Impact

C’est grave, docteur?

C’est grave, docteur?

Vincent Destouches

Publié 28 août 2017
Mis à jour 28 août 2017

L’Impact de Montréal a (re)chuté devant ses partisans face à l’ennemi juré, le Toronto FC. La belle série de victoires a pris fin, laissant (re)naître quelques doutes.

Vraiment?

Si le Bleu-blanc-noir a chuté, c’est avant tout parce que le TFC, c’est du solide. L’équipe de Greg Vanney est impressionnante dans ses mouvements et la répétition des efforts.

Défensivement, ils n’ont pas laissé grand-chose à leur adversaire. Et offensivement, ils ont profité de chaque petite erreur montréalaise.

Il y en aura pour dire qu’il y a une classe d’écart entre les deux clubs. Et je comprends l’idée : Toronto a une vraie maîtrise du jeu, une identité claire et un grand collectif. Forcément, ça marque les esprits. N’importe quel esthète du jeu va apprécier.

Mais il ne faut pas juger l’Impact par ricochet. Ne vous y trompez pas : Montréal et Toronto ne jouent pas le même soccer. L’Impact est une équipe qui explose en transition, qui va vite et joue les contres à fond.

Le club a mis tellement de temps à assumer cette identité qu’il serait incompréhensible de se perdre en conjectures au lendemain de cette défaite. Le problème n’est pas ici au niveau du «fond de jeu».

En vérité, l’Impact est comme la phrase célèbre : il vole comme le papillon et pique comme l’abeille. Sauf qu’hier, la troupe de Mauro Biello est apparu sans ailes et sans piquant.

La vraie déception, elle est là. L’Impact n’a pas réussi à jouer son jeu. Dans ses bons jours, Montréal déséquilibre constamment, frappe vite et fort, fait paniquer l’adversaire à chaque remontée de balle.

Mais, au lieu d’une équipe habitée par la confiance et transcendée par l’événement, on a vu un XI concentré et brouillon, incapable d’emballer le match. La décision de Mauro Biello – incompréhensible à mes yeux – de laisser Anthony Jackson-Hamel sur le banc, au profit de Matteo Mancosu, a aussi joué son rôle.

Montreal Impact against the Columbus Crew
Crédit photo : Thomas B. Shea/Agence QMI

Les Montréalais n’ont pas complètement déjoué. Durant les 40 premières minutes, je les ai trouvés plus dangereux que Toronto. L’envie de gagner et la volonté de bien faire étaient là, mais il y avait dans ce match un faux rythme qui agit en kryptonite aux super-pouvoirs de ses attaquants.

On peut bien sûr débattre du scénario du match, et du fait qu’il aura fallu un fait de jeu (un coup franc transformé par Sebastian Giovinco) pour que la partie bascule du côté de l’équipe torontoise qui, malgré le résultat, n’a pas non plus affiché son meilleur visage.

Mais je ne crois pas nécessaire de parler de l’arbitre ou du hasard pour expliquer cette défaite. Hier, Toronto a été droit dans ses bottes et dans ses principes, alors que l’Impact n’a pas été tout à fait lui-même. D’où l’impression que le combat tant attendu n’a jamais vraiment eu lieu.

Voyez dans la vidéo ci-dessus l'intervention de Vincent Destouches au bulletin TVA Sports de 17h.