Crédit : Daniel Mallard/Agence QMI

LNH

Québec: la poupée vaudou de la LNH

Québec: la poupée vaudou de la LNH

Michel Godbout

Publié 14 juillet 2017
Mis à jour 14 juillet 2017

Je voyais la nouvelle passer sur mon écran d'ordinateur et je n'en revenais tout simplement pas.

Encore une équipe en difficulté, en l'occurrence les Hurricanes, dans un marché de hockey médiocre, la Caroline, qui pourrait se faire sauver et demeurer dans le même piètre marché.

Tout ça au grand dam de Québec et de son marché béton pour le hockey. C'est comme si les grands bonzes de la LNH se servaient de Québec comme d'une poupée vaudou!

«Y'a une équipe qui pourrait déménager à Québec? Ah non, enfonçons une autre aiguille dans la poupée à la place!»

La douleur est perçante et constante pour les partisans de hockey de la Vieille Capitale et c'est à se demander si cela va cesser un jour.

Ce traitement s'apparente presque au supplice de la goutte!

Les faits

Il est facile de s'emporter à la première lecture de la nouvelle, mais il faut tenir compte des faits.

D'abord, la vente des Hurricanes par Peter Karmanos est loin d'être complétée. D'ailleurs ce dernier a même déclaré qu'il pourrait décider de ne pas vendre.

Par contre, s'il décide d'aller de l'avant, tout indique qu'il aurait déjà en sa possession une promesse d'achat. Celle-ci proviendrait de Chuck Greenberg, qui est à la tête du groupe désirant acheter les Hurricanes, un homme d'affaires bien connu des dirigeants de la LNH.

Si l'intention de vendre est bel et bien présente et que l'intention d'achat l'est tout autant, il est difficile de voir comment les deux parties ne pourraient arriver à s'entendre, surtout avec une offre d'achat non confirmée de 500 millions $.

C'est le prix d'une équipe d'expansion, alors pour une équipe établie comme les Hurricanes, avec le talent qu'elle possède, Karmanos serait fou de dire non.

Le retour sur son investissement de 48 millions $ en 1994 serait faramineux, sans mentionner qu'il pourrait vendre pour plus que le double de ce que vaut sa concession (230 millions $ selon Forbes).

Ce n'est pas un secret pour personne que M. Karmanos tente depuis au moins deux ans de vendre sa part majoritaire dans l'équipe. Il y aurait eu des intéressés par le passé, mais aucun ne voulait acquiescer à la demande de Karmanos de demeurer à la tête de l'organisation.

Au mois de mai, trois des fils de ce dernier ont intenté une poursuite contre leur père pour avoir utilisé des fonds en fiducie qui leur étaient destinés afin de financer les opérations de l'équipe. La poursuite se chiffre à 105 millions $. Tout cela étant dit, on peut comprendre la raison de la vente et aussi les éléments qui la compliquent.

Mais ça ne change rien pour Québec. Elle demeure toujours l'orpheline de la LNH, son plan «B» par excellence et sa poupée vaudou de choix.