New York - Ottawa

Sénateurs-Rangers: les apparences sont trompeuses

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La croyance populaire dans le monde du sport veut qu’une équipe ne soit pas dans le pétrin tant qu’elle n’a pas perdu un match à domicile. En appliquant ce concept, on pourrait en venir à la conclusion que ni les Rangers ni les Sénateurs n’ont de raison de s’inquiéter dans la série qui les oppose.

D’ailleurs, cela semblait être le mot d’ordre dans le camp de l’équipe canadienne, avant son retour dans la capitale fédérale. Rencontrés dans un chic hôtel de New York au lendemain de ce deuxième revers consécutif de 4-1 aux mains des Blueshirts au Madison Square Garden, les hommes de Guy Boucher se disaient satisfaits de rentrer à la maison avec une égalité dans cette confrontation.

«Si quelqu’un nous avait offert de commencer la série à ce point-ci, à 2-2, avec l’avantage de la patinoire, on aurait accepté», a souligné Dion Phaneuf.

«Ce n’est pas arrivé souvent qu’on ait perdu trois matchs de suite au cours de la saison [quatre fois]. Et on s’en va à la maison, là où nous avons bien joué dernièrement. C’est le temps de rebondir», a indiqué Jean-Gabriel Pageau. Même Boucher, grand philosophe devant l’éternel, n’a pu s’empêcher de se montrer optimiste malgré la tournure récente des événements.

«On est en deuxième ronde. La série est 2-2 et on s’en va à la maison grâce à l’avantage de la glace qu’on a gagné en saison régulière. Je ne vois aucunement de point négatif aujourd’hui. On est dans une position très enviable», a soutenu le pilote des Sénateurs.

Chanceux, les Sénateurs?

Que l’entraîneur voie la vie en rose et inculque cette pensée magique à ses joueurs, c’est une chose. Et c’est bien normal. Après tout, c’est pour cette raison que Pierre Dorion le paie. Mais qu’en est-il exactement?

La réalité, c’est que les Rangers pourraient bien mener cette série 3-1.

«Nous aussi, nous pourrions mener cette série 3-1», s’est empressé de répliquer Guy Boucher au représentant du «Journal de Montréal».

Voilà une autre belle façon de voir les choses. Cependant, le fait est que si Pageau n’avait pas marqué quatre buts, couronnant une remontée de fin de troisième période, les représentants de la capitale fédérale seraient à une défaite de subir le même sort que le Canadien.

C’est au cours de cette rencontre que le vent a tourné. Étant parvenus à s’ajuster, les Rangers ont forcé leurs rivaux à commettre 28 revirements. Ils ont dirigé 48 tirs cadrés sur Craig Anderson, dont 19 au cours du deuxième vingt.

Rien n’est parfait

Ce qui s’ajoute aux 16 lancers ratés et aux 19 autres bloqués. Seul un relâchement en fin de troisième période a permis aux Sénateurs de résister.

«On a fait preuve de caractère et on a gagné chez nous, s’est défendu Boucher. On est dans les séries. Si tu demandes aux autres équipes si elles jouent toutes des matchs parfaits, je suis persuadé qu’Anaheim va te dire qu’ils n’ont pas aimé les deux premières périodes de leur dernier [un gain de 4- 3 en prolongation]. Si quelqu’un pensait qu’on allait planter l’autre équipe, il n’est pas très, très brillant.»

«On est conscients que tout le monde s’attendait à ce qu’ils gagnent, mais on est encore là», a-t-il ajouté.

Karlsson à son poste

Avant de monter dans l’autocar menant sa troupe à l’aéroport, Boucher a de nouveau affirmé qu’Erik Karlsson devrait être à son poste lors du cinquième match.

«À moins que mes thérapeutes m’arrivent avec un avis contraire, il devrait être là», a-t-il affirmé.

Jouer des bras de la bonne façon

Plusieurs sont d’avis que les Sénateurs ont tenté de provoquer quelques étincelles en engageant quelques combats et en augmentant le niveau de rudesse dans les derniers instants du match. Dion Phaneuf, qui a lâché les gants contre Brendan Smith, croit qu’il n’en est rien.

«Ce n’était rien de planifié. Ça arrive dans le feu de l’action quand le niveau d’intensité augmente. C’est un sport très émotif», a déclaré le défenseur.

«Et puis, les bagarres sont encore permises. Alors, je me suis dit qu’il valait mieux que j’y aille avant qu’ils ne les interdisent», a-t-il ajouté à blague.

Des sacrifices à faire

De toute façon, jouer des bras, c’est beau, mais ce sera inutile si les Sénateurs ne parviennent pas à faire bouger les cordages. Ils n’ont déjoué Henrik Lundqvist qu’à deux occasions depuis cette victoire de 6-5, acquise en deuxième prolongation, lors du deuxième match.

Et ça prendra plus que des bonds favorables pour remédier à la situation. Il faudra que les attaquants des Sénateurs se postent devant le gardien suédois, ce qui avait permis à Pageau de marquer ses gros buts et ce qu’ils ne font plus depuis.

«Ça fera assurément partie de notre plan de match. Ça vient de notre niveau de compétition. On doit être au top à chaque présence, pendant 60 minutes. Ça va faire mal et ça prend des gars qui sont prêts à se sacrifier. Je pense que nous le sommes tous», a déclaré Pageau.

Le Gatinois amène un bon point. Il aurait également pu ajouter qu’il est difficile de mettre la rondelle dans le filet lorsque vous en perdez constamment le contrôle ou que vous arrivez deuxième dans les courses et les batailles pour sa possession.