Crédit : AFP

New York - Ottawa

David contre Goliath

David contre Goliath

Louis Jean

Publié 25 mai 2017
Mis à jour 25 mai 2017
«Tout le monde sur la planète sait qu'ils sont meilleurs que nous ». 
 
Cette déclaration de l'entraîneur-chef des Sénateurs d'Ottawa Guy Boucher avait fait écarquiller bien des yeux et a soulevé de vives réactions, surtout qu'elle survenait après une dégelée de 7-0.
 
48 heures plus tard, les Sénateurs se sont relevés et ont remporté le match numéro six pour forcer un match décisif. Boucher savait ce qu'il faisait. 
 
Il n'avait pas abandonné sur son équipe, au contraire. Le pilote des Sénateurs voulait recréer la mentalité «c'est nous contre la planète». Un mantra qui a bien servi l'équipe depuis le début des séries et depuis le début de la saison. 
 
Personne - ou à peu près personne - ne croyait en Ottawa à la finale de l'Association de l’Est. 
 
Les champions en titre sont plus talentueux, ils ont plus de profondeur et ils ont plus de joueurs d'impact que les «Sens». C'est un fait. Ils comptent sur probablement le meilleur joueur au monde en Sidney Crosby. Evgeni Malkin n'est pas très loin sur la liste non plus. Et que dire de Matt Murray. Tout ce qu'il fait, c'est gagner!
 
David contre Goliath
 
Les Pens sont un rouleau compresseur. Les Sens sont une équipe cendrillon. Mais détrompez-vous, Ottawa a quand même beaucoup d'éléments. Plusieurs équipes souhaiteraient avoir leur attaque. Erik Karlsson est selon moi le meilleur défenseur du circuit et quand Craig Anderson est dans la zone, il peut voler des matchs comme mardi dernier.
 
La réalité toutefois est que le match de ce soir, c'est David contre Goliath. Les Penguins sont plus grands, plus forts, plus redoutables que l'équipe ottavienne. Les Sénateurs utilisent des lance-pierres. 
 
Les joueurs savent très bien que sur papier, ils n'ont aucune chance. Mais c'est aussi ce que la majorité des experts ont dit de leur chance de se rendre en finale.
 
Les statistiques favorisent aussi Sid the Kid et compagnie. Dans leur histoire, les Sénateurs n'ont jamais gagné un match numéro sept. Mais tout cela n'importe peu.
 
Pour Ottawa, ce soir c'est un privilège. Ce soir c'est une autre opportunité de prouver aux détracteurs que tout est possible. 
 
«Pourquoi pas nous?»
 
Lors du camp d'entraînement, le directeur-général Pierre Dorion a averti l'équipe que les choses allaient être différentes. C'était un nouveau départ. Le camp serait plus intense. Le système de jeu complètement repensé. Il a terminé avec cette phrase.
 
«Why not us? Why not now?»  Pourquoi pas nous? Pourquoi pas maintenant?
 
Guy Boucher a tout à fait raison.
 
Les Penguins forment la meilleure équipe des deux. Mais ce n'est pas toujours la meilleure équipe qui gagne. Les Sénateurs ne sont qu'à une victoire d'une deuxième participation en finale de la Coupe Stanley. Ce n'est pas la motivation qui manquera.