Crédit : Le Journal de Montreal

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Top 10: Les plus grandes rivalités du hockey

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Il n'est pas difficile de trouver 10 grandes rivalités dans l'histoire du hockey. Le plus difficile est vraiment de faire des choix entre elles.

Nous avons bâti nos choix en fonction de l'historique entre les deux formations, que ce soit marqué par des événements disgracieux ou des buts mémorables en situations dramatiques. Nous aurions aimé inscrire les Canadiens et les Maple Leafs dans notre Top 10 mais malheureusement, les deux formations n'ont pas croisé le fer en séries éliminatoires depuis le printemps 1979, donc aucun affrontement dans l'histoire récente de cette rivalité basée presque uniquement sur la saison régulière.

Ça va comme suit..

10) Sharks vs. Kings vs. Ducks

On brasse la sauce quelque peu ici en sortant des sentiers battus. La 10e place de notre classement est consacrée à une rivalité tripartite entre les trois clubs de la Californie.

Les Sharks font figure de parent pauvre dans ce portrait, car c'est la seule parmi elles à ne jamais avoir remporté la Coupe Stanley. Souvent malchanceuse, ou carrément incapable de se lever dans les grands moments, la formation de San Jose aura au moins surpris en 2016 en se rendant jusqu'en grande finale.

Les Ducks ont été les premiers à conquérir le St-Graal du hockey en 2007. Par la suite ont suivi les Kings avec les championnats de 2012 et 2014.

Les trois formations se retrouvent en 2017 un brin vieillissantes et dans les dernières années de leur suprématie. Plusieurs vétérans de chaque formation en sont à leurs derniers miles comme joueurs dominants dans la LNH. Cette rivalité à trois formations pourrait donc disparaître d'un éventuel Top 10 écrit dans cinq ans.

9) Blackhawks vs. Blues

Nous demeurons dans l'Ouest, particulièrement dans la section Centrale, pour une rivalité incontournable entre deux vieux rivaux depuis l'arrivée des Blues en 1967 par voie de l'expansion. À travers les années, les deux formations ont croisé le fer à 12 reprises au printemps, dont le dernier affrontement l'an dernier quand St-Louis avait eu le dessus sur les champions en titre en sept affrontements épiques.

Les Blackhawks jouissent d'un léger avantage avec 35 victoires contre 28 défaites en séries éliminatoires. Ce sont deux équipes qui se détestent souverainement et où les mêlées générales ont été légion dans les années 1980 en particulier. D'ailleurs, Blues et Hawks ont croisé le fer à cinq reprises en l'espace de six saisons entre 1988 et 1993. On ne le saura jamais, mais le fait de s'être entre-déchirés de la sorte en séries a peut-être privé l'une de ses équipes d'une conquête de la Coupe Stanley pendant cette période.

8) Flyers vs. Penguins

La bataille de la Pennsylvanie fait amplement partie de notre Top 10. Là encore, il s'agit d'une riche histoire entre deux formations appuyées inconditionnellement par des partisans maniaques de hockey.

D'abord, les deux équipes faisaient partie en même temps de la grande expansion de 1967. Ce sont les Flyers qui ont connu le plus de succès dans les premières années de la franchise dans les années 1970 à l'époque des «Broad Street Bullies». C'était un temps où les Flyers ne faisaient qu'une bouchée des Penguins. Aussi incroyable que ça puisse paraître, Pittsburgh n'a pas gagné un seul match au Spectrum de Philadelphie du 7 février 1974 au 2 février 1989, une séquence de 42 parties!

Ça, c'était avant l'arrivée d'un certain Mario Lemieux au début des années 1990 et les deux conquêtes de la Coupe Stanley des Penguins.

Avantage tout de même aux Flyers qui depuis 1989 revendiquent quatre victoires en six affrontements de séries éliminatoires, le dernier remontant à 2012.

Un peu comme au Québec dans les années Canadiens-Nordiques, l'état de la Pennsylvanie est divisé en deux. On se doit de choisir un camp; tu es un Flyer ou un Penguin. Impossible d'appuyer les deux équipes. Ça ne se fait pas.

7) Devils vs. Rangers

La rivalité la plus proche géographiquement dans toute la LNH puisque seulement la rivière Hudson sépare Manhattan de Newark au New Jersey.

Cette proximité rend cette rivalité tout à fait spéciale. Les affrontements en séries éliminatoires ont un cachet vraiment particulier. Le dernier face à face entre les deux formations remonte à 2012 quand les surprenants Devils menés par le vétéran Martin Brodeur devant le filet avaient eu le meilleur sur les Rangers en finale de l'Association de l'Est.

C'est cependant la victoire des Rangers en 1994 qui a marqué l'imaginaire des amateurs de hockey de la Grosse Pomme. Le fameux but du Québécois Stéphane Matteau en deuxième prolongation du 3e match de cette série demi-finale de la Coupe Stanley est probablement le fait saillant de cette grande rivalité naturelle.

Tout de suite après le championnat des Rangers en 1994, ce fut la belle époque des Devils. Réputée pour son style éteignoir en défensive, la formation du New Jersey a eu nettement le dessus sur celle de New York à compter de 1995 quand la Coupe Stanley a traversé la rivière. De 1997 à 2001, notons les 23 victoires de suite en saison régulière des Devils sur les Rangers, une domination outrageuse. Les championnats de 2000 et 2003 ont consacré un net avantage aux Devils. Le vent a cependant changé de nouveau de côté au cours des dernières années alors que les Rangers ont un abonnement presque à chaque année aux séries éliminatoires, ce qui n'est pas le cas des Devils.

6) Flames vs. Oilers

Malheureusement pour les partisans des Flames, ils n'ont jamais eu l'occasion d'applaudir à tout rompre un grand joueur de la trempe de Wayne Gretzky dans leur uniforme. Inévitablement, la seule présence de Gretzky dans le chandail des Oilers confère un avantage certain à la formation d'Edmonton dans la grande bataille de l'Alberta.

À la fin des années 1980, Flames et Oilers faisaient partie de la crème de la Ligue nationale. D'ailleurs, l'une ou l'autre de ces équipes a atteint la finale de la Coupe Stanley huit années de suite de 1983 à 1990. Une séquence qui a permis aux amateurs de hockey de l'Alberta de célébrer un championnat à six occasions.

C'était une grande époque. L'ère de Gretzky, bien sûr, mais aussi celle de Glenn Anderson, Paul Coffey, Al McInnis, Lanny MacDonald. Jarri Kurri, Grant Fuhr, Mark Messier, Doug Gilmour et Joe Nieuwendyk, tous membres du temple de la renommée.

En cinq affrontements entre les deux formations lors des séries éliminatoires, avantage aux Oilers avec quatre victoires.

Allons-nous avoir le privilège de revoir un face à face entre les deux équipes dans les prochaines années? Si c'est le cas, il y a fort à parier qu'un certain Connor McDavid pourrait réécrire une histoire à l'air de déjà vu...

5) Canadiens vs. Nordiques

La bataille du Québec n'aura duré que 15 ans seulement, mais elle fut tellement intense que c'est suffisant pour lui consacrer une place parmi les cinq plus grandes rivalités du l'histoire de notre sport national.

Il s'agit d'une rivalité extrêmement bien documentée qui avait déchiré la province en deux. Les entraîneurs Michel Bergeron et Jacques Lemaire, qui se détestaient pour vrai!, avaient été des protagonistes importants.

Il s'agissait d'un duel si intense qu'on en parle encore plus de 20 ans après le départ des Fleurdelisés pour le Colorado à la fin de la saison 1995. La transaction de Patrick Roy chez l'Avalanche en 1996, puis sa conquête de la Coupe Stanley la même année a fait jaser plus longtemps encore.

Parmi les moments forts, on ne pourra jamais oublier le but de Dale Hunter en 1982 pour donner la victoire aux Nordiques pour la première fois en séries face au Tricolore. Puis en 1984, l'explosion avec la fameuse bagarre générale du Vendredi Saint qui a marqué l'histoire du hockey lors d'une scène tout simplement disgracieuse. Le but refusé d'Alain Côté, le but de Peter Stastny, la victoire surprise des Canadiens sur les Nordiques lors des séries de 1993 ne sont que quelques autres moments marquants de ce face à face épique.

La rivalité renaîtra-t-elle un jour? On le souhaite tous!

4) Sénateurs vs. Maple Leafs

La bataille de l'Ontario a marqué les amateurs de hockey du pays au grand complet au début des années 2000 où chaque printemps était synonyme d'un affrontement entre les Sénateurs et les Leafs.

Sur une période de cinq ans, soit entre 2000 et 2004, les deux clubs ont croisé le fer à quatre reprises. Et chaque fois, la troupe dirigée par Pat Quinn à Toronto a eu le dessus.

Ce sont des choses qui ne s'oublient pas, qu'on soit partisan de l'une ou l'autre des deux équipes.

Tout comme Canadiens-Nordiques, cette rivalité ontarienne a été marquée par plusieurs incidents mémorables, à commencer par le coup de bâton accidentel de Marian Hossa au visage de Bryan Berard qui lui avait presque coûté un œil et sa carrière en 2000.

La rivalité n'a fait qu'augmenter en intensité d'année en année. Darcy Tucker s'en était pris à Chris Neil au banc des Sénateurs en 2003. Tucker avait accusé Neil de lui avoir craché dessus, ce qui n'a jamais été prouvé. Puis dans le même match, Tie Domi avait agressé Magnus Arvedsson.

Lors du dernier affrontement entre les deux formations en 2004, les Leafs ont de nouveau eu le dessus. C'en était trop à Ottawa. Le gardien Patrick Lalime était échangé aux Blues de St-Louis, et l'entraîneur Jacques Martin se voyait montrer la porte de sortie.

Depuis, la rivalité a perdu un peu de son lustre. Une petite étincelle, comme un autre affrontement en séries suffirait probablement à la rallumer.

3) Avalanche vs. Red Wings

Une rivalité qui a mis en scène deux grandes puissances du hockey de la fin des années 1990 au début des années 2000. Là aussi, quelques scènes disgracieuses, voire folkloriques, ont pimenté cette grande rivalité.

Deux Québécois, Patrick Roy et Claude Lemieux ont été des acteurs de premier plan de cette guerre sans merci. C'est vraiment Lemieux qui avait mis le feu aux poudres avec sa mise en échec par-derrière aux dépens de Kris Draper dans les séries 1996. Une mise en échec qui avait secoué les Red Wings dans ce sixième match de la série demi-finale de la Coupe Stanley. Jamais les Wings, et Draper, n'ont oublié ce coup vicieux. Dino Ciccarelli ne s'était d'ailleurs pas fait prier pour dire aux médias après la rencontre qu'il n'en revenait tout simplement pas d'avoir serré la main de Lemieux après la série.

Bien que l'Avalanche ait remporté sa première Coupe Stanley en 1996, Detroit est revenu en force les deux saisons suivantes avec des conquêtes du gros trophée. Ce fut des saisons marquées par deux mêlées générales mémorables mettant en scène Roy dans de furieux combats face à Mike Vernon et Chris Osgood. Dans la première bagarre, survenue le 26 mars 1997, le robuste Darren McCarty avait sauté sur Lemieux et lui avait asséné une pluie de coups. Cette année-là, les Wings ont eu le meilleur sur l'Avalanche en finale de l'Ouest.

Au cœur de cette rivalité, de grands joueurs tels que Roy, Joe Sakic, Peter Forsberg, Steve Yzerman, Sergeï Fedorov et autres Nicklas Lidstrom ont tous eu des rôles à jouer. La rivalité ne sera plus jamais la même, d'autant plus que les Red Wings ont déménagé dans l'Est il y a quelques années.

2) Penguins vs. Capitals

Nous vivons présentement une rivalité tout à fait exceptionnelle entre les Penguins et les Capitals. Très actuel, ce face à face entre deux grandes équipes de hockey depuis le milieu des années 2000 n'est toujours pas terminé.

Peu de gestes disgracieux ont marqué cette rivalité dans les dernières années. C'est vraiment la qualité du jeu entre les deux formations, en plus d'un affrontement de tous les instants entre deux super vedettes; Sidney Crosby et Alexander Ovechkin.

Nous pouvons reculer dans le temps pour se rappeler vraiment la naissance de cette rivalité survenue bien avant l'arrivée de Crosby et d'Ovechkin dans la Ligue nationale. Il y a eu d'abord l'affrontement entre les deux équipes en 1991 dans le parcours des Penguins jusqu'à la Coupe Stanley. L'année suivante, peu de gens se souviennent que les Capitals sont passés bien près d'avoir le dessus sur Pittsburgh et freiner son inlassable poussée vers un deuxième championnat de suite. Dans cette série de deuxième tour, Washington avait pris les devants 3-1 avant que les Penguins ne comblent l'écart et l'emportent en sept parties.

Les deux équipes croisent le fer en séries éliminatoires pour la 10e fois l'une contre l'autre cette année. Les Penguins ont une fiche remarquable de huit victoires en neuf face à face. Que dire de plus? Ovechkin aura-t-il finalement l'avantage sur Crosby. Encore quelques jours pour le savoir.

1) Canadiens vs. Bruins

Il était immanquable de conférer le premier rang absolu des grandes rivalités du hockey à Canadiens-Bruins, synonyme d'affrontements en séries éliminatoires.

Jamais deux équipes se sont rencontrées aussi souvent dans les séries éliminatoires dans toute l'histoire du hockey. Un grand total 34 affrontements différents lors des séries; le premier en 1929, le dernier en 2014.

Encore là, net avantage aux Canadiens qui ont traditionnellement toujours eu le meilleur sur les Bostoniens. Imaginez. Vingt-cinq victoires en 34 affrontements, c'est tout simplement outrageux comme fiche. De 1946 à 1989, les Canadiens ont remporté 18 séries de suite face aux Bruins avant de s'incliner en 1990! Plus effarant encore, les deux équipes se sont affrontées dans le cadre de septième et ultime match à neuf reprises, c'est un record de la Ligue nationale.

Plusieurs fois dans l'histoire, les Bruins arrivaient grands favoris avant l'affrontement face au Bleu-Blanc-Rouge avant de s'incliner contre toute attente. C'était le cas en 1979 (le but d'Yvon Lambert), et aussi en 2004 (les miracles de José Théodore).

Canadiens-Bruins, c'est LA rivalité du hockey depuis toujours. Chaque printemps, quand les séries approchent et que les deux équipes sont dans le portrait, il est impossible d'écarter du revers de la main la possibilité de les voir croiser le fer. Ils ont un abonnement à vie l'une contre l'autre, peu importe les protagonistes sur la glace ou derrière le banc. On en redemande!