Montréal - New York

Gallagher la peste au grand sourire

Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

Brendan Gallagher encaisse les coups de bâton et les mises en échec toujours de la même façon, soit avec un sourire narquois. Ryan McDonagh, le capitaine des Rangers, a vu cette image à plusieurs reprises lors des deux premiers matchs de cette série.

À sa première expérience en séries avec le Canadien au printemps de 2013 et deux ans plus tard en 2015, Gallagher avait croisé les deux fois sur son chemin le défenseur Marc Méthot, des Sénateurs d’Ottawa. Le petit numéro 11 du CH avait réussi à lui faire perdre patience à -plusieurs reprises.

«J’ai eu de bonnes batailles avec Méthot dans le passé en séries, s’est remémoré Gallagher lors d’une discussion avec le représentant du Journal dans un chic hôtel de Manhattan. C’est vrai que je revis un peu la même chose avec McDonagh. Mais quand tu affrontes la même équipe et les mêmes joueurs pour plusieurs matchs d’affilée, la rivalité s’enflamme rapidement. Je cherche simplement à accomplir mon travail en fonçant au filet.

«McDonagh est l’un des meilleurs joueurs de la LNH et il est tout un compétiteur, a-t-il poursuivi. J’aime ce type de confrontation, je carbure à ça. Je sais aussi que je n’ai pas fini de le voir.»

Lors du deuxième match seulement, les Rangers ont distribué 74 mises en échec. Gallagher a été leur cible plusieurs fois.

«Je ne sais pas combien de fois ils m’ont frappé, a-t-il répliqué. Mais on parle d’après le sifflet ou avant? C’est la portion la plus agréable des séries. J’aime ça quand c’est intense. Je n’ai pas peur de me sacrifier pour le bien de l’équipe.»

Ott charmé

S’il trouve toujours une façon de se relever après un bon coup dans les côtes ou dans le dos, Gallagher a également la présence d’esprit de glisser quelques mots à l’oreille de ses rivaux.

«Je ne dis rien, a-t-il mentionné avec le sourire. Plus sérieusement, je dis des choses sur l’intensité du moment. Je suis un compétiteur et j’ai du plaisir sur la glace. Ça fait partie de mon caractère et de ma personnalité. Même si la scène est plus grande en séries, je ne changerai pas mon identité.»

Gallagher n’est pas l’unique joueur de caractère dans le camp du Tricolore. ¬Andrew Shaw et Steve Ott ont aussi cette réputation de peste. À la veille du troisième match de cette série, Ott a tenté de décrire le sourire de son coéquipier.

«Brendan ressemble à un gars qui a du plaisir sur la glace, a mentionné Ott. Il aime ça jouer au hockey. C’est une petite peste, il joue avec beaucoup de cœur et il a beaucoup de talent. Après la rencontre, je parlais avec mon père au téléphone et je lui disais que l’intensité de Gallagher était remarquable. Je suis heureux de l’avoir de mon côté.»

Aucune rédemption

Tomas Plekanec et Alexander Radulov ont déplacé les réflecteurs vers eux lors du deuxième match, mais Gallagher a aussi eu un immense impact. L’ailier droit a orchestré le deuxième but des siens, celui de Paul Byron, en plus de mener son équipe avec neuf tirs en direction -d’Henrik Lundqvist.

Avec de bonnes séries, Gallagher ¬pourrait effacer une saison plus difficile.

«Je ne vois pas ça comme une possible rédemption, ça ne m’effleure même pas l’esprit, a-t-il dit. Je veux juste profiter de l’ambiance des séries. Nous avons une bonne équipe, de bons joueurs et je désire agir comme une pièce importante du casse-tête. C’est tout.»

Atteint par une puissante frappe de Shea Weber le 4 janvier à Dallas, il s’est absenté pour une période de 18 matchs en raison d’une fracture à la main gauche. C’était la deuxième fois en deux ans qu’il se blessait à la même main.

«À mon retour au jeu, je croyais que j’étais pour retrouver le rythme immédiatement et jouer comme je l’ai toujours fait. Mais j’ai eu besoin de temps pour ¬m’adapter.

«Je crois que cette blessure fera de moi un joueur plus fort. Je ne souhaite pas revivre ce type de blessure, j’ai assez détruit ma main droite depuis deux ans. Mais j’ai appris de cette expérience.»