseurs latéraux, dont le rendement est insuffisant. Daniel Lovitz et Chris Duvall ont plutôt l’allure de doublures. L’incertitude liée à la blessure d’Ambroise Oyongo peut-elle permettre au Bleu-Blanc-Noir de conserver son international camerounais plus longtemps que prévu?

Au milieu, le dynamisme de Samuel Piette a rendu quelque peu obsolète l’apport de Marco Donadel et d’Hernan Bernardello. Et Louis Béland-Goyette n’a pas encore montré qu’il pouvait durablement s’installer au poste de Patrice Bernier.

Quant aux joueurs offensifs, l’absence de Dominic Oduro du groupe pour affronter Minnesota est une bonne indication de son avenir à Montréal. Andrés Romero doit clairement montrer qu’il y a une différence entre ce que le club espère qu’il fasse et ce qu’il est réellement capable de faire.

De son côté, Anthony Jackson-Hamel passera pendant encore six matchs le casting de sa vie, et tentera par tous les moyens de semer le doute dans l’esprit d’une direction sûrement désireuse de s’offrir un attaquant de premier plan.

Matteo Mancosu, lui, devra être sacrément efficace dans ses bouts de matchs pour forcer un destin qui s’inscrit en pointillés.