Pittsburgh - Nashville

Sur les ailes de Crosby

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Avant le début de cette finale, Patric Hornqvist avait indiqué que ses coéquipiers et lui étaient tout aussi affamés de gagner la coupe Stanley qu’ils ne l’étaient à pareille date l’an dernier. «On pourrait laisser notre propre marque dans l’histoire», avait-il souligné.

Cette marque, c’est de remporter deux coupes Stanley consécutives. Un fait d’armes qui n’a pas été accompli depuis les Red Wings de Detroit de 1997 et 1998; un fait d’armes que les Penguins avaient eux-mêmes réalisé en 1991 et 1992, à la grande époque de Mario Lemieux.

Or, voilà que Sidney Crosby et sa bande ne se trouvent qu’à un seul gain de cette réussite. Pas question, cependant, de s’emballer trop vite.

«Il reste encore beaucoup de travail à faire. Nous affronterons une équipe désespérée. On a déjà joué deux matchs là-bas. On est au courant de l’atmosphère qui règne à l’intérieur de cet amphithéâtre et on sait combien ils [les Predators] se nourrissent de cette énergie», a déclaré le capitaine des Penguins, au terme de la victoire de jeudi.

Les expérimentés Penguins se souviennent, sans doute, avoir échoué à leur première occasion d’éliminer les Sharks de San Jose, l’an dernier. L’histoire s’est répétée lors des trois premiers tours du présent tournoi. Ce qui a forcé les champions en titre à disputer des matchs ultimes face aux Capitals de Washington et aux Sénateurs d’Ottawa.

«Il faudra bâtir sur la victoire d’aujourd’hui [jeudi] et amorcer la rencontre avec le même état d’esprit», a indiqué Crosby.

Au sommet dès le départ

Si le numéro 87 lance les hostilités comme il l’a fait lors du cinquième match, ses coéquipiers ne devraient pas avoir trop de difficulté à lui emboîter le pas.

«Sid est une inspiration pour tout le monde. Quand il joue de cette façon, c’est facile de le suivre, a déclaré Matt Cullen. Il élève son jeu à un niveau que bien peu de joueurs sont capables d’atteindre.»

En perçant la défense des Predators, forçant Ryan Ellis à écoper d’une punition, Crosby a ouvert les valves pour une soirée productive lors de cette convaincante victoire de 6-0.

«Quand tu remets la rondelle à un joueur aussi rapide, tu sais qu’il peut être dangereux, a expliqué Jake Guentzel, l’attaquant à l’origine de cet élan du capitaine. Dès le départ, on savait qu’il était au sommet de sa forme.»

«C’est le genre de jeu qui incite tout le monde à être meilleur et à mettre ses bottes de travail», a lancé Chris Kunitz.

Lors de ce cinquième match, le capitaine des Penguins a connu une soirée de plus d’un point pour la 56e fois de sa carrière en séries éliminatoires. Seulement trois autres joueurs (Wayne Gretzky, Mark Messier, Jari Kurri) ont fait mieux que lui.

De plus, ses trois mentions d’assistance ont porté à 20 (4 buts, 16 passes) son nombre de points en finale de la Coupe Stanley. Ce qui en fait désormais le meneur de l’histoire des Penguins à ce chapitre.

Le meilleur d’entre tous

Cette capacité à élever son jeu dans les grandes occasions pourrait bien lui valoir de graver son nom sur le trophée Conn Smythe pour une deuxième année de suite. Il serait le premier joueur depuis Mario Lemieux en 1991 et 1992 (le seul autre est Bernard Parent, en 1974 et 1975) à recevoir cet honneur lors de deux tournois consécutifs.

En conférence de presse, Mike Sullivan n’a pas caché son admiration.

«Il cultive son désir de vaincre tous les jours. Ce qui me fascine chez lui, ce n’est pas qu’il soit un joueur talentueux. Des joueurs talentueux, il y en a plein. Mais il a cette volonté d’être le meilleur et il est prêt à faire tout ce qu’il faut pour l’être. Il ne vient pas à l’aréna simplement pour enfiler son équipement.

«Je n’ai jamais vu un joueur aussi affamé et aussi motivé. Il est déterminé de faire tout en son possible pour nous aider à saisir l’occasion qui se présente à nous.»

Cette occasion, comme le disait Hornqvist, de laisser sa marque dans
l’histoire.