Club de foot Montréal

Il faut qu’on parle de Bernardello (et plus encore)

Il faut qu’on parle de Bernardello (et plus encore)

Vincent Destouches

Publié 25 mai 2017
Mis à jour 25 mai 2017

La troupe de Mauro Biello est allée à Vancouver pour chercher un résultat. Elle est revenue avec une leçon inattendue dans ses bagages.

Pour la demi-finale aller du Championnat canadien, l’entraîneur-chef montréalais avait concocté un alignement alliant jeunesse et expérience. Ce qu’il n’avait pas nécessairement prévu, c’est que son équipe allait évoluer dans le système dit du « trou de beigne », c’est-à-dire avec un énorme trou au milieu, comme l’a habilement signalé un amateur de l’Impact.

De bataille du milieu il n’y a donc pas eu. C’est plutôt une opération « portes ouvertes » qui a été menée, au grand déplaisir d’une défense pas exempte de tout reproche. Incapable de tenir le ballon, de desserrer l’étau autour de la défense et encore moins de mettre les attaquants dans de bonnes conditions, le trio composé de Calum Mallace, Adrian Arregui et Hernan Bernardello a failli.

À la dérive

On a coutume de dire que l’on n’est jamais aussi bon que son dernier match. C’est une chose que j’exècre. Rater des matchs, ça arrive. Chaque performance devrait être remise dans un contexte plus global.

Dans le cas de Bernardello, c’est là que ça se complique. Car sa performance ratée en Colombie-Britannique s’inscrit dans une saison où l’Argentin aura rarement joué au niveau d’un titulaire. Ses choix douteux et ses erreurs coûteuses le mettent plutôt au passif qu’à l’actif du Bleu-Blanc-Noir.

Là où Donadel est dans le positionnement tactique, Bernardello se livre trop facilement. L’Italien contrôle l’espace devant la défense; l’Argentin court inutilement pour le protéger. Actuellement, il n’y a pas de débat entre les deux joueurs pour le poste de milieu défensif. Quant au poste de milieu relayeur, Blerim Dzemaili, Patrice Bernier et même Adrian Arregui ont un meilleur profil.

L’ironie de l’histoire, c’est qu’au vu du style préconisé par l’Impact, la présence d’un Eric Alexander – dont le club s’était départi pour recruter l’Argentin – aurait fait du bien...

Un joueur en danger

Même si tout le monde semble demander la tête de Bernardello en ce moment, je pense qu’il a encore sa place dans l’effectif et qu’il aura son rôle à jouer dans la saison de l’Impact. Mais en tant que joueur de complément. Il pourra ainsi canaliser son énergie et ses efforts sur des missions précises, en fin de match ou en relève.

À mes yeux, le grand perdant de la demi-finale à Vancouver est davantage Mallace. Nuance oblige, je me dois de rappeler qu’il n’est pas évident pour quiconque de sortir un grand match avec aussi peu de rythme et de minutes dans les jambes. Mais son apport est de plus en plus négligeable.

Dans les circonstances actuelles, l’Impact, c’est vrai, se doit de mieux tenir le ballon, notamment sous pression. L’équipe n’a pas l’explosivité et la vitesse, surtout au milieu, pour être une véritable équipe de contre. La défense n’est pas non plus capable d’encaisser trop de pression sans fléchir. Ce que l’Impact vise, c’est l’équilibre entre attaque rapide et possession, et à ce petit jeu, la performance contre les Timbers de Portland est la référence de la saison.

Le grand gagnant

Maintenant, quels sont les joueurs qui peuvent permettre à l’Impact de jouer dans ce style ? Arregui, j’en ai parlé, a une carte à jouer. Il est une alternative au poste de Bernier dans une version plus défensive du 4-3-3, voire au poste de milieu défensif où je l’avais trouvé intéressant contre Columbus. Par contre, il faudra qu’il franchisse un palier dans le jeu vers l’avant, une facette que Biello avait pourtant citée comme l’un de ses points forts.

Louis Béland-Goyette en est un autre qui pourrait avoir son mot à dire. Même sans avoir joué, il est d’ailleurs l’un des grands gagnants du match à Vancouver, puisque ses concurrents directs n’ont pas convaincu.

Rappelons que « LBG » sort d’une saison pleine au FC Montréal, et qu’il a reçu les éloges du directeur technique à l’issue d’une présaison réussie. Est-il l’homme providentiel ? Peut-être, peut-être pas. Mais il mérite sa chance. D’autant que ses qualités correspondent à ce que l’Impact cherche tant de ses milieux.

Et puis, si la saison 2017 nous a appris une chose jusqu’ici, c’est que les jeunes de l’Académie ont plus d’un tour dans leur sac, et que leur fougue est la bienvenue.