Destination Coupe Stanley

Des sièges vides qui font jaser à Ottawa...

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Les Sénateurs d’Ottawa ont beau former un excellent club de hockey, on ne sent pas que la fièvre des séries s’est emparée de la ville. Les ventes de fanions semblent être au ralenti.

Ça viendra peut-être, mais ce n’était pas le cas jeudi soir alors que plus de 2000 billets sont restés invendus pour le premier match de la deuxième ronde éliminatoire contre les Rangers de New York.

Ce sont surtout des billets dans les hauteurs du Centre Canadian Tire qui n’ont pas trouvé preneurs. Il y avait des sections pratiquement vides.

«Oui, ça m’a surpris et ça m’a fait de quoi, a confié Patrick Lalime, l’ancien gardien de but des Sénateurs aujourd’hui analyste à TVA Sports. Pourtant, les amateurs peuvent encourager une équipe fort talentueuse.»

«Ottawa est une belle ville. C’est certain que si les Sénateurs avaient affronté les Maple Leafs ou le Canadien dans les séries, les billets se seraient vendus comme de petits pains chauds.

«Il est important, surtout dans les séries, de sentir l’appui des partisans. Ça peut faire une différence», a ajouté Lalime, qui a joué pour les Sénateurs durant cinq saisons au début des années 2000 et qui a encore leur logo tatoué sur le coeur.

Des billets trop dispendieux

Les Sénateurs, qui ont fait leurs débuts dans la LNH en 1992, éprouvent des ennuis à remplir leur amphithéâtre depuis des années. Les assistances ont été décevantes au cours de la dernière saison et ce sont les mêmes raisons qu’on entend.

Les amateurs se plaignent que l’aréna est situé trop loin à l’extérieur de la ville, que la circulation est trop dense sur l’autoroute menant vers Kanata, etc...

«C’est toutefois la hausse du prix des billets qui les agace le plus, a souligné le vétéran chroniqueur Chris Stevenson. Le coût pour une place de stationnement autour de l’aréna est passé de 20$ à 30$ pour les matchs des séries et les gens n’apprécient pas ça.

«Le marché d’Ottawa est plus sensible aux augmentations de coûts qu’une ville comme Montréal, a-t-il ajouté. Il faut comprendre qu’il y a des milliers d’employés du gouvernement qui n’ont pas reçu leur plein salaire depuis des mois en raison des problèmes du système de paie Phénix.

«Ils disent à la radio qu’ils préfèrent consacrer l’argent pour les dépenses d’épicerie plutôt que d’assister à des matchs qu’ils peuvent suivre de toute façon à la télévision. On parle de billets qui se vendent 96 dollars pour être assis loin de l’action.»

Les joueurs ne s’en font pas

Des observateurs se demandent si les partisans des Sénateurs hésitent à embarquer dans le bateau parce qu’ils croient plus ou moins aux chances de leur équipe d’aller plus loin dans les séries.

Pourtant, les Sénateurs sont bien capables de surprendre les Rangers, comme ils l’ont démontré dans le premier match.

«J’ai remarqué les bancs vides, a raconté Alexandre Burrows. Je me disais que les gens étaient peut-être pris dans le trafic. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé.»

«C’est un aspect sur lequel on n’a pas de contrôle. Il faudrait poser les questions aux gens de l’organisation. La foule était tout même très bruyante. Je leur donnerais un A+, tout en espérant qu’ils viendront en plus grand nombre nous encourager pour le deuxième match.»

Salle comble samedi?

Les amateurs de hockey de la région de Gatineau se font tirer l’oreille pour venir encourager les Sénateurs, un club qui mise pourtant sur des très bons joueurs francophones comme Derick Brassard, Burrows, Jean-Gabriel Pageau et Marc Méthot.

Il y a aussi trois francophones dans le personnel d’entraîneurs, soit Guy Boucher, Martin Raymond et Pierre Groulx.

«Au niveau de la glace, c’était la même ambiance électrisante que d’habitude, a raconté Boucher. Dans les dernières minutes de jeu, je n’étais même pas capable de parler à mes joueurs tellement c’était bruyant. Je suis impressionné par l’atmosphère.»

Boucher se dit convaincu que les gradins du Centre Canadian Tire seront remplis pour le match de samedi, qui débutera à 15h à TVA Sports 2.