Montréal - New York

«Max Pacioretty se met trop de pression», croit Guy Lafleur

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Marquons l’histoire maintenant. C’est le slogan que le Canadien a choisi pour illustrer ces séries éliminatoires 2017.

Afin que ce souhait puisse se réaliser, il faudrait que le Tricolore marque plus de buts. C’est le même problème chaque année.

Max Pacioretty et Alex Galchenyuk, les deux seuls joueurs de l’équipe à avoir déjà marqué 30 buts et plus au cours d’une saison, sont toujours en quête de leur premier but dans cette série chaudement disputée face aux Rangers.

Pacioretty a obtenu de belles occasions de compter dans la défaite de 3 à 2, jeudi. S’il était parvenu à battre Henrik Lundqvist sur une échappée en troisième période, ce sont probablement les Rangers qui auraient un pied dans la tombe ce matin au lieu du Canadien.

On a discuté de la situation avec Guy Lafleur et Claude Lemieux durant le match de jeudi, au Salon des anciens. Ces gars-là savaient comment marquer les gros buts durant les séries.

Lemieux en a enregistré 80 en 234 matchs éliminatoires, dont 19 filets victorieux. Il était un vrai money player, capable d’élever son jeu d’un cran dans les séries.

Le Canadien n’aurait jamais pu gagner la coupe Stanley en 1986 si Lemieux n’avait pas inscrit son fameux but en prolongation lors du septième match de la série contre les Whalers de Hartford.

Trop de poids sur les épaules

Quant à Lafleur, il a compté 58 buts en 128 matchs éliminatoires, dont 14 buts gagnants. Flower comprend bien ce que vit Pacioretty présentement.

«Tout le monde le pointe du doigt, a-t-il dit. J’ai déjà traversé des périodes creuses durant les séries, mais j’avais la chance de pouvoir compter sur des coéquipiers qui pouvaient compenser mon manque de production.

«Je trouve que Pacioretty se met beaucoup trop de pression sur les épaules, a souligné Lafleur. Dans son rôle de capitaine, il cherche à trop bien faire.

«C’est peut-être bizarre à dire, mais il doit penser à lui s’il veut que les choses débloquent à l’attaque. Il doit effectuer des tirs de tous les angles possibles pour essayer de marquer ou de faire marquer ses compagnons de trio. Il n’y a pas d’autre recette.»

Pas un cas unique

Lemieux s’est lui aussi porté à la défense de Pacioretty.

«C’est vrai qu’il n’a pas encore marqué, mais il ne constitue pas un cas unique dans les séries, a-t-il raconté. Les meilleurs attaquants de chaque équipe sont surveillés très étroitement. Ils se font frapper solidement. Le problème pour Pacioretty est le fait qu’à Montréal, tout est amplifié.»

Chicago est déjà éliminé parce que les Predators ont su neutraliser Patrick Kane et Jonathan Toews. Connor MacDavid, le formidable attaquant des Oilers, n’a marqué qu’un seul but jusqu’à maintenant dans la série contre les Sharks.

Il reste que Lemieux savait comment se démarquer pour parvenir à faire la différence dans les séries.

Il a compté 10 buts au printemps 1986 à Montréal, 13 lors des séries de 1994 au New Jersey, ce qui lui avait d’ailleurs valu le trophée Conn Smythe, et 13 autres buts en 1997 au Colorado.

«Avec les Devils et l’Avalanche, je me retrouvais régulièrement opposé au meilleur trio adverse et ça me stimulait à l’idée d’avoir le dessus sur eux, a expliqué Lemieux au sujet de ses succès.

«Lorsque tu affrontes la même équipe plusieurs fois de suite, ils savent tout sur tes tendances et ça devient souvent une question de volonté à la fin. Tu dois vouloir marquer le gros but plus que les joueurs adverses qui cherchent à t’empêcher de le faire.»