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Y a-t-il une «Piatti-dépendance»?

Y a-t-il une «Piatti-dépendance»?

Vincent Destouches

Publié 11 avril 2017
Mis à jour 11 avril 2017

L’Impact de Montréal a de nombreuses excuses à faire valoir pour expliquer son début de saison poussif.

Un calendrier difficile, pour commencer, qui l’a vu parcourir les États-Unis d’est en ouest en attendant que la météo devienne plus clémente au Québec – l’Impact est le seul des 22 clubs de MLS à n’avoir disputé qu’un seul match à domicile.

Les absences et les suspensions n’ont pas non plus aidé. Laurent Ciman, Marco Donadel, Victor Cabrera, Hassoun Camara, Patrice Bernier... tous ont eu leur part de soucis. Mais s’il y a un joueur qui a peut-être plus manqué au Bleu-Blanc-Noir que les autres, c’est Ignacio Piatti.

Vous dire que Montréal est une meilleure équipe lorsque l’Argentin est sur le terrain revient à enfoncer une porte ouverte. Alors, je vais plutôt vous le montrer.

Depuis que «Nacho» a rejoint le club, en 2014, il est arrivé à 19 reprises qu’il ne figure pas sur le XI partant en saison régulière (18 absences, 1 entrée en jeu). En moyenne, l’Impact a récolté 0,7 point lors de ces matchs, marquant une moyenne de 0,8 but. Bref, c’est peu.

À l’inverse, quand Piatti a été titularisé (66 fois), l’équipe a remporté une moyenne de 1,5 point tout en faisant trembler les filets 1,5 fois par match. On parle ici d’un ratio doublé lorsque le numéro 10 montréalais est présent au coup d’envoi !

À des fins de comparaison, j’ai aussi scruté les statistiques d’autres joueurs clés qui ont eu leur part de pépins, tels que Sebastian Giovinco ou Kaka. Toronto gagne 1,4 point par match lorsque l’Italien est absent, et 1,5 lorsqu’il est titulaire. Quant à Orlando, la moyenne de points remportés reste la même que le Brésilien soit présent ou non, à savoir 1,3.

De là à penser qu’il existe une «Piatti-dépendance» dans les rangs de l’Impact, il n’y a qu’un pas. Vous pouvez parler de coïncidence si vous le souhaitez, mais permettez-moi de penser que l’Argentin est pas mal plus qu’un porte-bonheur.

La MLS entière sait que Piatti est l’arme fatale de l’Impact. Il marque, monopolise l’attention, crée des espaces pour ses partenaires... et s’épanouit parfois aussi comme meneur excentré, distillant quelques cadeaux à Matteo Mancosu, notamment. Il est vital pour Montréal, c’est pourquoi il est un joueur désigné, et l’un des meilleurs de la ligue.

Cela ne signifie pas que l’Impact n’existe pas sans son maître à jouer. Il y a eu des séquences de jeu de qualité en son absence, à Chicago comme à Los Angeles. Mais cette «Piatti-dépendance» semble corroborer une réalité dont j'ai déjà parlé : les occasions de marquer déboulent trop souvent d’exploits individuels, en l’occurrence ceux de l’Argentin.

Je vais conclure cette réflexion sur une sorte de proverbe du soccer : un très bon joueur fera gagner quelques matchs, mais c’est un très bon système qui fera gagner le championnat.

(Un texte de Vincent Destouches. Voyez ses explications dans la vidéo ci-dessus.)