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La Chambre Économique Canada-Europe honorera l’engagement de Marian Stastny

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En sélectionnant Marian Stastny pour son Prix d’Excellence Ambassadeur lors de son gala inaugural de jeudi soir, la Chambre Économique Canada-Europe exerce un choix logique et unanime. Pourtant, l’ancien des Nordiques se dit étonné de faire l’objet d’un tel hommage pour ses contributions à la communauté plutôt que sur la glace.

La Chambre Économique, qui vise notamment à faire la promotion des échanges commerciaux entre le Canada et l’Union européenne, remettra des prix PME, Grande Entreprise et Ambassadeur afin de saluer les échanges entre les deux communautés.

Marian Stastny a choisi de s’établir à Saint-Nicolas au terme de sa carrière de hockeyeur et y a ouvert le golf portant son nom en 1994. Depuis, l’entrepreneur a greffé un hôtel et un restaurant au projet et, pour le conseil d’administration de la Chambre, il allait de soi d’honorer le populaire aîné du trio qu’il formait avec ses frères Peter et Anton.

«Je n’ai jamais imaginé une surprise comme ça», a commenté Stastny mardi. En même temps, je suis très fier. Dans le domaine des affaires, je me sens toujours comme un débutant.

«J’ai commencé quelque chose qui était de l’inconnu pour moi et j’en suis aujourd’hui à ma 23e année. Quand tu es joueur de hockey, tu es par la force des choses un homme d’affaires, mais après, tu apprends à le devenir d’une autre façon, avec de nouvelles responsabilités», a-t-il souligné.

Avec Anton

Si Peter manquera à l’appel pour cet hommage à son frangin, Anton sera de la fête, lui qui est déjà en ville. Pour l’ancien numéro 20, le fait que Marian soit honoré comme bâtisseur se veut symbolique.

«On a beaucoup aidé à détruire le système qui régnait chez nous [en quittant le rideau de fer]. Notre déni du système communiste a aidé à ouvrir les yeux des gens de là-bas et d’ailleurs. On est arrivé ici pour jouer, mais la première raison, c’est qu’on a cherché la liberté. On se sentait dans une enclave et la liberté n’a pas de prix. Aujourd’hui, les barrières économiques sont aussi tombées avec le libre-échange», a-t-il dit.

Les affaires et le hockey

Avec le sourire espiègle qui le caractérise, Anton semblait fier d’être présent et tout de même un brin surpris.

«On a connu des carrières assez extraordinaires comme joueurs. Si on avait été aussi bons en affaires, on ne serait probablement pas assis ici!» a-t-il badiné.

Blague à part, Anton Stastny s’est dit admiratif devant le parcours de son frère, autant d’un point de vue sportif, que familial et économique.

«Mes parents nous disaient souvent quand on était plus jeunes: “Suivez Marian!” Et ils avaient raison. Il a toujours été très entrepreneur, il a eu une opportunité magnifique d’investir ici et il a sauté dessus.»

Il est à noter que les trois frères Stastny ont été réunis en novembre dernier lors d’un bref séjour à Bratislava.

«Quand je suis là-bas, mon Québec me manque et quand je suis ici, c’est mes racines qui me manquent», a souri Marian Stastny, qui est établi en sol québécois depuis 36 ans.

Plusieurs témoignages admiratifs

Les témoignages sur le talent de Marian Stastny sur la glace ont toujours été légion et voilà que sa contribution comme individu et entrepreneur au sein de la société québécoise suscite aujourd’hui la même admiration.

«Au départ, il a acheté un terrain pour construire sa maison. Il a vu les opportunités et il a ajouté des parcelles. Tout a commencé avec un champ de pratique et un premier neuf, puis un deuxième. À mon avis, Marian voyait petit et il a ajouté au fur et à mesure. C’était une bonne approche», a souligné son frère Anton.

Même constat chez celui qui préside l’Association des anciens Nordiques, Dave Pichette.

«Tous les anciens, on est heureux quand un autre ancien réussit dans la vie. Les anciens Nordiques, c’est un peu en voie de disparition !», a-t-il blagué.

«Marian a décidé de se lancer dans le golf, avec un restaurant et un hôtel. Il a adopté Québec et Québec l’a adopté. C’est un honneur très mérité pour Marian. Il a toujours été très impliqué dans la région», a ajouté celui qui était son voisin dans le vestiaire.

La communauté des affaires fière

Pour la Chambre Économique Canada-Europe, il allait de soi que Marian Stastny devait devenir le premier ambassadeur honoré dans le cadre de son gala d’excellence.

«Il y avait une pérennité dans le choix de sa ville, de la région où il a investi. Pour nous, c’était un choix très facile, d’autant plus que la Slovaquie sort des sentiers plus battus que sont les six pays fondateurs de l’Union européenne», a souligné le président, Samir Ayoub.

De son côté, le vice-président Vincent Bernier ne tarit pas non plus d’éloges.

«Marian a investi ici les sommes gagnées durant sa carrière et le Québec en sort gagnant avec un golf magnifique», a-t-il indiqué.

La soirée se déroulera en présence de l’ambassadrice de l’Union européenne au Canada, Marie-Anne Coninsx, ainsi que de nombreux ministres et élus des trois paliers de gouvernement.