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Dikembe Mutombo : un «monstre» devenu légende de la NBA

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Légende vivante du basketball, le grand Dikembe Mutombo était de passage au Québec, jeudi.

Rencontré en matinée au chic hôtel Ritz-Carlton, au centre-ville de Montréal, l’un des meilleurs joueurs défensifs de l’histoire allait se rendre en Estrie, plus tard dans la journée, afin de participer à la tournée promotionnelle «NBA Campus Pass».

Si les partisans de basketball accueillent Mutombo en héros partout où il passe, le géant africain de 7 pi 2 po assure que sa vie n’a pas toujours été aussi grandiose.

«J’ai été victime d’intimidation quand j’étais enfant au Congo, a-t-il confié, durant une généreuse entrevue accordée à l’Agence QMI. J’étais déjà vraiment super grand quand j’allais à l’école. On m’a traité de différents noms.

«Je me rappelle de cette fois où ma mère m’a demandé d’aller au marché public pour aller chercher de la nourriture. Je devais avoir 17 ou 18 ans. Je n’allais pas au marché habituellement et quand je suis arrivé là-bas, il y a un groupe de femmes qui ont crié: "il y a un monstre en ville". J’étais embarrassé et je n’ai jamais ramené à ma mère ce qu’elle m’avait demandé.»

Parti aux États-Unis pour étudier la médecine à l’université de Georgetown, à Washington, Mutombo a commencé à faire la paix avec son physique imposant quand il a commencé à avoir du succès avec l’équipe de la NCAA de l’établissement.

«Je pense que j’ai été suffisamment chanceux pour avoir été dirigé par le célèbre entraîneur John Thompson (chez les Hoyas de Georgetown), a-t-il noté, à propos de cette période de sa vie. Il m’a aidé à développer mes habiletés et à me montrer ce que je devais faire pour me préparer afin de dominer mes adversaires. Il m’a défié énormément au niveau mental quand j’étais jeune. Il a été capable de jouer dans ma tête.»

Un héros en Afrique

Élu au Temple de la renommée du basketball en 2015, Mutombo a notamment totalisé 3289 blocs en carrière dans la NBA. Seul Hakeem Olajuwon a stoppé plus souvent que lui un adversaire qui tentait de percer au panier. On le surnommait désormais «Le mont Mutombo» ou encore le «No no guy», lui qui se faisait un plaisir de narguer ses opposants en bougeant l’index de sa main droite après un bloc important.

«Aujourd’hui, quand je retourne en Afrique, il n’y a plus personne qui me traite de monstre, a souligné fièrement Mutombo, qui s’est impliqué grandement auprès de sa terre natale, en aidant notamment à la construction d’un hôpital dans la ville de Kinshasa. Maintenant, ils embrassent mes pieds et disent que je suis un héros. Ils me disent "merci papa!"»

Faire une différence

Pendant la majeure partie de l’année, Mutombo demeure dans la région d’Atlanta, là où il existe même, dit-il, un magasin où il peut se procurer des chaussures de pointure 22.

«C’est très difficile de trouver un magasin qui a des chaussures assez grandes pour moi, a-t-il précisé, en riant. Je pourrais faire 1000 magasins à Montréal et ne pas en trouver.»

De manière générale, le légendaire joueur de basketball ne manque donc de rien, mais il n’oubliera jamais ses racines.

«Quand tu as grandi dans un environnement comme celui que j’ai connu, tu vois la pauvreté dans ta face, tu vois la mort, il y a les maladies, les épidémies, la famine, a-t-il affirmé. Après, tu te retrouves ailleurs et tu connais le succès. Ça devient un devoir pour toi, dans ton cœur, de te soucier de ce que tu peux réaliser pour faire une différence auprès des gens qui sont moins choyés. C’est une façon de contribuer à la société.»

Mutombo poursuit donc cette mission, spécialement en Afrique, là où certaines personnes l’ont pourtant traité de monstre. Seul un grand homme, un très grand homme peut agir de la sorte.