Crédit : Dominic Chan / Agence QMI

Coupe Memorial

Anthony Cirelli: l’homme des grandes occasions

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On le surnomme Captain Clutch! dans le vestiaire des Otters d’Érié. Anthony Cirelli est l’homme des grandes occasions depuis le début de sa carrière junior.

L’attaquant a réalisé son plus grand fait d’armes avec les Generals d’Oshawa, à Québec, le 31 mai 2015. Son filet victorieux en prolongation a couronné champions les Generals pour la cinquième fois de leur histoire.

Cirelli est celui qui a marqué les deux derniers buts au Colisée Pepsi. Il le sait et s’en souvient comme si c’était hier.

«Je me rappelle tout. C’est le plus grand moment de ma carrière jusqu’à présent. Je vais toujours me souvenir de la rondelle derrière Whistle Jackson et des célébrations qui ont suivi», a-t-il relaté avec un large sourire, vendredi, avant le match de demi-finale face aux Sea Dogs de Saint John.

«J’ai permis à mon équipe de gagner le trophée le plus difficile à remporter au hockey, a continué, toujours avec un large sourire, celui qui a débarqué dans le vestiaire des Otters en janvier. C’était incroyable et un sentiment que je n’ai jamais ressenti de nouveau.»

Le joueur de centre de 6 pi 1 po et 184 lb est depuis reconnu comme un redoutable marqueur. Il compte d’ailleurs 10 buts vainqueurs depuis ce moment. Devinez qui a inscrit le but victorieux au cinquième match de la finale de la Ligue de l’Ontario il y a 15 jours? Poser la question, c’est y répondre. Cirelli, bien évidemment! Et en prolongation de surcroît. Il a ainsi soulevé pour la deuxième fois la coupe Robertson.

«C’est un joueur des grandes occasions, a affirmé le véritable capitaine des Otters, Dylan Strome. Il marque toujours les gros buts pour son équipe. Ce qu’il fait dans le feu de l’action est le reflet de la qualité du joueur qu’il est.

«Il fait un boulot colossal depuis qu’il est arrivé parmi nous, autant sur la glace que dans notre vestiaire», a tenu à ajouter Strome.

Celui-ci sait de quoi il parle, car il l’a aussi vu à l’œuvre au sein de l’équipe nationale junior.

Cirelli avait remis le Canada sur les rails en première période de la demi-finale contre la Suède, au Centre Bell. Il avait aidé Mitchell Stephens à créer l’égalité une première fois avant de remettre les compteurs à zéro une deuxième fois avant la fin de l’engagement. L’unifolié avait finalement gagné son billet pour la finale.

La clé de Knoblauch

Adjoint à Dominique Ducharme au Championnat du monde junior et entraîneur-chef des Otters, Kris Knoblauch sait exactement ce que lui apporte Cirelli. Après l’avoir eu sous la main au Mondial junior, il l’a dirigé durant la seconde moitié de la campagne à Érié.

Le rapide et agile attaquant amène une bonne présence offensive et une grande efficacité en défense.

Responsable

Un legs que le vaillant espoir du Lightning de Tampa Bay a amené des Generals alors qu’il a évolué sous les gouvernes de D.J. Smith et ensuite Bob Jones.

«Anthony, Taylor [Raddysh] et Warren [Foegele] sont la clé du succès pour notre équipe. Ils jouent toujours contre les meilleurs trios adverses et ils réussissent à être responsables tout en produisant», a souligné Knoblauch.

«C’est important d’avoir ce type de joueur, a poursuivi l’entraîneur. Il a une énorme tâche en infériorité numérique. Il l’a prouvé tout au long des séries dans l’OHL. Anthony est responsable et peut marquer n’importe quand le but assommoir. C’est le type de joueur dont un entraîneur ne peut se passer, surtout dans les moments névralgiques.»

Dur à croire qu’il n’ait jamais été repêché dans la ligue junior de l’Ontario (OHL) Les Generals lui avaient fait signer un contrat de joueur autonome avant la campagne 2014.

Il compte maintenant une coupe Memorial, deux coupes Robertson et une médaille d’argent du Mondial junior à son actif.

En 229 matchs de saison régulière et des séries éliminatoires, il a produit 78 buts et 205 points tout en présentant un différentiel de +78.

Le Lightning n’a pas raté son coup en le sélectionnant au troisième tour de l’encan 2015.

Pas de recette miracle

La question revient sur le tapis chaque année. Que pourrait-on faire pour améliorer le tournoi de la Coupe Memorial?

Sans recette miraculeuse, cette question reste sans réponse. La formule de quatre équipes réunissant les trois champions des ligues de la LCH et l’équipe hôtesse semble coulée dans le béton.

À cette 99e édition du tournoi canadien, trois pointages élevés ont prouvé quelques défaillances du système. Curieusement, les Thunderbirds de Seattle n’ont pas été de taille.

Pas évident de remporter les grands honneurs dans sa ligue et de se pointer dans un court tournoi contre les autres champions. C’est pourquoi la coupe Memorial est selon plusieurs la plus difficile à soulever.

Les dirigeants de la LCH pourraient-ils s’inspirer des circuits majeurs d’Amérique du Nord? Le baseball majeur a innové en 2012 en présentant une formule intéressante déterminant le quatrième as par un match suicide.

Les idées sont nombreuses dans le cas de la LCH. Inclure les finalistes des trois ligues, ajouter la formation ayant récolté le plus de points en saison régulière, un tournoi réunissant les quatre ou huit meilleures formations au pays selon le classement annuel, etc. Certaines de ces «solutions» enlèvent par contre du lustre aux championnats de ligue.

Il faut toutefois toujours réfléchir aux coûts et la durée du tournoi. Et surtout, ne pas évincer l’équipe hôtesse de l’équation, car sans sa présence, les gradins sont dégarnis. Depuis le début du tournoi à Windsor, les partisans sont au rendez-vous lorsque les Spitfires sont sur la glace, mais les autres duels, dont la demi-finale vendredi soir, sont moins populaires. La question reste toujours d’actualité.