New York - Ottawa

Guy Boucher n’a jamais vu un partisan marquer un but

Agence QMI / Jean-François Chaumont 

Publié | Mis à jour

Guy Boucher restera toujours un moulin à paroles. Il n’offrira jamais une réponse en deux ou trois mots.

À la veille du sixième match face aux Rangers de New York, l’entraîneur en chef des Sénateurs d’Ottawa a cherché à relativiser les insuccès des siens au mythique Madison Square Garden, lundi.

«Il faut aborder le prochain match avec une idée assez simple: ce qui se passera sur la glace est la seule chose qui compte, a mentionné Boucher. Je n’ai jamais vu encore un partisan marquer un but. Et je suis pas mal certain que ça n’arrivera pas lors de la prochaine rencontre. On jouera encore à six contre six.»

Les Sénateurs auront l’occasion d’éliminer les «Blueshirts» lors de ce sixième match. Mais ils devront le faire dans un édifice où ils ont subi des revers de 4-1 à deux reprises. Depuis le début de cette série, les Sénateurs ont présenté deux visages, celui d’une équipe increvable et déterminée devant ses partisans et celui d’une équipe déboussolée en territoire ennemi.

À Ottawa, les Sénateurs ont signé trois victoires et marqué 13 buts contre Henrik Lundqvist et les Rangers. À New York, ils ont perdu deux rencontres et inscrit seulement deux buts.

Aucune superstition

Dans l’espoir de conjurer ce mauvais sort à Manhattan, les Sénateurs ont chamboulé leur routine. Boucher a convié ses joueurs à un entraînement optionnel à la veille de cette importante rencontre et seuls les réservistes patineront au Madison Square Garden quelques heures avant le duel. À l’intérieur du vestiaire de l’équipe adverse, les joueurs avaient tous changé de casier.

«Je n’ai rien à voir avec les changements dans notre vestiaire, a répliqué Boucher. L’initiative doit venir des joueurs.»

Questionné à savoir s’il croit aux superstitions, l’entraîneur en chef a offert une réponse assez claire.

«Non, je ne suis pas superstitieux, a-t-il répliqué. Je me fais un devoir de ne pas l’être. Je refuse de devenir esclave des superstitions. Si nous faisons les choses différemment, ce n’est pas parce que je l’ai exigé.»

Rien d’impossible

S’il se tient loin du jeu des superstitions, Boucher a admis qu’il aura un travail psychologique à faire avec ses joueurs.

«Oui, j’ai un travail à faire à ce niveau, a-t-il souligné. Mais je pense que c’est la même chose pour tous les matchs en saison. En séries, ça prend une plus grande ampleur. Mais ça n’a rien à voir avec ce qui se passe sur la glace. Il y a toujours deux lignes bleues, une ligne rouge, deux filets et des bandes autour de la patinoire. Il y a juste ça qui compte. Tout le reste est du fla-fla.

«Les partisans sont plus excités, les médias font grandir le match. C’est bon pour la LNH et c’est excitant. Mais il ne faut pas rentrer dans cette spirale de la démesure. Quand tu le fais, tu t’éloignes de ta tâche à accomplir et du sang-froid requis pour bien réagir.»

Alexandre Burrows et Derick Brassard ont assez d’expérience pour savoir que les Rangers vendront chèrement leur peau.

«Oui, ils sortiront encore plus fort qu’au troisième match, a dit Burrows. Mais je peux aussi vous garantir que nous sortirons pas mal plus fort également. Nous avons compris que peu importe où nous jouons, que ce soit au Madison Square Garden ou à la maison, il faut garder la même approche. C’est de cette façon qu’on se prépare.»

«On s’attend à leur meilleur match, a renchéri Brassard. Mais il faut se servir des expériences des matchs 3 et 4. On sait à quoi s’attendre. Avant leurs deux victoires contre nous, ils ont connu des moments plus difficiles à domicile, on sait qu’ils sont battables. On va espérer que demain (aujourd’hui) ils connaissent une soirée où ça marche un peu moins pour eux.»

Voyez le compte rendu de Renaud Lavoie dans la vidéo ci-dessus.